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Bande dessinée  ->  Humour  
 

Mine de rayon
Sergio Salma    Libon   Animal lecteur (tome 1) - Ça va cartonner !
Dupuis 2010 /  13.50 € - 88.43 ffr. / 48 pages
ISBN : 978-2-8001-4791-8
FORMAT : 12,5x29,7 cm
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Du cyclisme du dimanche à l’histoire de l’univers, la bande dessinée a conquis aujourd’hui à peu près tous les sujets. Mais il n’est pas encore si fréquent qu’elle parle de sa propre industrie. Avec leur rubrique en ouverture chaque semaine du journal de Spirou, Salma et Libon mettent les pieds dans le plat.

Sur strips verticaux, format rare s’il en est, ils font le portrait de lecteurs comme les autres : collectionneurs compulsifs, jeunes amateurs de mangas ou complets néophytes, ceux-ci se retrouvent le plus souvent dans votre librairie préférée. Là, le libraire, lecteur idéal, et ses inévitable stagiaires, se battent avec les cartons pour faire passer leur passion du mieux qu’ils peuvent.

Très vite, Salma porte son stylo au-delà de la typologie des lectorats. Observateur ironique, il s’amuse à croquer l’état d’une bande dessinée à l’âge industriel, croulant sous des nouveautés d’un intérêt variable. Son humour touche juste, sa pertinence est drôle.
Rappelons pour les curieux que la crise a ici la forme de la surproduction. Dénoncée en bande dessinée depuis une dizaine d’années par les observateurs, reconnue unanimement aujourd’hui comme la responsable de l’érosion des ventes, la surproduction domine totalement le marché. Au point de réduire le cycle de vie de chaque livre et de camoufler les plus petites sorties. On en arrive à cette situation surprenante : des nouveautés de tous les côtés, une création totalement florissante et pour tous les publics, mais des finances en bernes.
On ne s’étonnera donc pas de voir le libraire d’Animal lecteur se plaindre à longueur de pages des 45000 nouveautés par an (y compris de tous les albums déjà publiés par les auteurs eux-mêmes). Et de grogner tout particulièrement contre les franges les moins créatives de l’édition, les suites, spin-off et séries à concept. Voire les t-shirt et les figurines.

Salma critique tout particulièrement les tendances marketing des années 2000 et 2010 : le suspense d’un an entre deux tomes, les sorties centrées sur le calendrier, et tout particulièrement les albums prévus pour des niches déterminées. Il est toujours bon de rappeler que l’art n’a jamais gagné à se revendiquer d’un lectorat trop ciblé. Certes, Sergio Salma et Libon eux-mêmes ont souvent été rangés sous une étiquette jeunesse. Et il est assez ironique qu’Animal lecteur bénéficie d’un tirage limité à destination des collectionneurs. Mais en prépubliant leur série dans le journal de Spirou, ils montrent à quel point leur œuvre se veut tout public, elle qui a déjà enthousiasmé les adultes au fil des albums.

Regard sur l’édition contemporaine, objet curieux tout en hauteur, ce livre est pourtant d’abord et avant tout un recueil de gags. Les auteurs, en routiers de l’humour, remplissent leur contrat. Sans jamais donner dans le spectaculaire, Libon nous livre des caricatures dignes des personnages de Jacques le petit lézard géant et de Hector Kanon : les expressions sont drôles par elles-mêmes, malgré la fixité du cadrage. Salma quant à lui parvient à nous surprendre et à nous amuser, même si tous les strips ne sont pas aussi drôles, forcément. On aurait peut-être aimé un choix un peu plus tranché entre la tentation du gag et celle du clin d’œil aux bédéphiles. Mais le reproche est désamorcé par les personnages : « tous ces auteurs qui fournissent des strips… chaque semaine… quand parfois, une semaine, le gag est moins bon, faut être indulgent, non ? »


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 08/05/2010 )
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