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Bande dessinée  ->  Humour  
 

La vie en gris et rose
 collectif   Chicou Chicou
Delcourt - Shampooing 2008 /  34.90 € - 228.6 ffr. / 448 pages
ISBN : 978-2-7560-1532-3
FORMAT : 14,7x21 cm

Par Fern, Claude, Juan, Ella et Frédé
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Chicou Chicou, c’est d’abord quatre (puis cinq) protagonistes qui vivent à Château-Gonthier, et qui racontent leurs aventures sur un blog. Une bande de copains qui ne se quittent plus ou presque depuis le lycée. Il y a les trois filles, Frédé, Ella et Claude, le macho-gay Juan, et puis le gentil copain venu de la mystérieuse Drzavastania (ou quelque chose comme ça), Fern. Des auteurs différents, à l’identité plus ou moins secrète (les plus curieux iront chercher sur le net quelques indices pour deviner qui est qui…), prêtent leur pinceau à chacun de ces personnages. C’est parti pour une suite d’histoires à cinq mains, où le relais passe de l’une à l’autre, dans un même élan, un même mouvement créatif et rigolo. Tout débute le plus souvent dans le quotidien plan-plan (c’est le gris) pour finalement finir dans un délire poli, jamais caricatural, toujours étrangement sérieux dans son développement, même si franchement barré dans l’ensemble (c’est le rose).

Le plus savoureux chez les Chicou c’est qu’on ne sait jamais trop où ils veulent en venir, où ils vont et s’ils y sont finalement vraiment arrivés. On est ici loin de la masse des blogs-BD férus d’autobiographie fadasse et de notes banales (« Mon chat», « Ma boulangère », « La neige dehors »…). On est plus dans le web-comic, ou en tout cas dans l’exercice ludique, cadavre exquis à rebondissements savoureux. C’est une œuvre collective qui débouche forcément sur des perceptions différentes autour d’un même thème, des chemins parallèles, des sautes de style et des changements de cap. À la lecture pourtant, tout semble couler de source; certes on repère bien la patte des différents auteurs, mais point de décrochage narratif ou de délire perso qui ferait tout capoter. La fantaisie est égale d’une page à l’autre et l’ambiance qui se dégage de ces pages est stimulante et rafraîchissante.

Étonnant phénomène physique toutefois que la publication en livre d’un blog : les axes de lecture changent, le virtuel prend du (sur)poids, les repères changent, le bref devient long, et le bon devient… sympathique. Le dessin reste le même mais tout autour est étrangement différent, faisant sonner la lecture plus pâteuse par ici, plus riquiqui par là. À l’échelle de la blogosphère, Chicou Chicou est sans doute l’une des meilleures créations du genre, mais il est vrai que sous la forme d'un livre certains passages ne passent plus. Exemple flagrant d’une note qui, sur le web, était vraiment efficace : l’aventure intérieure des personnages dans le cerveau de Frédé. Les dessins défilaient dans une belle, soyeuse et continue verticalité. Ici, tout est plus plat, tranché en pages, plus engoncé, plus ennuyeux.(Note pour qui veut : puisque la mode (et la facilité) semble voir se multiplier l’impression des blogs, il faudrait tout de même penser à un travail minimum d’adaptation avant de lâcher tout cela sur le papier.)
Ici, on se retrouve avec ce pavé, 445 pages de gris et de rose et de dessins parfois inachevés, dont la lecture demande parfois quelques efforts, et des pauses répétées là où le blog, découvert forcément au jour le jour, dévoilait une incontestable légèreté. De même, si devant l'ordinateur le regard passe rapidement, la main sur la souris prête à aller voir ailleurs, l’œil survolant largement les images et les textes, avec le papier, on a le temps de s’arrêter, de scruter un nez, un visage. Tout est alors moins brillant que sur l’écran lumineux, et moins brillant, fatalement.

On retiendra pourtant beaucoup de moments : l’épisode historicomique « La Peste », le revival gore « Zombie » ou encore l’efficace et roublard « Question de style ». Et puis, s’il fallait désigner notre Chicou préféré, on irait vers la petite à lunettes : il faut dire que le graphisme d’Ella, tout fin tout rond, est d’une constante drôlerie, d’une épure gracieuse, d’une ligne mignonne mais toujours très sûre.

On conseillera donc d’aller d’abord découvrir les Chicou Chicou sur leur blog, aujourd’hui en suspens, dans leur habitat naturel, et de garder ce livre en souvenir, pour le jour où le web 7.0 aura tout fait valdingué.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 04/01/2009 )
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Ailleurs sur le web :
  • Chicou Chicou, le blog
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