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La guerre de mille ans n’a pas eu lieu
Joël Schmidt   Les Gaulois contre les Romains - La guerre de 1000 ans
Perrin - Tempus 2010 /  10 € - 65.5 ffr. / 414 pages
ISBN : 978-2-262-03214-2
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en mai 2004 (Perrin)

L'auteur du compte rendu : agrégé d'histoire, professeur de khâgne au lycée Pothier d'Orléans, Patrick Clastres est chercheur associé au Centre d'histoire de Sciences Po.

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Le romancier Joël Schmidt livre ici un «essai historique» destiné à abattre le «mythe de la paix romaine». Sa thèse tient en quelques formules. D’une part, Gaulois et Romains se seraient affrontés durant un millénaire au point de devenir des «ennemis héréditaires». D’autre part, la Gaule aurait fini par remporter la «victoire finale» et «subjuguer» Rome au motif que «son exception géographique et ses particularismes la rendent unique».

On reste confondu devant un tel révisionnisme qui tente de redonner vigueur à la mythologie nationale forgée à tout le moins de Camille Jullian à Jérôme Carcopino. Comme si de Brennus à Proculus, de la bataille de l’Allia et du siège de Rome en 390 avant J-C à l’accession de Probus au trône impérial en 276, il s’était agi d’un même peuple ! Comme si la Gaule se limitait aux frontières définies par César. La France est loin d’avoir le monopole des Celtes !

Quant à la conquête de la Gaule, elle est encore présentée ici comme «une nécessité stratégique pour Rome» et «un impératif stratégique pour César». Une interprétation que ne partage pas Christian Goudineau (César et la Gaule, Seuil, 2000), pour qui la soumission de la Gaule entière fut «le résultat de l’insurrection gauloise généralisée et de son écrasement à Alésia». Autrement dit, ce serait la faute à Vercingétorix plutôt qu’à César.

Que dire, à l’autre bout de cette traversée des siècles, de la proposition qui attribue aux chrétiens martyres des Gaules une appartenance à «la population peut-être la moins assimilée à la civilisation romaine» ? Et de l’histoire des empereurs dits gaulois puis des Bagaudes, conçue comme un collage de l’Histoire des persécutions publiée par Paul Allard en 1903-1908 et de l’Histoire Auguste ? Cette technique de l’assemblage présente au moins cet avantage de mettre des extraits variés d’auteurs anciens à la disposition des lecteurs. Mais elle ne dispense pas de préciser en bibliographie les références des traductions. C’est à se demander à qui profite le crime.

Bien sûr, on renverra aux travaux d’André Chastagnol, de J.F. Drinkwater (Roman Gaul, 1983), de Michel Py sur les terres méridionales, ou bien encore de Patrick Le Roux sur la «romanisation» et la« provincialisation» (Romains d’Espagne, A. Colin, 1995 et Le Haut-Empire romain en Occident, Seuil, 1998).


Patrick Clastres
( Mis en ligne le 23/03/2010 )
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