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Histoires contemporaines
Thierry Groensteen   Un art en expansion - Dix chefs-d’œuvre de la bande dessinée moderne
Les Impressions nouvelles 2015 /  23 € - 150.65 ffr. / 288 pages
ISBN : 978-2-87449-300-3
FORMAT : 16,5x23,5 cm
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Ce nouveau livre de Thierry Groensteen analyse en profondeur dix grands titres de l'histoire récente de la bande dessinée. La Ballade de la mer salée, Le Garage hermétique, Watchmen, L'Ascension du Haut-Mal, Fun Home, Faire semblant c'est mentir, Là où vont nos pères, Habibi, Building Stories et Le Grand Récit de Jens Harder, dix «œuvres-phares» qui témoignent du chemin parcouru depuis 1967.

Faire l'éloge de La Ballade de la mer salée et de Watchmen semble aujourd'hui dispensable, mais cet exercice d'analyse n'est que l'introduction au vrai sujet du livre : les bandes majeures des vingt dernières années. Il est ainsi judicieux d'ancrer L'Ascension du Haut-Mal comme un classique moderne. Mais l'enjeu est aussi, et surtout, de poser une première liste de chefs d'œuvres proprement contemporains. En effet, il semble souvent, à suivre le courant médiatique dont profite désormais la bande dessinée, que le médium se confond avec son industrie depuis la récupération de la «nouvelle bande dessinée» à la fin du siècle, et les albums qui font l'événement sont des livres fédérateurs ; mais Rutu Modan ou Wilfrid Lupano, malgré toutes leurs qualités, ne sont sans doute pas aussi révolutionnaires que Pratt et Moore ont pu l'être en leur temps.

Thierry Groensteen s'efforce donc de rétablir une hiérarchie esthétique, de poursuivre l'histoire de l'art de la bande dessinée en s'appuyant sur ceux qui, aujourd'hui, bousculent l'ordre établi. Bande dessinée muette, rupture avec l'unité graphique, éparpillement du support ou narration autre qu'intuitive sont quelques-uns des enjeux contemporains. Groensteen ne se lance pourtant pas dans de simples panégyriques. Il soupèse les livres et en dresse une critique mesurée, reconnaissant des défauts aux plus grands chefs d'œuvre. Sont ainsi reprochés à La Ballade de la mer salée certains poncifs du récit d'aventures, tandis que les polémiques lancées contre Habibi sont citées et commentées.

On n'en finirait pas, bien sûr, de lister les grands ouvrages de bande dessinée absents de cette liste. Groensteen assume l'arbitraire de son choix, qui le fait conclure sur un auteur, Jens Harder, dont il est également l'éditeur. Mais du moins ces dix titres couvrent-ils un grand champ de la bande dessinée mondiale, représentée par sept nationalités et les deux sexes. Parmi les points communs envisagés, on peut évoquer une forme de littérarité et la volonté de sortir de l'identité-ghetto de la bande dessinée, mais aussi la longueur des récits. Les livres sélectionnés ont tous éclaté la norme du format court, passant de l'album traditionnel à des longueurs inédites, de 163, 98, 338, 361, 236, 140, 128, 672 et 724 pages, sans parler de la boîte de Chris Ware. Ce sont aussi des œuvres de longue haleine, écloses après un long travail de gestation. Et dans la quasi-totalité des cas, des auteurs complets.

Pour compléter cette liste, on pourra d'ailleurs y ajouter des livres qui reviennent en creux, cités à plusieurs reprises, comme références incontournables, traités dans le même mouvement : Maus, Ici Même et même Ici de Richard Mc Guire, sans oublier Ulysse pour la littérature générale.

Enfin, un curieux épilogue ne manquera pas d'attirer l'attention du lecteur. Groensteen y a compilé des phrases tirées des dix ouvrages traités, en les alignant pour composer un texte cohérent quoiqu'un peu obscur. Le jeu consiste à la fois à deviner de quel livre la phrase est extraite mais aussi à se laisser porter par une rivière de mots qui définit à toutes ces planches un sens commun, ou peut-être nouveau. C'est la démarche de Jens Harder transposé dans le champ des lettres, et on peut y sentir la trace d'un mouvement historique encore à l'œuvre. Comme si les différents auteurs avaient conscience de s'intégrer dans un trajet qui part d'un passé en ruines pour évoluer vers un nouveau spectacle.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 30/09/2015 )
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