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 Hubert    Zanzim   La Sirène des Pompiers
Dargaud - Poisson Pilote 2006 /  11 € - 72.05 ffr. / 76 pages
ISBN : 2-205-05718-9
FORMAT : 23 x 30 cm
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Paris, 1883. Le Salon annuel va commencer et les critiques d’art taillent leurs crayons, prêts à assassiner tout ce qui, à leurs yeux d’experts, s’éloignent de ce que doit être la peinture. C’est une période de pleine effervescence picturale et d’épiques confrontations esthétiques. Le paysage s’oppose aux scènes pseudo-mythologiques et autres reconstitutions historiques déjà datées. Quelques artistes délaissent les ateliers pour aller peindre d’après nature des lieux qu’ils rendront fascinants grâce à une touche toujours inspirée et créative. Mais le néo-classicisme continue d’imposer ses canons, les Pompiers sont au bal, l’art académique porte aux nues Cabanel et Bouguereau, et les impressionnistes, dans une ombre faite de taches de couleurs, se retrouvent plus souvent exposés au Salon des refusés qu’aux manifestations officielles.

Parmi ces critiques qui se rendent au Salon remplis de certitudes et des articles déjà écrits plein la tête, il y a Fulmel, le grand spécialiste auto-proclamé du bon goût artistique actuel. Sa bête noire du moment reste Gustave Gélinet ; un peintre jusque-là modeste et sans réel talent, mais qui étonne aujourd’hui tout le monde avec sa nouvelle toile représentant une sirène assise sur un rocher. Le tableau fait sensation – « Quelle anatomie ! Quelle imagination ! »- et Fulmel, obligé de reconnaître quelques qualités à ce travail, veut toutefois creuser la question et pénètre en cachette l’atelier de Gélinet afin d’y trouver une quelconque explication à cet improbable et soudain talent. Il ne sera pas déçu puisqu’il rencontre le modèle du peintre, une authentique sirène venue de Bretagne et attirée par l’élégance et les fastes de la capitale. L’être légendaire a quitté sa mère et ses sœurs, chantant trop faux pour mener à bien l’existence d’une sirène traditionnelle car faisant fuir les marins. À Paris, elle rencontre donc rapidement Gélinet et l’amour va alors les porter quelque temps. Grâce à cette providentielle sirène devenue sa muse et son modèle, le peintre acquiert peu à peu une incroyable reconnaissance et chacune de ses toiles émeut le tout Paris. On se presse à sa porte pour obtenir de lui un portrait, et la queue de poisson devient le nec plus ultra de la mode féminine du moment…

Dans un Paris coloré et joliment désuet, Hubert et Zanzim déroulent une histoire légère et pleine de charme. La rencontre entre la belle sirène et la grande ville est pleine de surprises et le scénario de Hubert (Le Legs de l’Alchimiste, Miss Pas Touche) n’hésite pas à jouer des bouleversements et des renversements de situation : le récit prend ainsi son temps, permettant au lecteur de suivre l’évolution romanesque et mouvementée des personnages, et de donner corps à cette fable à la fois tendre et poétique mais jamais dénuée d’une certaine ironie. Quant au dessin de Zanzim, il reste libre et dynamique, offrant au lecteur attentif quelques amusantes références à divers tableaux. Le décor de ce Paris artistique et bouillonnant, celui-là même que Zola visitait dans L’Oeuvre, est un formidable territoire pour cet album et les fines allusions aux querelles artistiques alors toujours d’actualité apportent un sous-texte savoureux autour de la création, de la représentation et des questions de goût (« Et ils osent appeler ça de la peinture. Mon fils de quatre ans en fait autant. », s’exclame l’un des visiteurs apparemment connaisseur...). L’album est complété par un faux programme d’exposition regroupant quelques toiles de Gélinet, des esquisses de travail et des articles sur son travail. Une très belle bande dessinée, dont l’apparente naïveté cache quelques vérités bien senties…


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 09/09/2006 )
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