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Question de sensibilité
Pierre Christin   Annie Goetzinger   Agence Hardy (tome 3) - Le poison rouge
Dargaud 2004 /  9.45 € - 61.9 ffr. / 54 pages
ISBN : 2205054236
FORMAT : 23 x 30 cm
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Voici le troisième tome – et la fin du premier cycle – de la série Agence Hardy, dont on rappelle ici l’argument : dans le Paris des années 50, au beau temps de la guerre froide, une jeune veuve chaste mais fort avenante dirige une agence de détectives privés qui doit mener de front, avec un jeune et ambitieux collaborateur, plusieurs affaires (un problème de faux en peinture, un scientifique qui passe à l’Est, ce qui conduira brièvement le personnage principal à Moscou, avec la bénédiction des services secrets occidentaux).

Deux vieux routiers de la bande dessinée française officient : Pierre Christin, le scénariste, entre autres, des Phalanges de l’ordre noir, de Partie de Chasse (avec Bilal) ou de Valérian (avec Mézières) ; Annie Goetzinger, ancienne élève du regretté Pichard, qui dessina jadis Casque d’or, la série Félina et, en collaboration avec Christin, La diva et le kriegspiel ou La demoiselle à la légion d’honneur. Deux fleurons de l’école française des années 70-80 donc, dont l’un est bien connu pour ses scénarios ancrés dans le siècle, à l’arrière-fond politique toujours marqué, tandis que la seconde a acquis notoriété par la grâce de son trait et l’élégance de son dessin, qui rappellent parfois l’art nouveau, particulièrement lorsqu’elle s’attache à des histoires situées au début du siècle.

Le parti pris de la série, tant d’un point de vue narratif que graphique, est double : il s’agit d’une de part de jouer sur la nostalgie du Paris pittoresque des années 50, avec toute une gamme de signes rappelant moins l’époque que le souvenir qui en a été conservé (tant les objets – vêtements, voitures, avions, presse, cinéma – que les types humains ou sociaux – le vitrier, le forain, les deux agents du KGB, etc.) ; les auteurs semblent revendiquer d’autre part – non sans humour – l’artificialité, s’éloignant sciemment du réalisme (l’ours du forain qui défonce les portes en est l’exemple le plus criant, mais toute l’intrigue repose sur des conventions du genre feuilletonnesque).

Il est possible que beaucoup de lecteurs – voire de «journalistes», si l’on en juge le quatrième de couverture, dont les dithyrambes affligent – soient sensibles à cette tentative de restitution ludique et commerciale du souvenir des fifties version française. On doit pourtant avouer que la magie n’a pas opéré pour l’auteur de ces lignes, tant du point de vue du contenu que de la forme : on a, en effet, eu du mal à s’intéresser aux personnages – relativement vides – ainsi qu’aux péripéties – très attendues – mais peut-être que le désintérêt pour ces stéréotypes – assumés, répétons-le, par les auteurs – provient d’une insensibilité personnelle au folklore ou au cinéma des années 50 ; quant au dessin, s’il gagne en efficacité ce qu’il perd en élégance, le regard trouve peu de plaisir à contempler ces physionomies figées, ces silhouettes guindées, plaquées mécaniquement sur des décors convenus, en une mise en page répétitive et conventionnelle.

Il ne s’agit pas ici de décourager les lecteurs qui se sentiraient attirés par les ingrédients mentionnés quelques paragraphes plus haut, mais seulement de signaler qu’on peut y être insensible, et préférer, pour cela, les ouvrages antérieurs (mais peut-être est-ce là nostalgie ?) ou futurs (est-ce là optimisme ?) des deux auteurs.


Xavier Lapray
( Mis en ligne le 07/08/2004 )
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