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Bande dessinée  ->  Humour  
 

Flipper for ever
Frank Margerin   Lucien, tome 8 - Week-end motard
Humanoïdes associés 2000 /  9.47 € - 62.03 ffr. / 48 pages
ISBN : 2-7316-1391-2
FORMAT : 23 X 30
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Avec Margerin c'est un peu toujours la même chose, et pourtant il n'est pas loin d'être toujours aussi bon. Une telle constance ne laisse pas d'intriguer : ce nouvel album n'est pas encore celui de trop, et pourtant, il y a longtemps que son auteur a trouvé une ligne d'équilibre à laquelle il se tient. Les gags sont immédiatement reconnaissables, et le trait, le découpage comme les couleurs, témoignent de nouveau de l'efficacité du système narratif.

On rit à 35 ans comme on riait quand on en avait 15. Peut-être ce rire est-il générationnel ? Margerin dessinerait alors comme le lit son lectorat le plus fidèle : pour se donner l'illusion de ne pas vieillir, un peu comme ces quadragénaires de la page 6 qui jouent au flipper en jeans et perfecto comme s'ils entraient en classe de seconde.


Mais, à y regarder de plus près, l'hypothèse, pour séduisante qu'elle soit, ne tient pas. En lançant, il y a quelques années déjà, le personnage de Manu, adapté en dessin animé, Margerin est allé faire rire les petits cousins ou les neveux de ses lecteurs des années 80. Quant au flipper de la page 6, il faut avoir 35 ans pour être naïf au point de croire que ses utilisateurs en ont chassé les adolescents : les consoles de jeux de chez Sony, Sega ou Nintendo ont depuis longtemps envoyé l'instrument au musée.


Et voilà de quoi se nourrit l'univers de Margerin : la réappropriation permanente des objets et comportements, dès lors, les modes étant passées et le temps ayant fait son oeuvre, qu'ils se trouvent démonétisés. Nul doute qu'à son tour, la Playstation pourra y entrer un jour, mais pas avant d'être détrônée par les évolutions à venir de l'industrie du jeu.


Ici, c'est la moto qui s'y prête, et on n'y parle pas Caviga ou Ducati, ni Yamaha ou Honda, mais Harley, Moto Guzzi ou XT -voire Solex ("oui, mais il était débridé"). Les années 50, les 60 et les 70, mais pas plus : l'indétermination temporelle ne recycle que des aliments déjà digérés. De toute façon, moins que la machine, c'est l'homme qui compte, et l'éternelle "solidarité entre motards", terrain déjà expérimenté en mai 80 lors d'une des premières apparitions de Lucien (Votez Rocky).

Pour autant, qu'on se rassure, ce sont les situations qui sont étudiées, jamais la psychologie. Lucien, c'est un peu le petit Nicolas devenu adulte : il n'existe pas. Ou plutôt il n'existe que par ses copains, qui ne sont eux-mêmes que des articulations dans un monde qui peut ainsi se déployer sans jamais s'user.

De fait, c'est bien à Goscinny qu'il faut comparer Margerin : l'un comme l'autre ne traquent à travers l'accidentel que ce qui relève de l'essentiel. Ce qui nous donne, avec ce Week-end motard, un retournement de la définition du rire que proposait Bergson ("du mécanique plaqué sur du vivant"). Ce qui vous fera ici rire, ce sont des vivants plaqués sur des mécaniques.


Nicolas Balaresque
( Mis en ligne le 25/01/2001 )
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