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L'horreur politique
Jacques Généreux   Une raison d'espérer. L'horreur n'est pas économique, elle est politique
Pocket - Agora 2000 /  5.04 € - 33.01 ffr. / 195 pages
ISBN : 2-266-09968-X
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Deux idéologies dominent le débat politique : la doctrine libérale qui prône un recul de l'Etat et une réaction antiéconomique fustigeant le profit. Pour Jacques Généreux, il s'agit des deux faces d'une même erreur. En considérant l'échange marchand comme le moteur de l'histoire économique, elles négligent l'importance des choix politiques.

L'erreur libérale est double. Le capitalisme est considéré comme une nécessité alors qu'il n'est que le résultat d'un hasard historique. En outre, l'antagonisme entre un marché parfait et un Etat pervers par essence reste un postulat à démontrer. On se laisse ainsi berner par une opposition hypothétique entre les lois de l'économie et celles de la politique. Et c'est l'inculture économique des opposants au libéralisme qui les encourage à dénoncer ces lois de l'économie au nom de la réalité qu'ils rejettent. Or, pour Jacques Généreux, l'économie est politique. Elle est influencée par les formes juridiques, institutionnelles et la conjoncture. L'horreur sociale, la pauvreté, le chômage... ne sont pas économiques, ils sont politiques. C'est ici que réside la "raison d'espérer" : si l'horreur est politique, la solution l'est également. Le but de l'ouvrage n'est pas de trouver les solutions aux problèmes sociaux, mais d'encourager la réforme des institutions pour que le traitement de ces difficultés devienne politiquement rentable.

Après un chapitre introductif, Jacques Généreux procède à une critique de la thèse de Viviane Forrester. Si elle pose une vraie question, elle donne de mauvaises réponses. La force de la finance y est surestimée : ce ne sont pas les spéculateurs et les dirigeants des multinationales qui ont dérégulé les marchés, ce ne sont pas eux qui ont élu Margaret Thatcher, Ronald Reagan...

Jacques Généreux décèle trois causes à ce qu'il appelle "l'horreur politique" : le refus de partager, la tyrannie du marché politique, le silence de la démocratie. Le premier degré est constitué par le refus de partager : le chômage n'est pas une conséquence du progrès technologique mais le fruit d'un dispositif législatif. Le modèle de partage de la croissance qui prévalait entre 1945 et 1970 n'est plus politiquement rentable. Il suffit de faire partie des 80% des "nantis" pour se désintéresser du sort des 20% de défavorisés. Une réflexion sur le SMIC aurait été - et reste - nécessaire : en garantissant, en période de récession, un salaire minimum à ceux qui travaillent, on exclut les autres durablement. Mais qui dit partage, dit sacrifice. Malgré les prises de conscience, la majorité n'est pas disposée à payer le prix immédiat de la solidarité, et les responsables politiques ne sont pas encouragés à réformer les institutions. La difficulté réside - et c'est ce qui constitue le troisième degré de l'horreur politique - dans la formulation d'un débat, d'une pensée de l'intérêt général. On ne sait plus parler du bien commun. Dès lors, le programme de Jacques Généreux est clair : il est urgent de restaurer la volonté politique et son expression.

Dans un ouvrage accessible, dénué de simplifications trompeuses, Jacques Généreux présente une analyse convaincante des faiblesses de notre système politique, et notamment des démocraties européennes. Il reste cependant quelque peu allusif sur les moyens concrets de restaurer les conditions d'un débat public constructif. Ce livre apporte pourtant à chacun des éléments de réflexion sur la place qu'il a dans la cité. Il souligne habilement l'espace dans lequel la réflexion et l'action politique sont possibles.


Cyril Colléatte
( Mis en ligne le 17/02/2000 )
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