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Hommage à un génie du 9e art
Aymar du Chatenet   O. Andrieu   A. David   C. Guillot   C. Marmonnier   J. Prévôt   Le Dictionnaire Goscinny
JC Lattès 2003 /  38 € - 248.9 ffr. / 1248 pages
ISBN : 2-7096-2313-7
FORMAT : 14,7 x 23,5 cm

Préface d’Anne Goscinny.

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René Goscinny, disparu en 1977, fut l’un des très grands de la bande dessinée. A le dire après tant d’autres, on a immédiatement l’impression d’avoir enfoncé une porte ouverte. Très inutile remarque, en effet – que ne viendrait pas compenser un début de liste des nombreux mérites de Goscinny : le sacre du scénariste en BD, l’aventure de Pilote, les multiples collaborations (Uderzo, Morris, Gotlib, Tabary, Sempé, Cabu, etc.), les expressions « goscinnyennes » passées dans le langage courant (« être tombé dedans quand on était petit », « tirer plus vite que son ombre », « devenir calife à la place du calife », etc.)…

Le Dictionnaire Goscinny, édité chez Lattès sous la direction d’Aymar du Chatenet, vise à démontrer cette évidence si nettement ressentie par tous que Goscinny fut un génie du 9e art. Son principe est simple, voire simpliste : recenser l’intégralité des personnages créés par René Goscinny, d’Astérix le Gaulois à Valentin le Vagabond. Au total, 2218 personnages, dont les six auteurs du Dictionnaire définissent systématiquement les caractères, tels que Goscinny les avait conçus.

Sans doute s’agit-il là, entre autres, d’un de ces « coups » éditoriaux dont les amateurs de BD ont l’habitude : loin de la création elle-même, à l’image de tant de produits dérivés de l’œuvre d’Hergé, le Dictionnaire ne fait que l’inventaire des créations d’un autre ; et bien entendu on aura beau jeu de renvoyer les amateurs de l’œuvre de Goscinny à l’œuvre elle-même, c’est-à-dire à ses albums. Il n’empêche : ce gros livre fait également office d’hommage ; et on ne chicanera certainement pas à Goscinny son droit à cet hommage.

Le principe des notices de personnages semble certes un peu vain (est-il vraiment utile de lire que Théoric, dont le nom vient de « théorique : qui est du domaine de la spéculation », est un « guerrier goth participant à l’enlèvement de Panoramix dans la forêt des Carnutes sous les ordres du chef Coudetrix » ?). On peut également critiquer l’esprit de système de la méthode, propre au principe du dictionnaire : si l’inventaire des personnages peut se comprendre dans le cas des aventures d’Astérix, de Lucky Luke, d’Iznogoud ou du petit Nicolas, il rend en effet très mal compte des Dingodossiers – œuvre exceptionnelle et délirante élaborée en collaboration avec Marcel Gotlib, dans laquelle les personnages n’ont la plupart du temps qu’une fonction anecdotique. C’est d’ailleurs pour pallier cet inconvénient que les auteurs du Dictionnaire ont multiplié des encadrés qui présentent anecdotes, témoignages ou comptabilités loufoques au sujet de l’œuvre de Goscinny, et qui offrent souvent plus d’intérêt que les notices des personnages elles-mêmes.

Le lecteur y vérifie ainsi nombre de connaissances qu’il croyait avoir… Les jeunes lecteurs d’aujourd’hui, en particulier, reconnaissent-ils tous Jacques Chirac, premier ministre de 1976, dans le personnage de Caïus Saugrenus, Jean Marais dans celui de Tragicomix ou Mae West dans celui de Lili Carabine ? Imaginent-ils que la vignette du bébé Billy the Kid suçant un revolver a pu être censurée en 1962 et l’arme remplacée par un biberon ? Ont-ils lu, dans Les Châtiments, le poème de Victor Hugo parodié par Goscinny pour la grande bataille d’Astérix chez les Belges ? Connaissent-ils les significations exactes de toutes les locutions latines qui apparaissent dans les aventures d’Astérix – et que Goscinny recopiait mot à mot dans les pages roses du Larousse, puisque lui-même n’avait jamais étudié le latin ?

Finalement, on ne perd pas son temps à feuilleter les 1248 pages de ce livre, au hasard des articles et des encadrés. D’autant plus que les auteurs reproduisent volontiers des extraits inédits des scenarii originaux de Goscinny – et qu’il est ainsi très émouvant de voir exprimée en quelques lignes l’idée initiale d’un de ces personnages auxquels nous autres lecteurs sommes si redevables, pour une raison ou pour une autre. La lecture des aventures d’Astérix, de Lucky Luke, d’Iznogoud ou du petit Nicolas, a laissé en beaucoup d’entre nous une trace profonde : connaître leur genèse est aussi, un peu, un retour sur nous-mêmes.

Le plus étonnant, au bout du compte, c’est qu’au cours de cette lecture on n’en apprenne pas plus sur l’homme Goscinny, qui reste ici insaisissable. Le Dictionnaire Goscinny est avant tout un dictionnaire des personnages de Goscinny, donc de son œuvre, pas de sa vie. Le lecteur curieux de savoir qui fut ce monstre sacré de la BD devra se reporter à d’autres livres, dont le Dictionnaire donne d’ailleurs la liste. Restent 2118 créations, témoins d’une œuvre immense d’un auteur dont on aura eu, une fois de plus, la confirmation du génie.


Sylvain Venayre
( Mis en ligne le 12/11/2003 )
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