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Wallons enfants de la partie
 Collectif   L’Âge d’or de la bande dessinée belge - La collection du Musée des Beaux-Arts de Liège
Les Impressions nouvelles 2015 /  19.50 € - 127.73 ffr. / 96 pages
ISBN : 978-2-87449-232-7
FORMAT : 24x32 cm

Réalisé sous la direction de Thierry Bellefroid
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On sait aujourd’hui qu’il existe loin de Bruxelles des bandes dessinées malaisiennes, mexicaines, turques, aux traditions tout aussi riches. Si la bande dessinée belge garde sa spécificité, c’est peut-être, au-delà de ses œuvres, par sa réussite critique. L’album de bande dessinée est devenu depuis l’après-guerre un pilier de la librairie, un compagnon propre à l’ensemble de la société, et finalement un ingrédient décisif de l’identité belge.

Mais comme souvent, la reconnaissance universitaire et institutionnelle est arrivée avec la crise. C’est au cours des années 1970, alors que la bande dessinée belge avait passé l’âge du classicisme et qu’elle entrait dans un certain déclin, que le Musée des Beaux-Arts de Liège commença une collection de planches originales. Tandis qu’en France, la curiosité des intellectuels des années 1960 conduisit directement à des réinvestissements novateurs dans la création, la relance fut plus difficile en Belgique où toute une génération d’auteurs ne parvinrent pas à se séparer de l’ombre des Franquin, Hergé et consorts.

C’est ce panthéon du neuvième art qui est rassemblé dans la collection, et en voilà dix-sept planches commentées directement par des auteurs d’aujourd’hui. Quelques têtes d’affiches, mais aussi des auteurs moins médiatiques, représentatifs de l’édition alternative ou acteurs internes du milieu. Les commentaires méritent le détour, car les dessinateurs savent aussi écrire et ont forcément une approche du médium plus viscérale que la plupart des critiques. Ils s’attachent plus que d’autres au trait, au découpage, à la vision plastique de l’original, quitte à laisser au second plan une lecture narrative de l’œuvre. Ils permettent aussi de revaloriser de vieux mal-aimés de l’histoire de la bande dessinée : Jean Graton et Jacques Devos sont l’objet de compliments inattendus, au-delà des inévitables reprises et nostalgies. Cette génération-ci a assumé son héritage. Elle ne cherche plus à faire du Franquin, du Hergé ou du Peyo. C’est pourquoi elle peut nous en parler sans fard, avec plus de justesse.

Pas seulement catalogue, le beau livre s’ouvre sur quatre articles de fond de journalistes belges. Les sujets traités ne sont pas spécialement novateurs, mais ils bénéficient d’un regard un peu différent. Ne serait-ce que la géographie, centrée sur Liège et la Wallonie. Dans un article plutôt superficiel, José-Louis Bocquet esquisse malgré tout quelques réflexions sur l’identité de la bande dessinée liégeoise : Bissot, Hausman, Maréchal, Mitteï ou Walthéry. Plus disert, Didier Pasamonik témoigne de la revalorisation culturelle du neuvième art depuis les années 1960, des deux côtés du Quiévrain. Lui-même y a bien participé avec les éditions Magic Strip et il n’est pas inutile de lire l’histoire qu’il en dégage, et qui comprend non seulement les pensées critique et institutionnelle françaises, déjà bien connues, mais aussi des développements belges et un volet financier par le biais des ventes d’originaux. Quant à Thierry Bellefroid, qui dirige aussi l’ouvrage, il propose une excellente synthèse des problématiques liées aux expositions de bande dessinée, en interrogeant tour à tour les grands commissaires et scénographes contemporains.

Plus que l’âge d’or de la bande dessinée belge, c’est tout notre lien aux fondamentaux de la bande dessinée franco-wallone (pardon, wallon-française) qui est mis en avant.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 06/01/2015 )
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