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Bande dessinée  ->  Policier - Thriller  
 

Dans le regard du tueur
Pascale Fonteneau   Olivier Balez   Angle mort
Casterman - KSTR 2007 /  9.95 € - 65.17 ffr. / 101 pages
ISBN : 978-2203004313
FORMAT : 17x25 cm
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a commence la nuit, sous la pluie, par une course-poursuite qui tourne à la catastrophe. Dès le « prégénérique », le ton est donné : on n'est pas là pour rigoler. Dealers, malfrats, prostituées, politiciens véreux et tueurs à gages sont au rendez-vous de cette visite guidée des bas-fonds bruxellois, menée par Pascale Fonteneau et Olivier Balez. La première est romancière, auteur de plusieurs polars, notamment dans la collection « Série noire ». Elle signe ici sa première incursion dans le monde du neuvième art. Le second est surtout connu, dans un registre très différent, pour deux albums avec Corbeyran chez Dargaud (Le Village qui s'amenuise et Charmes fous) et une série jeunesse chez Bayard (Le Cycle du Nautile). Il est également le premier à avoir adapté Le Poulpe en bande dessinée.

Dès le premier coup d'oeil, le graphisme de Balez impressionne. Son coup de pinceau épais, lourdement ombré, est dévoré par une mise en couleurs très forte et épurée, où des pages quasi-monochromes en teintes sépias côtoient des pages vives aux contrastes violents. L'ensemble retranscrit parfaitement l'atmosphère poisseuse des quartiers mal famés de Bruxelles, la détresse des personnages, la violence des situations et la noirceur de ce récit sans espoir.

Mais ce qui fait avant tout la particularité d'Angle Mort, c'est l'utilisation d'une technique à peu près inédite en bande dessinée : la vue subjective. Tout l'album (à l'exception des séquences flashback) est dessiné du point de vue de l'un des protagonistes – le tueur à gages. Paradoxalement, cette vue à la première personne, qui n'est pas accompagnée de la voix-off de rigueur, ne rapproche pas le personnage du lecteur, bien au contraire : systématiquement invisible et silencieux, le tueur n'en est que plus énigmatique. À l'inverse de son acolyte, un malfrat local, dont la silhouette massive occupe tout l'espace, et dont l'incessant monologue berce tout l'album.

Angle mort est un album à forte personnalité, qui possède des qualités indéniables. Du point de vue narratif, sa mise en scène particulière fonctionne sans accroc, malgré un pari de départ osé. On pourra cependant ne pas être convaincu par cet artifice, somme toute un peu prétentieux, au service d'un récit pas si profond qu'il s'en donne l'air. Dommage que certains aspects du scénario, et notamment les flashbacks, supposés donner corps aux personnages, soient trop grossièrement ébauchés. Reste un joli travail d'ambiance de la part des deux auteurs, qu'apprécieront sans aucun doute les amateurs de polars très noirs.


Michaël Bareyt
( Mis en ligne le 02/07/2007 )
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       de Eric Corbeyran , Olivier Balez
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