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Bande dessinée  ->  Les grands classiques  
 

La bande à Papa
Cliff Sterrett   Polly and Her Pals, 1929-1930
Editions de l'An 2 - Krazy Klassics 2005 /  32 € - 209.6 ffr. / 120 pages
ISBN : 2-84856-032-0
FORMAT : 26 x 33 cm
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Polly and Her Pals commence en 1912, sous le nom de Positive Polly, dans le New York Journal. C’est le magnat de la presse, William Randolph Hearst, qui repère le dessinateur Cliff Sterrett alors âgé de 28 ans, et lui propose ses pages pour la création d’une série. Sterrett imagine les aventures de Polly, cette jolie jeune fille échappée d’une gravure de mode, et de ses pals, ses prétendants qui se pressent au domicile familial pour obtenir sa main. Autour de la jeune femme gravite tout un petit monde, P’pa et M’man Perkins, le neveu, la petite nièce, Neewah le domestique, et bien sûr Kitty le chat noir expressif comme son maître.

À partir de 1935, Sterrett délaisse la réalisation des strips de la semaine pour ne se consacrer qu’à la planche dominicale. Jusqu’à sa retraite en 1958, le dessinateur américain va donc conter avec beaucoup de style le quotidien extravagant de cette petite famille un peu folle et attachante.

Cette édition très soignée présente une large sélection de ces planches du week-end, l’intégrale des années 1929 et 1930. Chaque planche est de plus chapeautée par une autre mini-série composée de deux strips et tournant en dérision les changements radicaux du quotidien d’un couple après le mariage : cynique et cruellement drôle ! Des strips en noir et blanc jusque-là totalement inédits, les tout derniers réalisés par Sterrett et jamais publiés même aux USA, complètent enfin l’ouvrage.

Avec le temps, le monde de Polly devient peu à peu celui de P’pa Perkins. Dans ces pages, c’est en effet lui le véritable héros de la série. Toujours accompagné de son fidèle chat noir Kitty qui singe naturellement son maître à tout bout de planche, P’pa cache derrière ses lunettes un père de famille un peu bougon et un grand enfant parfois incorrigible. Avec sa silhouette trapue et sa belle moustache blanche, il a une incontestable « présence iconique », une vraie gueule de bande dessinée, marquante et emblématique d’un certain âge d’or de la bande dessinée américaine. Il y a à la fois du George Herriman et du E.C. Segar dans le graphisme de Sterrett. Celui-ci possède un grand talent pour fixer une attitude, rendre drôle une position ou une carrure : chaque personnage, du flic anonyme au dernier clochard est savamment croqué, squelette de cartoon rigolo et immédiatement familier.

Dans ce défilé de caricatures stylisées, seule Polly - comme issue d’un autre comic - promène son physique parfait, montrant à tout le monde son plus beau profil, sa ligne fine contrastant avec les corps un peu patauds et tordus de ses acolytes. Quant aux décors, Sterrett joue avec finesse et discrétion sur le graphisme de la forme et de sa géométrie : aérodynamisme de l’inanimé, chaque élément du décor possède un profil stylisé, et jouant sur les contrastes de l’angulaire et du rond, Sterrett pose un décor toujours riche à explorer. Les couleurs et diverses trames suivent enfin cette même voie « art déco », le remplissage se fait graphique et pop avant l’heure, toujours inventif, coloré, totalement moderne. Cette rigueur stylistique et graphique de Cliff Sterrett se retrouve jusque dans son découpage même. Un gaufrier régulier de douze cases aux dimensions identiques. Nul besoin de damier biscornu pour parvenir à ses fins, si la page est quadrillée ainsi avec précision, c’est pour mieux permettre au petit théâtre intérieur qui se joue dans chaque vignette de prendre vie.

Si l’on ajoute enfin à cela que l’humour présent dans ces planches reste toujours d’une grande efficacité, Sterrett maniant à la perfection le comique de situation, le sens de l’observation et les ellipses qui redoublent l’effet comique, on ne peut que saluer cette traduction d’un grand classique de la bande dessinée américaine.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 26/06/2005 )
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