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Bande dessinée  ->  Humour  
 

Penser collectif
 Collectif   Anarchy comics
Stara 2014 /  19 € - 124.45 ffr. / 224 pages
ISBN : 978-2-9528164-5-8
FORMAT : 17x24 cm
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La bande dessinée underground américaine était déjà moribonde quand l'aventure d'Anarchy comics lui offrit un de ses derniers sursauts, de 1978 à 1986. Jay Kinney et Paul Mavrides, jeunes éditeurs militants, entreprirent alors de relier par un surprenant trait d'union l'anarchisme et l'humour. Quatre riches numéros de revue s'ensuivirent, rassemblant une trentaine d'auteurs.

Dès lors que le comix des années 1960 et 1970, hormis pour quelques grands noms, est introuvable dans les librairies françaises, nous ne pouvons que nous réjouir de la traduction de ce recueil, qui rassemble une fine équipe de personnalités historiques. Aux côtés de Jay Kinney et Paul Mavrides, on retrouve Spain Rodriguez, une grande figure de l'underground, Melinda Gebbie, la future dessinatrice de Lost Girls avec Alan Moore, ou encore le graphiste branché Gary Panter – sans compter une fugace apparition de Gilbert Shelton. Yves Frémion ou Peter Pontiac complètent un casting international. Cette édition française fait elle-même intervenir des habitués de la contestation, en la personne de Harry Morgan, d'Anne Delobel et Bernard Joubert.

Un pan d'histoire récente nous est donc proposé dans ce volume, quitte à mettre le paquet sur la contextualisation : avec quatre textes en ouverture du livre (préface, remerciements, avant-propos et introduction), on a un peu le sentiment d'une présentation qui se répète ; mais aussitôt après, les bandes dessinées illustrent une période de bouillonnement créatif qui puise autant dans le woodcut novel que dans les comic books populaires de la série Archie, autant chez les situationnistes que chez les maîtres japonais.
Ce qui unit les dessinateurs tient surtout à leur espoir dans les lendemains qui chantent. Le premier épisode d'Anarchy comics tient un peu du manuel du parfait petit anarchiste. Hagiographies et autres modèles historiques, leçons de militantisme, adresses au lecteur, ces récits-là ont dans l'ensemble plus mal vieilli, mais témoignent à leur façon d'un sentiment de communauté à une époque où l'anarchie semblait à portée de main. Heureusement, dans les numéros suivants, le message politique est moins net, et l'angle d'attaque vire à la satire. Au lieu du chômeur moyen sauvé par la coopérative, nous suivons l'asservissement, puis la révolte des fourmis dans un pavillon de banlieue. C'est une bonne surprise : Anarchy comics devient non seulement drôle, mais ambivalent, avec de nombreuses histoires qui méritent le détour.
La préface à l'édition française, non signée, interprète cette évolution comme le passage d'une lutte contre l'establishment à la dénonciation du politiquement correct : les minorités devenant le lieu de nouveaux pouvoirs à contester à leur tour. C'est possible, mais la revue nous donne aussi le sentiment de trouver progressivement son ton propre. Un ton qui admet l'ironie, et qui ne construit pas son discours dans l'idéologie, mais au contraire dans la mise en perspective humoristique des incohérences et des contradictions. Kinney et Mavrides porte les premiers cette Internationale de l'humour, en opposant un jeune punk d'aujourd'hui à des anarchistes du futur, ou en dépeignant un mouvement révolutionnaire abolissant la nourriture.

Ce qui l'emporte, du début à la fin, c'est la sincérité de tous les participants. Même dans son introduction, Kinney juge les récits avec autant de franchise que de recul, expliquant la composition des numéros avec une remarquable objectivité. Nous avons donc le sentiment d'assister à toutes les étapes de ce qui reste comme une belle aventure humaine.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 24/08/2014 )
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