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Histoire & Sciences sociales  ->  Moyen-Age  
 

Naissance d’un État
Geneviève Bührer-Thierry   Charles Mériaux   La France avant la France - (481-888)
Belin - Histoire de France 2010 /  36 € - 235.8 ffr. / 687 pages
ISBN : 978-2-7011-3358-4
FORMAT : 17,5cm x 24cm

L'auteur du compte rendu : Hugues Marsat est agrégé d'histoire. Enseignant dans le secondaire, il mène parallèlement des recherches sur le protestantisme aux XVIe-XVIIe siècles.
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Prévenu dès l’origine par le plan d’ensemble de la collection qui ne s’en est jamais cachée, le lecteur ne s’étonnera pas du titre et de la période chronologique choisis pour ce premier volume de cette nouvelle Histoire de France. Si pour l’historien cela fait longtemps que nos ancêtres ne sont plus seulement les Gaulois, d’autres pourraient s’offusquer que l’on considère que la France n’est pas s’y éternelle que cela.

Loin des auteurs cependant la volonté de créer une polémique à l’heure où il y en a déjà une sur l’existence même d’un débat sur l’identité nationale. D’entrée de jeu, dans une introduction générale, Joël Cornette justifie la collection qu’il dirige, en explique les choix chronologiques et méthodologiques, son inscription dans l’historiographie, et surtout, en une phrase qui passerait presque inaperçue, affirme qu’en France, «un État de plus en plus lourd et central a été antérieur à la Nation». Aucune formule ne résume mieux l’esprit général de la collection, ne la dédouane mieux de toutes velléités nationalistes tant son sens est contraire même à l’essence du nationalisme.

L’idée étant exposée, reste encore à dégager les racines de cet État. La date retenue de l’avènement de Clovis n’empêche pas les auteurs d’ouvrir leur propos par un premier chapitre sur la Gaule au Ve siècle, montrant avec clarté la coexistence qui s’établit entre anciens occupants, les Gallo-romains, et nouveaux arrivants, les Francs qui tiennent d’avantage d’immigrants légaux que d'envahisseurs. Ceci fait, ce premier volume suit un plan très traditionnel.

La première partie s’attache aux Mérovingiens en insistant particulièrement sur les importantes mutations culturelles, économiques et politiques de cette époque, véritable transition entre l’Antiquité et le Moyen Age, actuellement en pleine réhabilitation historiographique, mutations auxquelles tout un chapitre de «L’atelier de l’historien» sur la postérité des Mérovingiens fait écho. En abordant la construction politique du royaume franc sans envisager aussi précisément celles des royaumes burgonde ou wisigoth, à grand recours de cartes, un des points forts de la collection, le propos désigne clairement cette Histoire de France comme celle de l’État des Francs, et non pas celle d’un espace géographique. Le récit, tout en critiquant les chroniqueurs Mérovingiens, retrouve les accents de Lavisse lorsque les tribulations familiales mérovingiennes sont évoquées avec force arbres généalogiques des plus utiles.

La deuxième partie, consacrée aux Carolingiens, est avant tout l’histoire de fondations : fondation de la puissance carolingienne, fondation et démantèlement de l’empire de Charlemagne, débuts du royaume «de France» jusqu’au décès de Charles le Gros en 888 sous l’égide duquel l’empire carolingien est réuni une dernière fois. Si les structures matérielles ne sont pas oubliées, l’accent est mis, après les évènements politiques, sur les structures institutionnelles : le christianisme et l’aristocratie.

Ce volume est avant tout celui des racines multiples qui constituent, en l’espace de quatre siècles, la France, en fait la branche occidentale du royaume des Francs dont le souverain se réclame le roi jusqu’à Philippe II Auguste. La Gaule n’existe plus, la France pas encore. Entre les deux une construction politique a posé les bases de ce qui allait être les caractéristiques de la France médiévale : un roi appuyant son autorité sur une reconnaissance religieuse, et entouré d’une élite guerrière, serviteurs à la fidélité négociable, de plus en plus amenés à ne plus être seulement des guerriers mais aussi des «gouverneurs» territoriaux. Ce n’est pas la naissance d’une nation mais bien celle d’un État.


Hugues Marsat
( Mis en ligne le 19/04/2011 )
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