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L'ombre du père
R. M. Guéra   Howard Blake (tome 1) - La lumière de l'ombre
Glénat - Grafica 2004 /  10.99 € - 71.98 ffr. / 48 pages
ISBN : 2723441253
FORMAT : 24 x 33 cm
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La première astuce de cette série lancée consiste à prendre pour titre le nom d’un personnage qui, dès les premières planches, meurt. Alors que commence cette histoire, exit le personnage de Howard Blake. Le lecteur, d’emblée, est intrigué. Il est d’autant plus intrigué que, pour le peu qu’on en voit, Howard Blake avait tout pour faire un excellent héros. Beau – on apprend que c’est un homme à femmes –, courageux – on le voit se battre –, sans états d’âme, Blake est un grand capitaine pirate. Sa mort, dans le port de Charleston, en 1749, met le point final à une vie d’aventures que le premier tome, au grand dam du lecteur frustré, ne racontera pas.

Mais sa légende de grand pirate n’est pas la seule trace que Howard Blake laisse sur terre en disparaissant. La jeune et belle Annabelle d’Aubreau est en effet enceinte des œuvres du hardi capitaine… et quelques mois après sa mort, elle accouche d’un petit garçon, qu’elle nomme Daniel Howard Benton. Ajoutons que Howard Blake a été tué par les «gilets rouges» de l’armée anglaise, nettement supérieurs en nombre et dont on ne sait pas exactement pourquoi ils étaient présents si nombreux ce soir-là. Ajoutons aussi que le meilleur ami de Blake, Gilliam Perrin, était également présent à Charleston cette funeste nuit, mais qu’il n’a rien pu faire.

Après ce prologue, l’histoire reprend seize ans plus tard. Annabelle a certes un peu vieilli, mais c’est toujours une belle femme. Le jeune Daniel est en passe de devenir un homme ; mais pour l’heure, c’est encore un adolescent rêveur, bouillonnant et habile à se battre. Les choses vont changer avec le retour à Charleston de Gilliam Perrin. L’ancien flibustier a réussi sa retraite ; il est devenu négociant et, s’il lui reste quelque chose de brutal – notamment dans la façon dont il marchande le prix de la maison qu’il achète à Charleston ! –, il semble retiré de la flibuste. Massif et même un peu gras, il erre dans le port, surveille le jeune Daniel Blake, dont il connaît l’histoire et qu’il engage comme apprenti. On sent que quelque chose se prépare, mais à l’issue de ce premier tome, on ne voit pas quoi, même si l’on devine que tout est lié à la mort d’Howard Blake. C’est bien monté et, en même temps, trop peu de questions sont vraiment posées. Si l’on ne devine pas la suite, on ne l’attend pas non plus avec impatience.

La seconde astuce d’Howard Blake est dans le titre du premier tome : « La Lumière de l’ombre ». Seules les premières pages, celles où Blake se fait tuer, sont baignées de lumière. L’ensemble de l’album, ensuite, est dans la pénombre. On devine, ici aussi, une série d’oppositions terme à terme – l’ombre et la lumière, le présent et le passé, le fils et le père – qui donnent du sens à cette histoire. Encore une fois, le rythme de la narration, à l’issue de ce premier tome, ne permet pas d’en dire davantage. Cette fois-ci, néanmoins, la curiosité est piquée.

Ce jeu de l’ombre et de la lumière est d’ailleurs la seule véritable trouvaille graphique de l’album. Les dessins sont en effet très classiques, dans la veine réaliste du Juillard des Sept vies de l’épervier (lequel Juillard gratifie du reste l’album de Guéra d’un «coup de cœur»…). L’attention portée aux détails des décors et costumes, qui ravira les amateurs du genre historique, nuit même un peu à la lisibilité de l’ensemble. On regrettera, en particulier, la petite taille des caractères à l’intérieur des phylactères : l’album n’y gagne rien.

On attend donc la seconde partie de l’œuvre, sans impatience mais avec intérêt ; en espérant que les jeux d’ombre et de lumière de R.M. Guéra ne soient pas qu’une illusion.


Sylvain Venayre
( Mis en ligne le 20/03/2004 )
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