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Bande dessinée  ->  Aventure  
 

Pulp fiction
Lewis Trondheim   Matthieu Bonhomme   Texas Cowboys
Dupuis 2012 /  20.50 € - 134.28 ffr. / 152 pages
ISBN : 978-2-8001-5272-1
FORMAT : 18x25 cm
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Comme tout bon western, Texas Cowboys parle de la légende et de la réalité. De violence et d'humanisme. De bien et de mal. On y trouve une foule de personnages hauts en couleur. Des clichés dignes des pulps du début du vingtième siècle, mais revus à la manière du vingt-et-unième, avec leurs failles et leurs zones d'ombre. Les shérifs sont vénaux, les putains hantées par leur passé, et les hors-la-loi n'aiment pas tuer. Dès la première scène, un chasseur de primes se voit interdire d'arracher une affiche de mise à prix. On n'est pas dans Lucky Luke. Et pourtant tous ces personnages sont justiciers d'une manière ou d'une autre. Ils cherchent à se venger ou à s'enrichir, ils veulent retrouver un coupable ou monnayer une arrestation, et les voilà qui se courent les uns après les autres.

Lewis Trondheim renoue avec le western, qu'il n'avait pas utilisé depuis 1995 lors du premier album de la série Lapinot. Une petite révolution était alors en train de se faire : pour la première fois un des auteurs majeurs de cette « nouvelle bande dessinée » portée par les éditeurs indépendants s'installait chez Dargaud, avec armes et bagages. Ironie, second degré mais ancrage dans le quotidien, série basée sur un auteur plus que sur des personnages, rejet des traditions classiques, les valeurs courantes étaient remises en cause.
Vingt ans plus tard, Lewis Trondheim est devenu le pape de la bande dessinée. Et chaque nouvel album fait l'événement. Avec la maturité, ils se sont fait légèrement plus rares, plus denses, plus réfléchis. Texas Cowboys marque enfin son retour aux garçons vachers. C'est peut-être aussi son meilleur livre depuis A.L.I.E.E.N, un des rares assez riches pour que l'œuvre finie semble dépasser encore ses intentions. Il faut dire bien sûr que le dessin de Mathieu Bonhomme est pour beaucoup dans la réussite de l'album, apportant la rigueur académique dont il fait toujours preuve.

Ce qui saute aux yeux de plus remarquable tient à la construction du récit, tissé de multiples sauts en avant et en arrière dans le temps. On passe d'un personnage à l'autre sans trop savoir comment s'articulent les différentes histoires : aussi, on comprend au détour d'une planche ce qui était mystérieux dans le chapitre précédent, et on est surpris brusquement par ce qu'on croyait déjà réglé. Trondheim et Bonhomme ont appris à travailler ensemble, ils ont peaufiné une narration subjective et vraisemblable, où se multiplient les points de vue sans pour autant perdre un cadre fort et réaliste. C'est le western qui reste le principal personnage, et le décor nous offre avec une parfaite précision la vue d'une éolienne ou les hauteurs de Monument Valley. La ville, le désert, le camp indien... Les auteurs rendent hommage à un Ouest américain mythique, sur le modèle de Liberty Valance : il vaut mieux imprimer la légende que la réalité. Le jeu référentiel est clair : Texas cowboys nous est aussi donné comme une revue pull dont les neuf numéros proposent neuf chapitres de « The Best Wild West Stories Published ». Si, à la différence de leur précédent livre en commun, celui-ci est en couleurs, Mathieu Bonhomme a recours à une trame légère et à une gamme chromatique jaune, proche du sépia, qui fleurent bon la nostalgie. Le papier lui-même a l'air d'avoir vécu.
Aussi, Harvey Drinkwater, le héros principal, abandonne la presse pour les romans, sans doute ces mêmes pulps de quelques sous. Et dans la première scène, faute d'avoir pu arracher l'affiche de mise à prix, le jeune chasseur de primes est contraint de la recopier à l'allumette. Nous en sommes tous réduits à reproduire les images, en plus frêle, au fur et à mesure que l'histoire nous en éloigne. Mais certains narrateurs parviennent à en restituer la vraisemblance, sans pour autant négliger de faire peser un siècle et demi de mythologie.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 10/09/2012 )
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