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Pierre Cauchon : heurs et malheurs des intellectuels
Jean Favier   Pierre Cauchon - Comment on devient le juge de Jeanne d'Arc
Fayard 2010 /  27 € - 176.85 ffr. / 723 pages
ISBN : 978-2-213-64261-1
FORMAT : 13,5cm x 21cm

L'auteur du compte rendu : Emmanuel Bain est agrégé d’histoire et prépare une thèse en histoire médiévale.
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Le nouveau livre de Jean Favier est porteur d’un projet particulièrement ambitieux : retracer, à travers la figure célèbre de Pierre Cauchon, l’histoire d’un milieu social, celui des intellectuels de la fin du XIVe siècle et du début du XVe siècle. La question qui se pose est de comprendre, d’une part, comment un intellectuel de faible envergure a pu jouer un rôle crucial dans le procès de Jeanne d’Arc et, d’autre part, comment des universitaires en quête d’un bon gouvernement se sont retrouvés impliqués dans des actes ignominieux. La réponse que défend Jean Favier consiste à souligner l’importance et la particularité du contexte. En cette période troublée, l’Université parisienne a pu trouver un espace politique pour son expression, et certains de ses éléments, comme Pierre Cauchon, ont ainsi pu s’élever.

Partant de cette idée, Jean Favier, qui est un excellent connaisseur de cette période, sur laquelle il a déjà beaucoup écrit, a été conduit à décrire toute l’histoire de l’Université, de la France et de l’Église dans les soixante ans qui ont précédé le procès de Jeanne d’Arc. C’est ce qui occupe les deux premières parties du livre. L’historien présente d’abord «la rive gauche» en abordant Paris, le monde des clercs et le fonctionnement de l’Université au XIVe siècle. L’histoire se fait plus événementielle dans la seconde partie consacrée à «la tourmente» où sont traités, d’une part, le Grand Schisme et, d’autre part, la France divisée de la guerre de cent ans. Dans les deux cas, Jean Favier analyse les interventions de l’Université afin de montrer les divisions et les tergiversations des maîtres, mais surtout comment, à la faveur de ces crises, ils déploient une plus grande activité politique. Cependant, cette présentation est très peu synthétique et donne souvent l’impression que la problématique initiale est remplacée par le simple désir de raconter l’histoire de cette époque.

Vient ensuite ce qui constitue le cœur du livre : le procès de Jeanne d’Arc, qui occupe la troisième partie du volume. C’est alors que Pierre Cauchon devient omniprésent, en tant qu’ordonnateur et que juge. Ici les détails abondent, et le procès est suivi au jour le jour : les questions et les réponses sont analysées ; les stratégies sont expliquées ; le déroulement des événements est étudié au plus près. Ce procès est présenté à la fois comme le sommet de la carrière de Pierre Cauchon et comme l’apogée de l’intervention politique des intellectuels. Les deux dernières parties du livre relatent leur déclin. La quatrième partie étudie à la fois la suite de la guerre de cent ans et l’effacement du prestige de l’Université et des maîtres parisiens. La dernière partie traite des procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, dont sont écartés les universitaires, et qui désavouent leurs précédents jugements.

Ce livre peut donc être lu sous plusieurs angles. Celui de la biographie, s’il n’est pas essentiel, est tout de même présent : la vie et l’action de Pierre Cauchon sont étudiées, et Jean Favier, qui analyse rapidement en épilogue les relectures de cette figure au cours des âges, évite soigneusement la caricature. Pierre Cauchon n’est ni un traite, ni un simple agent des Anglais, mais un homme pris dans un réseau de fidélités qu’il suit jusqu’au terme de sa vie. Un autre angle est celui de l’histoire d’un groupe social, qui pourrait être celui des intellectuels-universitaires. Non sans allusions implicites à l’histoire contemporaine, l’auteur relate leur grandeur et leur décadence, parfois leur vanité, souvent leurs errements, et toujours le contexte dans lequel ils agissent ou tentent de le faire. Un troisième angle serait celui de l’histoire des années 1350-1450. C’est en effet ce siècle qui constitue le principal sujet du livre, au risque d’oublier l’ambitieux projet initial et de le remplacer par une perspective événementielle qui peut plaire ou lasser.


Emmanuel Bain
( Mis en ligne le 30/11/2010 )
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