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Une somme
Thierry Groensteen   La bande dessinée, son histoire et ses maîtres
Skira Flammarion 2009 /  49  € - 320.95 ffr. / 422 pages
ISBN : 978-2-0812-2757-6
FORMAT : 28x31 cm

Le petit catalogue du musée de la bande dessinée
119 pages
978-2-0812-2758-3
18 €

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Depuis juin 2009, la ville d’Angoulême a un nouveau musée de la bande dessinée, fraîchement installé dans les anciens chais de la cité, au bord de la Charente. Pour l’occasion, il fallait un catalogue officiel, un livre de référence, et c’est chose faite avec ce pavé aussi passionnant dans ses textes que riche dans son iconographie. Sur plus de 400 pages, alternant reproductions soignées de planches originales (toutes issues de la collection du musée) et textes érudits (signés Thiery Groensteen, le spécialiste depuis longtemps de la question), c’est à un beau voyage que nous convie ce livre, et une belle invitation à venir visiter ce nouveau lieu entièrement dédié au Neuvième Art.

Le catalogue se compose de quatre parties distinctes. La première est une histoire de la bande dessinée franco-belge. Les spécialistes retrouveront là un texte déjà publié, à quelques corrections et développements près, à l’occasion d’un ouvrage autour de l’ancien musée de la bande dessinée (Astérix, Barbarella & Cie, Somogy/CNBDI, 2000). Groensteen ne s’encombre pas des peintures rupestres ou des parchemins médiévaux pour fixer la date de naissance de la bande dessinée. Il en vient directement à Rodolphe Töpffer et ses « histoires en estampes », et déroule ensuite, méticuleusement, le fil de l’histoire : Caran d’Ache, Christophe, Forton… Groensteen fait l’inventaire des publications et des éditeurs, ne séparant ainsi jamais la planche de son contenant, étudiant les aléas d’un milieu en même temps que la carrière de différents auteurs. La loi de 1949 sur les littératures pour la jeunesse est ainsi mise en lumière, puis vient le temps — déjà ! — d’un nouveau souffle, des Gotlib, Mœbius et autres publications plus « subversives ». Enfin, c’est l’âge des grands groupes et des éditions alternatives, de la fin des magazines et du début des blogs, des nouveaux auteurs et des perspectives d’avenir. L’histoire est longue mais passionnante, et surtout elle met en lumière une quantité d’artistes extraordinaires et de planches admirables à contempler.

La deuxième partie est un pendant à la première : Groensteen traverse l’océan et raconte cette fois les comics et autres funnies. Tout comme il avait fait l’inventaire des publications illustrées françaises, l’historien s’attache à montrer comment la bande dessinée à d’abord timidement fait son entrée dans les grand quotidiens américains, avant d’envahir des suppléments entier pour finalement parvenir aux comics books traditionnels. Un aspect à la fois célèbre et méconnu de la presse américaine est mis en évidence, celui des syndicates. La bande dessinée américaine est pleine de mondes merveilleux, d’enfants malicieux et de strips en tous genres. Il semble qu’ici l’image soit partout, quotidienne (même le dimanche), multiple, débridée et l’on appréhende bien l’émergence d’une véritable culture de la case. Pour ce versant du monde, il y a de plus un genre, populaire entre tous, qu’il ne fallait pas omettre : le super héros est partout dans ces pages et ça n’est que justice. Au-delà de la simple étude historique, Groensteen s’attache à mettre en évidence les grandes stars du genre, scrutant les caractéristiques stylistiques qui font la signature de chaque auteur : Jack Kirby ou John Buscema mais aussi l’élégant Steve Dikto, le dynamique Jim Steranko ou, plus près de nous, l’halluciné Bill Sienkiewicz. Ici aussi, les planches originales sont publiées, débarrassées de leurs couleurs, apparaissant dans toute leur brutalité encrée, leur nudité impériale. Avec les années 60, c’est aussi l’émergence d’une culture bis, celle de la littérature underground, de Crumb et de Shelton. Plus tard enfin, après l’émergence du graphic novel, des travaux de Will Eisner ou d’Art Spiegelman, c’est le temps des nouveaux talents imparables et inclassables (Chris Ware, Alan Moore…), et de toute une vague d’auteurs oscillant entre récits autobiographiques et histoires extravagantes.

Dans ces deux grandes parties, les textes de Thierry Groensteen, loin de se contenter d’un froid décompte historique, multiplient les approches esthétiques, décrivant en deux ou trois phrases le style d’un auteur et sa spécificité, puis son influence dans le monde de la bande dessinée. Peu à peu, c’est tout un territoire qui est défriché, découvert, les mauvaises herbes mises de côtés, les beaux spécimens mis en valeur.

Après ces deux morceaux de choix, qui font déjà de ce livre une référence, Groensteen choisit de s’arrêter encore un peu plus sur les trésors du musée et, à travers une sélection de planches, il met en lumière des grands artistes de la bande qu’il range dans quatre familles : la famille « gros nez », les dessinateurs réalistes, les artistes de la ligne claire et enfin les artisans du clair-obscur.

Enfin, plus anecdotique mais s’inscrivant bien dans une démarche pédagogique plus générale, la dernière partie revient sur le processus de création d’une bande dessinée. À travers esquisses, tapuscrits et autres planches colorées, l’auteur décrit les différentes étapes qui mènent de l’idée à la planche finale. Ici encore, les images que possède le musée servent d’exemples idéaux à la démonstration.

Pour être tout à fait complet, signalons que ce livre est aussi accompagné de son petit frère, vers lequel se tourneront les budgets plus serrés ou les moins passionnés : Le petit catalogue du musée de la bande dessinée est un bel album lui aussi rempli à ras bord de reproductions de planches, le tout rassemblé dans un drôle de tri qui fait caramboler les auteurs et les époques, créant ainsi de drôles de rencontres: Trondheim et Herriman, Goossens et Hergé, Schulz et Killofer. Le tout rendant compte une fois de plus de la grande richesse de cet art. Après le sérieux compte-rendu historique du catalogue, cet ouvrage ressemble plus à un joyeux bazar organisé. Les deux livres, au bout du compte, sont d’insurpassables déclarations de passion faites à la bande dessinée.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 25/08/2009 )
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