L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Jeudi 9 avril 2020
  
 
     
Le Livre
Jeunesse  ->  
Avant 18 mois
A partir de 18 mois
A partir de 3 ans
A partir de 4 ans
A partir de 5 ans
A partir de 7 ans
A partir de 10 ans
Adolescents
Tout-carton / en tissu
Livres animés & Jeux
Albums
Romans historiques
Romans d'aventures
Romans classiques
Romans policiers
& frissons
Romans sentimentaux
Romans SF
& fantastique
Bande dessinée
Les grands classiques
Contes & légendes
Poésie & comptines
Documentaires
Guides divers
Activités & Loisirs créatifs
Livres-CD

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Jeunesse  ->  Adolescents  
 

Le bon, la brute et l’arborescent
Joann Sfar   L'Homme-Arbre (tome 1) - L'étoile polaire
Denoël - Graphic 2004 /  19.50 € - 127.73 ffr. / 192 pages
ISBN : 2-207-25518-3
FORMAT : 16 x 21 cm
Imprimer

On entre dans un livre de Joann Sfar en y trempant d’abord un orteil. Histoire de vérifier si la température du bouquin nous convient bien. L’homme est si prolifique et si disparate, avec plus de quatre-vingts albums à son actif (le chiffre exact change d’heure en heure), que rares sont ceux qui peuvent aimer inconditionnellement l’intégralité de l’œuvre de ce jeune auteur.

Il surfait déjà entre la bande dessinée (Le Chat du Rabbin, Le Minuscule Mousquetaire…), les scénarios (Les Olives Noires, Donjon…), les illustrations, depuis les histoires pour enfants jusqu’aux textes philosophiques (Orang-Outan, Candide…), les carnets de croquis façon journal de bord (Ukulélé, Piano…), le dessin-animé, le théâtre, avec les adaptations de ses histoires fétiches… Désormais Sfar s’attaque au roman. Et nous, priant pour ne pas nous noyer dans un texte trop sérieux et dénué de fantaisie, on plonge.

«Dans une forêt du centre de l’Europe, vivait un Homme-Arbre. Il mesurait plus de trois mètres. Mais si l’on faisait abstraction des branches, son gros visage ne se trouvait guère plus haut que celui d’un être humain bien bâti.» C’est par ces mots que commence son histoire, réveillant en nous de doux accents de «il était une fois» prometteurs. C’est bon, l’onde est tiède, on se surprend à faire voluptueusement la planche.

L’Homme-Arbre est un brave type sans histoires qui vit dans une forêt du centre de l’Europe, où il mène une existence paisible et solitaire, recevant de temps en temps chez lui la visite de son vieil ami Eliaou. Lequel passe accompagné de son Golem, un géant de terre cuite à la force herculéenne qu’il a façonné de ses mains, lui octroyant la vie grâce à sa connaissance de la Kabbale, la magie juive. Les amis aiment à se retrouver pour manger un morceau, ou pour faire un bœuf, l’un à la clarinette, l’autre à la guitare et le troisième au piano (l’équivalent des soirées pyjama chez les filles, en plus bruyant).

En même temps, cet Homme-Arbre, qui n’a pas de prénom, a une passion, la menuiserie. Aussi un jour, Eliaou lui transmet-il une commande de la part de Schnek (et pas Shrek), le roi des Alitvaraï, le peuple des esprits de l’air et du feu qui habite l’immense forteresse surmontée de l’Etoile Polaire : le roi veut de l’Homme-Arbre qu’il lui construise un piano. Fastoche, vous direz-vous. Sauf qu’il ne veut pas n’importe quel piano. Il en veut un qui soit créé à partir du bois du chêne Atlas, le plus vieux des chênes, si vieux qu’on dit même qu’il soutiendrait la Terre.
C’est ça, où il ordonne de faire brûler la forêt.
L’Homme-Arbre n’a pas le choix, à priori.
Sauf que…

Au fil des pages, Joann Sfar nous rappelle qu’il possède une imagination et un sens de la narration éblouissants. Ceux qui aiment lire réaliseront qu’il y avait bien longtemps qu’on ne leur avait pas «raconté une histoire». De celles qui captivent en ramenant à l’enfance, et à cette tendre époque où l’on écoutait avec passion le récit qui nous était fait, en suçant son pouce et en se tortillant une mèche de cheveux. La gageure est que l’auteur a réussi l’écriture d’une histoire fluide et intelligente, pouvant être lue par des adultes avec les mêmes délices que s’ils avaient encore douze ans.

On dit de ce Woody Allen de la BD, qui nourrit talentueusement ses oeuvres de ses névroses, qu’il s’est inspiré ici des œuvres de Tolkien pour créer son univers à lui, un nouveau genre qu’on appellerait en rigolant la «Hassidic Fantasy», fruit de la rencontre improbable entre le Seigneur des Anneaux et Yentl. Mais ce roman superbement illustré, où les dessins sont carrément indispensables au texte, rappelle aussi, dans la forme, l’œuvre d’un René Goscinny lorsqu’il a créé son Petit Nicolas : une collection d’histoires savoureuses à plusieurs niveaux de lecture, indissociables des poétiques illustrations de Sempé. Souhaitons à Joann Sfar le même succès avec sa trilogie.


Agnès Abécassis
( Mis en ligne le 30/05/2004 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Le Chat du rabbin (tome 3)
       de Joann Sfar
  • Donjon Monsters (tome 8)
       de Joann Sfar , Lewis Trondheim , Carlos Nine
  • La fille du professeur
       de Joann Sfar , Emmanuel Guibert
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2020
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd