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Bande dessinée  ->  Aventure  
 

Elle préfère l'amour en l'air
René Sterne   la Force
Le Lombard 2000 /  9.47 € - 62.03 ffr. / 48 pages
ISBN : 2-8036-1493-6
FORMAT : 23 X 30
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Le 20 juin 1946, à Paris, Louis Réard fait officiellement enregistrer le bikini comme marque déposée. Quatre ans après, au large du Chili, les héroïnes de Sterne, avec un délicieux je-m'en-foutisme, ignorent toujours tout des dernières avancées de la mode. C’est d'ailleurs pour le plus grand plaisir du lecteur, qui les voit déambuler de cases en cases vêtues au mieux d'un pagne autour des reins. Et si elles n'ont pas emprunté au couturier parisien les deux légers morceaux de tissu qui bouleversèrent la libido occidentale, elles ont en revanche mérité plus que d'autres d'être associées au prestige atomique de l'atoll des Marshall où, dès l'été 1946, la marine américaine expérimenta ses premières armes nucléaires d'après-guerre.

Car si c'est Bora-Bora, plus à l'Est, que vise Adler, le héros de cette série détonante, ses amies ont, elles, tout de la bombe sexuelle. Leurs poitrines notamment ont cette tenue improbable que les débauches actuelles de silicone ne font que rendre plus inaccessibles en prétendant en faire la norme. La BD ici fonctionne avec des icônes, non avec des prétentions réalistes ; et ce qui le plus souvent se solde par des ratages prétentieux, chez Manara par exemple, semble prendre en partie dans cette série traditionnelle des très sages éditions du Lombard.

D'abord, parce que le graphisme classique, une sorte de ligne claire un peu salie, est bien soutenu par des couleurs intelligentes, dominées par les registres bistre pour les scènes d'intérieur, tandis qu'un vert plombé et des bleu gris composent un Pacifique Sud tout à fait crédible. Réussite aussi, en tout cas absence du ridicule dans lequel se vautre généralement ce genre d'érotisme à la petite semaine, le peu de sérieux avec lequel l'auteur nous présente les émotions de ses personnages: ainsi, page 27, Adler fait-il remarquer à sa compagne du moment qu'elle est "livide". Elle manque en effet de s'évanouir mais conserve, comme tous les personnages de l'album, son hâle de publicité des années 70 pour crème solaire (à l'époque où on incitait le vacancier à s'enduire de graisse à traire pour accélérer le bronzage).

Tout ceci ne nous éloigne qu'en apparence de l'histoire, car tout se tient. Adler est un pilote allemand, "sans malice, avec un coeur d'enfant", bref, pas le genre à lire Heidegger avant de se coucher, plutôt la tête dans les nuages, supportant difficilement un peigne dans ses cheveux ou un toit sur sa tête. Un type topless en un mot. Et voilà qu'il rencontre au milieu du Pacifique une espèce de phénomène physique qui se matérialise dans la plantureuse dénudée décrite plus haut. Car c'est le haut qui compte ici, puisqu'on ne voit que lui. D'ailleurs, leurs ébats les transportent littéralement au plafond (page 35), avant qu'elle n'aille s'unir, dans une audacieuse explosion, à une petite soeur des bombes d'Hiroshima et Nagasaki.


Adler se veut une série d'aventures dans le sens où on l'entend depuis les Aventuriers de l'Arche perdue : le héros a de gros poings, les filles sont interchangeables et le fantastique vient se greffer sur un fond historique bien documenté. Ce nouvel album réunit clairement tous ces ingrédients, et si on doit mesurer la valeur d'une oeuvre à la réalisation de ses ambitions, on doit constater que la Force tient ses promesses.


Nicolas Balaresque
( Mis en ligne le 03/01/2001 )
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