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Comme qui dirait
Jan Baetens   Adaptation et bande dessinée - Eloge de la fidélité
Les Impressions nouvelles 2020 /  20 € - 131 ffr. / 240 pages
ISBN : 978-2-87449-804-6
FORMAT : 14,5x21 cm
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Jan Baetens, un pied en littérature et l’autre en bande dessinée, délivre l’état de ses réflexions sur leurs liens. Comment adapte-t-on un texte ?

Tout en pratiquant l’analyse et l’observation objective, le chercheur ne se prive pas de décerner les bons et les mauvais points ; mais il s’agit d’abord de redéfinir les enjeux esthétiques des adaptations, de trouver les critères qui permettront de séparer le bon grain de l’ivraie. Il distingue notamment l’adaptation proprement dite et le transfert, selon des expressions de Brian McFarlane, et analyse les procédés originaux des uns et des autres.

Malheureusement, Baetens s’appuie sur un corpus réduit : une référence incontournable, le Nestor Burma de Tardi, et d’autres beaucoup plus inattendues, Boule de Suif par Battaglia ou Aller-Retour de Bézian. Les derniers titres évoqués ne sont d’ailleurs pas des adaptations, mais des ouvrages en dialogue avec la littérature. Aller-retour inclut des références à un film de Maigret qui en font, selon Baetens, une « théorie de l’adaptation », et La Cage rappelle tout bonnement La Jalousie de Robbe-Grillet. Dans la réalité, on ne comprend pas vraiment ce qui a motivé tel ou tel choix, et on aurait sans doute préféré un corpus centré sur Gemma Bovery de Simmonds, Cité de verre de Mazzuchelli ou Le Coeur révélateur de Breccia, tous relégués en annexe pour de courts paragraphes. Le peu d’images pour illustrer le propos n’est pas pour aider face à des titres restés discrets comme Le Joueur d’échecs de Thomas Humeau ou Courir deux lièvres de Simon Grennan. Enfin, il manque sans doute un fil conducteur plus clair dans le propos pour nous éviter un côté catalogue. On oublie vite ce que l’auteur cherche à prouver.

Reste une foultitude d’analyses profondes, où Baetens fait sans cesse la preuve non seulement de sa grande culture, mais aussi de sa capacité à relier les théories littéraires les plus abstraites. Les bandes dessinées sont ainsi confrontées à l’analyse pointue des œuvres d’origines, éclairant d’un jour nouveau pour le bédéphile les textes de Queneau, de Kafka ou du nouveau roman, mais ouvrant aussi la voie à des théories de la bande dessinée plus sophistiquées que la moyenne. Gageons que l’amateur de littérature peu au fait de stripologie y trouvera tout autant son compte, en découvrant nos grilles d’analyse et la variété des procédés de l’histoire en images.
À eux seuls, le premier chapitre et la conclusion méritent bien qu’on s’y attarde, et rattrapent le bavardage intermédiaire. Ils interrogent les enjeux de l’adaptation comme processus de construction de l’œuvre, engagé dans l’adaptation proprement dite comme dans la logique de série. La réflexion de Baetens sur le besoin d’une fidélité profonde à l’œuvre d’origine, indépendamment de l’identité de l’auteur, pose des jalons pour quiconque réfléchit à la permanence d’une histoire. Le même revient souvent en bande dessinée, et l’accepter permet de donner plus d’effet aux écarts.

Mine de rien, l’essai aboutit ainsi à une remise en cause de l’idéal de la table rase. Les trop libres adaptations ne seraient-elles que l’effet d’une mode accolée au roman graphique ? Rien ne vaut la conscience de la richesse de son patrimoine. Baetens se libère du jugement habituel de la critique savante, et réhabilite même Stéphane Heuet et sa très décriée Recherche du temps perdu.
Adaptation et bande dessinée pourrait bien, finalement, déplacer les lignes de certaines de nos certitudes.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 07/10/2020 )
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