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Les Schtroumpfs en chemise brune...
 Peyo   Luc Parthoens   Thierry Culliford   Alain Maury    Nine   Les Schtroumpfs, tome 20 - La menace schtroumpf
Le Lombard 2000 /  7.94 € - 52.01 ffr. / 48 pages
ISBN : 2-8036-1516-9
FORMAT : 23 X 30
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Les Schtroumpfs sont immortels, la preuve, c’est qu’ils ont survécu à leur créateur, Peyo, décédé en 1992. Son fils, Thierry Culliford, a repris le flambeau, accompagné de toute une équipe de dessinateurs, coloristes et scénaristes, ils sont quatre au total. Il fallait bien cela pour tenter d’égaler le maître, mais force est de constater qu’au bout de ces quelques albums sans Peyo, l’esprit de la série a tendance à s’effilocher.

Certes, Peyo avait déjà introduit le Mal dans ses albums (Gargamel, Grossbouffe, etc.) et même dans le village des petits êtres bleus (Les Schtroumpfs noirs). Il a également souvent parlé du danger de discorde qui pouvait menacer cette sorte de "paradis terrestre", comme il aimait à le définir (Le Schtroumpfissime, Schtroumpf vert et Vert Schtroumpf). Mais globalement, ses petits lutins restaient fondamentalement bons. Les successeurs de Peyo se sont éloignés de ce postulat, franchissant un nouveau palier dans la Menace schtroumpf.

Qu’on en juge : constatant que l’harmonie qui lie traditionnellement les habitants de son village part en vrille (les Schtroumpfs ne s’entraident plus, ils se disputent, bref, ils deviennent individualistes), le Grand Schtroumpf décide de leur administrer une bonne leçon. Grâce à une formule magique directement sortie de son désormais fameux grimoire, il crée dans la forêt un second village schtroumpf qui est comme une photo du premier, mais en négatif. Procédé classique, maintes fois utilisé : on pense à Seron et à l’album Ranx Xérox de ses "Petits Hommes".

Pour revenir aux nôtres, de petites créatures, notons donc que chaque Schtroumpf a son homologue, chaque maison aussi, mais que les habitants du "village bis" incarnent tous les mauvais côtés de leurs originaux. Dominateur, guerrier, militarisé à outrance, le nouveau peuple schtroumpf fait froid dans le dos, d’autant plus qu’il finit par échapper, évidemment, au contrôle de son créateur. Vaincus, réduits en esclavage, nos pauvres Schtroumpfs font peine à voir et ils ne devront qu’à leur ingéniosité de se libérer de ce cauchemar.

Au final, le Grand Schtroumpf atteint son but -comme toujours : la communauté s’est ressoudée et chacun a oublié le temps des disputes, qui mène au temps des troubles, et a compris que mieux valait s’aimer et s’entraider que se laisser aller à ses mauvais penchants.

Ainsi donc, les Schtroumpfs sont plus proches des hommes que ce que l’on pouvait penser : cet album emprunte quelques références aux tragédies du XXè siècle, car incontestablement, le peuple des Schtroumpfs aux bonnets gris et aux dents serrées fait écho aux régimes totalitaires. Les vrais Schtroumpfs sont même enfermés dans des camps de concentration !

On frémit en pensant que le Mal absolu est potentiellement présent dans le schéma mental d’un peuple qu’on croyait incapable d’imaginer même la possibilité d’une telle barbarie. Mais cela nous surprend à peine, depuis que même Thorgal, moral parmi les moraux, a pu se transformer il y a quelques années en sanguinaire pirate. A la faveur d’une amnésie, certes, mais cela signifie tout de même qu’il avait l’idée même du Mal enfouie en lui. Décidément, les idéaux se perdent et les héros ne sont plus ce qu’ils étaient...


Thomas Bronnec
( Mis en ligne le 26/01/2001 )
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