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Bande dessinée  ->  Humour  
 

Le fond de l'air est Fred
 Fred   Fredissimo. Le meilleur de Fred. L'album du millénaire
Dargaud 2000 /  15.11 € - 98.97 ffr. / 118 pages
ISBN : 2-205-05086-9
FORMAT : 24 X 32
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Les années 1970 furent une décennie abominable, le goût dominant s'y effondrant avant même les cours du pétrole. Pourtant la lecture de cette anthologie de Fred vient opportunément nous rappeler cette évidence : elles prolongeaient aussi les sixties. Et Fred en était le versant BD, légèrement décalé dans le temps, comme Evariste, Nino Ferrer ou Dutronc en incarnaient la face variété. Le calembour y est coloré, l'euphonie doit claquer et l'absurdité n'a plus besoin d¹être désespérée (le platane sur lequel s'est encastrée la Facel Véga de Camus n'a pas été planté pour rien).

Comme Dutronc, dont il fut à l'occasion parolier, le père de Philémon démonte la tyrannie de la société de consommation. Il revisite aussi l'obligation de se conformer au modèle commun avec une férocité soixante-huitarde, même si son discours de la servitude volontaire est beaucoup plus drôle que celui de Marcuse. C'est la force de la BD : il suffit de montrer, point n'est besoin de démontrer. Toute la force de son Week-End (p. 39 à 43) réside dans cette simplicité du geste. Ou encore cette question fondamentale : comment utiliser des vespasiennes quand on est un centaure (p. 87) ?

Cette simplicité, on la retrouve dans ces couleurs primaires et psychédéliques, qui étaient aussi celles de Pellaert ou du Ténébrax de Lob et Pichard. Le genre de choses qui ont pu sembler anodines et dont on mesure, à notre époque de traitements graphiques informatisés, combien elles sont réconfortantes dans leur aspect frustre et agressif. Réconfortant encore le dessin de Fred: il ne cherche pas à cacher qu'il ne sait pas dessiner et invente derechef des graphies superbes et des onomatopées qui finissent par manger toutes ses planches.

La place de Fred est donc singulière dans l'histoire de notre bande dessinée, elle n'est pas pour autant isolée. Par son trait, et le goût de la concision, il tient de Chaval, avec qui il partage un même refus de trouver drôle les énormités proférées. Par tout le reste il annonce Schlingo : même énormité de la laideur du dessin, même énormité de l'audace. Qu'on en juge par ce dialogue (p. 27) :


"- Combien cette lampe à souder ?
- 3 millions.
- 3 millions ? Ca va pas non ? Je vous en donne 20 francs.
- 30.
- 25.
- D’accord."

Le reste est à l'avenant : c’est un humour absurde, plus souvent anglo-saxon que français, plus fréquent au cinéma que dans la bande dessinée, qui ne séduit jamais à moitié ses amateurs. Si vous en êtes, la seule raison valable pour ne pas vous procurer ce florilège reste l'achat des albums dont il est composé.


Nicolas Balaresque
( Mis en ligne le 02/04/2001 )
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