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Bande dessinée  ->  Les grands classiques  
 

Panade à la rédaction
André Franquin   Bravo les Brothers
Dupuis 2012 /  24 € - 157.2 ffr. / 88 pages
ISBN : 978-2-8001-5168-7
FORMAT : 23,5x31 cm
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On avait jusqu’à présent lu et connu cette histoire de Spirou couplée avec un autre récit, Panade à Champignac, dans un album du même nom. Avant-dernière aventure de Spirou écrite et dessinée par Franquin, Bravo les Brothers a aujourd’hui droit à un traitement « deluxe et remasterisé » dans cette très belle édition. Non seulement les couleurs ont été refaites, mais l’histoire est complétée par une quantité de documents rares (scan des planches originales, illustrations, photographies…), et d’un commentaire de José-Louis Bocquet et Serge Honorez.

Nous sommes en 1965. Sous la plume de Franquin, Spirou a, à l’instar de son rival Tintin, parcouru le monde et connu les plus grandes péripéties. Mais lui qui rêve toujours plus d’aventures va cette fois connaître une drôle de déconvenue. Non seulement son compère de virée, Fantasio, refuse de partir à nouveau, trop occupé par son travail à la rédaction, mais de plus, une nouvelle lubie de Gaston va véritablement chambouler tout ce petit monde. Le gaffeur professionnel s’est en en effet mis en tête de faire un cadeau à Fantasio et n’a rien trouver de mieux comme surprise que d’offrir un trio de chimpanzés savants, les fameux Brothers. Et trois primates à la rédaction de Spirou, même s’ils sont savants, ça fait plutôt tache. Personne ne va échapper à la tornade engendrée par les singes: Fantasio en premier lieu, mais aussi Lebrac, Messieurs Boulier et de Mesmaeker, et même l’agent Longtarin…

Avec cette aventure en chambre (comme peut l’être, Les Bijoux de la Castafiore), Franquin s’amuse à faire valdinguer toute sa galerie de personnages et mélanger deux univers jusqu’à alors consciencieusement cloisonnés. Car certes, Gaston « travaille » pour le magazine de Spirou, le grand aventurier, mais leurs deux mondes sont bien éloignés. D’un côté les aventures de Spirou : folles péripéties à travers le monde remplies de méchants et de machines diaboliques. De l’autre, le quotidien gentiment démantibulé par Gaston, gaffeur en chef. Ici, pour le plus grand bonheur des lecteurs, c’est la rencontre concrète, sur un même plan, des deux héros. Si Spirou avait été en effet celui qui, littéralement, accueillait Gaston dans sa rédaction, les deux figures n’avaient fait jusqu’à présent que timidement se croiser au détour de quelques planches sans que jamais leurs deux personnalités respectives ne s’affrontent réellement. Spirou, face à Gaston n’est qu’une silhouette, un employé lambda, plus sage que les autres certes mais sans grand charisme non plus, laissant l’interaction se faire avec Fantasio puis Prunelle.
C’est dire que cette quasi dernière aventure de Spirou aura une drôle de couleur comparée à tout ce qui précède. Le mariage enfin consommé des deux univers est tellement intense que l’on croit même lire une aventure de Gaston, plus que de Spirou, comme si, le héros sans emploi prenait définitivement l’avantage sur le groom, montrant là les préférences de son auteur. Il s’agit des dernières planches que Franquin, las, consacre à Spirou, préférant laisser ensuite la main à Fournier. En mettant enfin en scène la confrontation de ses deux héros, de ces deux conceptions de la bande dessinée d’humour, Franquin commence donc à dire au revoir au groom. Une manière de faire son deuil sous forme d’une bande dessinée.

Ce chant du cygne n’est pourtant pas une partie de déplaisir ni un album sinistre, bien au contraire. Il s’agit même d’un album vraiment drôle d’un bout à l’autre : une parfaite comédie excentrique et débridée où tout part en quenouille pour notre plus grande joie. Franquin y excelle à tous les niveaux : dans la construction du récit d’abord où tout explose d’une planche à l’autre et où les gags se bousculent. Dans son dessin ensuite, avec ce génie pour la caricature et la gestuelle mais aussi cette façon unique de retranscrire le quotidien. Chez Franquin, même un pot de crayons posé sur un bureau a quelque chose de comique.

Cette réédition soignée, accompagnée d’un commentaire érudit, est donc une bénédiction pour tous les amateurs de l’univers de Franquin, et une occasion inespérée de se rattraper pour les autres.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 13/04/2012 )
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