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Histoire & Sciences sociales  ->  Antiquité & préhistoire  
 

Une réédition utile?
Violaine Vanoyeke   La naissance des Jeux Olympiques et le sport dans l'Antiquité
Les Belles Lettres - Realia 2004 /  15 € - 98.25 ffr. / 195 pages
ISBN : 2-251-33812-8
FORMAT : 14x23 cm

L'auteur du compte rendu : Michel Debidour, ancien élève de l'ENS (Ulm), est agrégé de l'Université, ancien membre de l'Ecole Française d'Archéologie d'Athènes, et docteur es-lettres. Il est professeur à l'université Lyon III et directeur du Centre d'Etudes et de Recherches sur l'Occident Romain. Il enseigne l'histoire ancienne et l'archéologie et travaille plus particulièrement sur l'économie du monde antique.
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Violaine Vanoyeke a derrière elle une oeuvre importante qui touche à différents domaines, notamment à l'Antiquité. Ce volume est la réédition d'un ouvrage paru en 1992, et qui ressort à l'occasion de la proximité des jeux olympiques d'Athènes. Que le public ait l'occasion de s'intéresser aux origines du sport antique, c'est une excellente chose; encore faut-il que l'ouvrage soit à la hauteur.

On trouvera au fil des pages le recueil d'un grand nombre de textes, souvent peu connus, dans des traductions de l'auteur. On lira des citations utiles, et quelques passages acceptables, comme sur les commémorations de deuils mythiques à l'origine des premiers concours, et des anecdotes instructives, mais le champ embrassé est bien trop vaste (y compris la chasse et les jeux du cirque !) pour pouvoir être analysé sérieusement en si peu de pages : il manque à cette compilation une cohérence et une véritable analyse historique.

En effet, après l'éducation physique en Grèce puis à Rome, on passe au sport en Grèce, aux jeux panhelléniques, enfin au sport à Rome. On imagine facilement à quelles redites cela peut donner lieu d'un chapitre à l'autre. Et il est trompeur de citer des pages d'Homère sous l'intitulé de "l'époque de la guerre de Troie (1250 av. J.-C.)" sans dire un mot des problèmes que pose l'interprétation historique d'Homère ; on ne saurait prendre les Lois de Platon, ouvre idéale d'un philosophe, comme un témoin de la réalité grecque (p.37) ; ni recevoir comme argent comptant les listes de vainqueurs olympiques qui remontent à 776 av. J.-C., mais dont on peut mettre en doute la valeur historique rétrospective ; il est tout aussi fallacieux de traiter comme des témoignages descriptifs les passages de Juvénal et de Martial, dont on connaît l'exagération satirique et incisive. Plusieurs plans et reconstitutions
de stades et de palestres sont donnés, mais sans aucune indication d'origine. Si des centaires de notes donnent bien en général la référence exacte des textes, on se demande pourquoi elles manquent complètement entre les pages 79 et 87. Et les quatre pages de la bibliographie, par ailleurs très mêlée, ne mentionnent que peu d'ouvrages récents.

Quant à la rigueur scientifique que la quatrième de couverture vante sans sourciller, on en jugera par quelques remarques de détail, parmi beaucoup d'autres : les significations de l'éromène et l'éraste (l'aimé et l'amant) ont été interverties (p.29) ; on ne saurait attribuer à Xénophon (p.33, n.30) le Gouvernement des Athéniens, qui est un pamphlet oligarchique, d'ailleurs fort intéressant ; ce n'est pas vers 51 av. J.-C que Caïus et Julius [lire Lucius] César, nés en 19, ont pu recevoir le titre de Princes de la Jeunesse (p.69) ; l'ouvrage sur l'éducation athénienne cité à la p.186 ne date pas de 1971, il n'est pas l'oeuvre de R. Girard, mais il est de P. Girard, et remonte à 1891 !
Ne parlons pas des fautes d'orthographe et d'impression : ainsi Lybie (p.99) ; les prêteurs ne sont pas des préteurs p(.136) ; la trêve (p.73) se dit ekecheiria, et non execheira, le cirque de Maxence (p.151) est du début du IVe s., et non du début de IIIe s., Zeus Orkios (le gardien des serments) doit s'écrire Horkios (p.115).

On voit donc à travers ces exemples que ce livre a été manifestement écrit beaucoup trop vite, et on ne peut que s'étonner qu'une maison sérieuse comme les Belles Lettres ait jugé bon, après douze ans, de rééditer un tel ouvrage, sans y apporter ni changement ni correction.


Michel Debidour
( Mis en ligne le 05/06/2004 )
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