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Bande dessinée  ->  Les grands classiques  
 

Des images pas piquées des canetons
Carl Barks   La Dynastie Donald Duck, Intégrale Carl Barks (tome 5)
Glénat 2011 /  29 € - 189.95 ffr. / 384 pages
ISBN : 978-2-7234-8575-3
FORMAT : 17,5x24,8 cm
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Sorti avec les fêtes de fin d'année, voici dans les rayons des librairies le cinquième volume de l'intégrale Carl Barks. Donald et sa famille de canards continuent d'y vivre leurs aventures les plus classiques.
Le coeur des années 1950 est peut-être la meilleure période de travail de Barks, une fois qu'il a défini son univers mais avant qu'il ne l'affadisse un brin dans des phénomènes de mode, comme la science-fiction.
On voit bien, en lisant ce volume, combien les comics de Donald Duck ont posé une nouvelle bande dessinée enfantine, en popularisant une forme animale et visuelle destinée directement aux plus jeunes. Jusque là, les dessins animés et les strips des journaux quotidiens réunissaient parents et enfants comme un seul grand public. Au cinéma, les court-métrages montraient le quotidien des ménages américains, avec parfois des références très adultes. No Hunting, par exemple, aligne des métaphores guerrières violentes et des allusions à l'histoire américaine. En parallèle, dans les journaux, Al Taliaferro s'amusait encore à dresser la satire des relations entre hommes et femmes, à caricaturer la société de consommation et à se moquer des ridicules de la vie sociale.

Rien de tel dans les comic books Disney, ceux de Barks en tête. 1954 est aussi l'année où l'industrie de la bande dessinée instaure un Comics Code, réglementant l'autocensure des créateurs. Dell, l'éditeur de Disney, se veut particulièrement irréprochable. Il n'y aura donc ici qu'un univers joyeux, centré sur les caramels mous, les cowboys et les cadeaux de Noël. Sur les pages de papier, le fusil de Donald ne tire qu'à la crème anglaise.

Barks dessine avec le point de vue de Riri, Fifi et Loulou. Même quand Picsou ou Donald portent l'intrigue, les trois neveux sont là en contrepoint, pour porter un regard ironique ou désespéré, et rappeler la voix de la raison. De sorte que, moralité enfantine oblige, les femmes sont rares. Daisy ne se présente pas une fois dans ce volume, et il faudra longtemps avant que Miss Tick ne fasse son apparition. On rencontre par contre les Castorettes, rivales féminines des Castors Juniors, mais bel et bien du point de vue des jeunes garçons.

Là où Barks est remarquable, c'est qu'il transforme cette contrainte en force. Le règne de la morale n'est pas appuyé, alors qu'il passe ses cases à montrer des explosions de l'ordre établi. Catastrophes en chaînes, destructions massives, aventures épouvantables... La règle numéro un est de montrer plus que de dire. Le texte ne vient qu'en ajout, avec forces allitérations et jeux de mots. Il s'agit d'abord ici de représenter l'action. On voit ainsi dans ce volume deux versions d'un passage, redessiné entièrement pour cause d'action trop peu visuelle.
En cela, Barks rompt avec la tradition qui était celle du comic strip, jusqu'à la guerre et au-delà. Il fait la synthèse entre son expérience cinématographique et les planches telles qu'il a appris à les gérer depuis dix ans. Le comic book est bien en train d'inventer une nouvelle forme, une nouvelle génération conquise à l'image à tel point que le texte en devient secondaire. A travers le monde, c'est Franquin, Morris, Tezuka ou Cézard. Aux Etats-Unis, c'est Kirby ou Barks. La jeunesse se lève avec des dessins dans les yeux.

Par un juste retour des choses, l'ancrage de Disney sur une cible enfantine va se répercuter bientôt dans le dessin animé, avec l'ouverture de l'émission du Mickey Mouse Club en 1955 et avec au fil des années des créations purement télévisuelles, jusqu'à la Bande à Picsou qui adaptera directement certains scénarios de Barks pour le petit écran. La boucle sera bouclée.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 02/01/2012 )
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