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Histoire & Sciences sociales  ->  Antiquité & préhistoire  
 

Synthèse sur la Cité-État
Mogens H.  Hansen   Polis - Une introduction à la cité grecque
Les Belles Lettres - Histoire 2008 /  25 € - 163.75 ffr. / 278 pages
ISBN : 978-2-251-38092-6
FORMAT : 15cm x 21,5cm

L'auteur du compte rendu : Sébastien Dalmon, diplômé de l’I.E.P. de Toulouse, est titulaire d’une maîtrise en histoire ancienne et d’un DEA de Sciences des Religions (EPHE). Ancien élève de l’Institut Régional d’Administration de Bastia et ancien professeur d’histoire-géographie, il est actuellement conservateur à la Bibliothèque Interuniversitaire Cujas à Paris. Il est engagé dans un travail de thèse en histoire sur les cultes et représentations des Nymphes en Grèce ancienne.
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Polis est la troisième traduction en français d’un ouvrage de l’historien danois Mogens H. Hansen, fondateur de l’«École de Copenhague», à être publiée par les éditions des Belles Lettres, après La Démocratie athénienne à l’époque de Démosthène (1993) et Polis et cité-État (2001). L’original anglo-saxon était en fait déjà lui-même une version revue et augmentée d’un ouvrage publié en danois en 2004.

Le mot grec polis (qui a donné en français politique mais aussi police) est en fait polysémique : il peut désigner tantôt la «ville», l’«Etat» ou la «cité-Etat». Bien que de nombreux chercheurs aient depuis longtemps souligné que cette institution était au fondement de toute la civilisation grecque, elle n’a jamais été vraiment décrite avec précision. Les études exhaustives et fondamentales ne sont guère nombreuses, ou alors elles privilégient Athènes qui est loin d’être la polis paradigmatique. Il existe par ailleurs des désaccords profonds et persistants entre chercheurs à propos des questions fondamentales soulevées par la polis : quand apparut-elle ? Combien en comptait-on dans le monde grec ? Constituait-elle la fusion d’un État et d’une société, ou, au contraire, une société mais pas un État ? Était-elle exclusivement constituée de citoyens mâles adultes ou englobait-elle les femmes, les enfants, les étrangers et les esclaves ?

C’est à cet ensemble de questions que s’est intéressé le Polis Centre où officie Mogens H. Hansen. Ce centre d’étude de la cité-État grecque antique a été créé en 1993 par la Fondation nationale danoise pour la recherche, et a vu le jour à la faculté des humanités de l’Université de Copenhague. Un grand nombre de publications de ce centre a permis de dresser un inventaire de toutes les poleis grecques connues des époques archaïque et classique (de 650 à 323 av. J.-C.). A partir de là, les chercheurs du Polis Centre se sont livrés à une analyse du monde de la polis. Dans un second temps, l’analyse s’est déplacée vers les cités-États ayant existé à d’autres époques et en d’autres lieux. Ce type d’organisation se distingue des macro-États, au territoire plus vaste et couvert de nombreuses villes. Les régions divisées en plusieurs cités-États constituent ce que le Polis Centre a appelé une «culture de la cité-État». Il en a repéré trente-sept, bien qu’il n’en subsiste plus aujourd’hui (la dernière disparut vers 1900).

La première partie constitue un survol assez large des notions de ville, cité-État, État-pays, culture de la cité-État, et des trente-sept cultures identifiées. Ces dernières étaient présentes aussi bien dans le Proche Orient (Sumériens, Syriens, Assyriens, Phéniciens, Philistins…) qu’en Europe (Grecs, Étrusques, Vikings en Irlande, villes d’Italie du Nord, villes libres du Saint Empire Romain Germanique, République hollandaise…), en Asie (Chine, Route de la soie, Sumatra, Népal…) ou même en Afrique (Mozabites berbères, Fantés du Ghana, Konsos d’Ethiopie…) et en Amérique (Mayas, Mixteca, Aztèques…).

La deuxième partie du livre est consacrée à une description détaillée de la polis. Elle s’intéresse tout d’abord à la culture de la cité-État (unité, naissance, fin), puis à la polis elle-même : apparition et disparition, polis en tant que ville ou en tant qu’Etat, peuplement, superficie et population, économie urbaine, articulation ville-campagne, armée, religion, société, guerre civile (stasis), relations diplomatiques, évolutions entre les époques archaïque, classique et hellénistique…

La troisième partie est une conclusion où la polis est comparée avec les trente-six autres cultures de la cité-État, et avec la notion de culture de la cité-État. L’ouvrage constitue ainsi une bonne introduction à cette réalité grecque que fut la polis, mais il rend également compte d’une démarche comparative intéressante, manifestant par là-même la grande ouverture d’esprit de son auteur. Ce livre assez concis offre néanmoins une importante bibliographie (où dominent les titres anglo-saxons) et trois index (des sources ; historique, géographique et linguistique ; général) fort utiles. Il donne envie d’en savoir plus et de se plonger dans les autres publications du Polis Centre, notamment l’inventaire de 2004 ou les études comparatives sur les cultures de la cité-État (2000, 2002), qui intéressent autant la science politique que l’histoire.


Sébastien Dalmon
( Mis en ligne le 19/05/2009 )
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