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Histoire & Sciences sociales  ->  Antiquité & préhistoire  
 

Commentaires antiques à deux comédies
Michel Chantry   Scholies anciennes aux Grenouilles et au Ploutos d'Aristophane
Les Belles Lettres - Fragments 2009 /  35 € - 229.25 ffr. / 426 pages
ISBN : 978-2-251-74205-2
FORMAT : 13,5cm x 21cm

L'auteur du compte rendu : Sébastien Dalmon, diplômé de l’I.E.P. de Toulouse, est titulaire d’une maîtrise en histoire ancienne et d’un DEA de Sciences des Religions (EPHE). Ancien élève de l’Institut Régional d’Administration de Bastia et ancien professeur d’histoire-géographie, il est actuellement conservateur à la Bibliothèque Interuniversitaire Cujas à Paris. Il est engagé dans un travail de thèse en histoire sur les cultes et représentations des Nymphes en Grèce ancienne.
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Il convient de saluer la parution de cet ouvrage bilingue, qui présente pour la première fois des scholies traduites, et élargit la diffusion de ce type de sources au-delà du cercle restreint des spécialistes. Le livre a été en fait conçu pour des lecteurs francophones qui ont besoin de consulter les Scholia in Aristophanem parues aux Pays-Bas de 1960 à 2007 à l’initiative de W.J.W. Koster et D. Holwerda, sans maîtriser pour autant parfaitement toutes les subtilités du grec ancien. Marcel Chantry, professeur honoraire de Lettres supérieures, est également l’auteur d’une édition savante des scholies aux Grenouilles et à Ploutos éditée à Groningen entre 1994 et 2001. Ici, il nous offre une traduction d’un large choix de scholies anciennes à ces deux pièces. Par «anciennes», il faut entendre des scholies remontant aux périodes des savants alexandrins et de l’Empire romain ; Marcel Chantry laisse ainsi de côté les scholies des érudits médiévaux tels que Thomas Magister et Démétrius Triclinius (fin XIIIe – début XIVe siècle), bien qu’il donne en annexe quelques exemples de leur intérêt.

Les scholies sont en fait des annotations et commentaires destinés à éclairer les passages les plus fameux de la littérature gréco-latine. Il s’agit beaucoup plus que de simples notes de bas de page antiques : elles contiennent en effet quantité de renseignements sur l’oeuvre, mais aussi son contexte, quand elles ne sont pas tout bonnement le seul témoignage conservé. A ce titre, les scholies au poète comique Aristophane, qui vécut à Athènes de 445 à 386 av. J.-C., sont exemplaires et nous fournissent diverses informations précieuses. Les scholies ont été classées par genre puis par thème, en dix rubriques : indications scéniques ; établissement du texte ; répartition des répliques ; interprétation du texte ; citations littéraires ; notes historiques et géographiques ; histoire littéraire et artistique ; religion, mythologie et fêtes ; mœurs et institutions ; lexique des mots grecs. Une table analytique placée à la fin des scholies de chaque comédie permet de retrouver assez rapidement la place de chaque élément. Chaque scholie porte d’abord le numéro du vers, et souvent ensuite une lettre (a, b, c, d,…). Quand il s’agit d’une simple variante de rédaction, elle est introduite par une lettre grecque (bêta le plus souvent).

L’un des soucis qu’il faut toujours avoir à l’esprit quand on examine une scholie, c’est d’apprécier si elle ne provient pas au préalable d’un lexique, où normalement les différentes acceptions d’un mot peuvent et même doivent être énumérées, alors que le texte de l’auteur à expliquer ne se comprend bien qu’avec une seule d’entre elles. Plusieurs scholies de nos deux comédies semblent ainsi provenir de tels lexiques, notamment celle du vers 812 du Ploutos ou celle du vers 1440 des Grenouilles, qui donnent au mot grec oxis à la fois le sens de «vinaigrier» ou de «plat long». Le cas inverse est aussi possible : ainsi, le grand lexique du Xe siècle appelé Souda a repris quantité de scholies des comédies d’Aristophane. Les scholies peuvent aussi renvoyer à des ouvrages de lexicographie antique, tels que Sur la différence entre les mots attribué à Didyme (Ploutos, 388).

Les scholies ont eu cependant pendant longtemps mauvaise presse, qualifiées péjorativement de «tardives» afin de déprécier fortement leur fiabilité. C’est il y a peu que l’on s’est finalement avisé qu’elles constituaient bien souvent la première recherche ou du moins la première littérature secondaire sur un texte précis. Il faut cependant être vigilant, plus qu’avec d’autres types de sources. En effet, les copies des scholies n’étaient en général pas aussi soignées que celles du texte de l’auteur. En effet, dans beaucoup de manuscrits, on utilisait souvent des abréviations d’écriture, qui entraînaient facilement des fautes de recopiage. Plus rarement, c’est le texte même de l’auteur qui, pour des raisons diverses, était victime d’une faute d’attention du copiste antique. Ainsi, le vers 1011 du Ploutos a pâti pendant plusieurs siècles d’une mauvaise reproduction. De ce fait même, il avait accueilli plusieurs éléments de scholie capables d’expliquer un texte faux avec autant d’assurance que si c’était le vrai !


Sébastien Dalmon
( Mis en ligne le 27/10/2009 )
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