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Histoire & Sciences sociales  ->  Moyen-Age  
 

Ces moines du VIe siècle
Adalbert de Vogüé   Histoire littéraire du mouvement monastique dans l'antiquité - Tome 8, De la vie des Pères du Jura aux oeuvres de Césaire d'Arles (500-542)
Cerf - Patrimoines Christianisme 2003 /  59 € - 386.45 ffr. / 496 pages
ISBN : 2-204-07074-2
FORMAT : 15x24 cm

L'auteur du compte rendu : Historienne et journaliste, Jacqueline Martin-Bagnaudez est particulièrement sensibilisée aux questions d’histoire des religions et d’histoire des mentalités. Elle a publié (chez Desclée de Brouwer) des ouvrages d’initiation portant notamment sur le Moyen Age et sur l’histoire de l’art.
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Tous ceux qui, en France et à l’étranger, s’occupent de l’histoire du monachisme connaissent la somme à laquelle se consacre, depuis une quinzaine d’années (le premier volume a été publié en 1991) l’érudit de La Pierre qui Vire. Ce tome 8 du «Monachisme latin» s’intéresse aux textes rédigés au cours des quatre premières décennies du VIe siècle (500-542).

L’auteur les présente, autant que faire se peut, dans leur ordre chronologique de rédaction, depuis la Règle anonyme dite «Orientale» (parce qu’elle fait des emprunts à celle de l’égyptien Pachôme) jusqu’aux écrits destinés par l’évêque Césaire d’Arles à ses moines et moniales. La diversité des genres littéraires pallie des sources d’autant plus précieuses que rares : certains textes ne nous sont parvenus qu’à travers des manuscrits qui se comptent sur les doigts d’une main et les éditions critiques modernes manquent pour beaucoup d’entre eux. Cas extrême : celui de la Règle de l’abbé Eugippe, connue par un seul manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de Paris. Par chance, l’historien dispose, pour aller à la rencontre de ces moines du VIe siècle, de ceux qui ont organisé leur façon de vivre et de ceux qui l’ont décrite, de textes aussi divers que des vitae ‑ bien sûr apologétiques ‑ de Règles, de lettres et de sermons, et aussi de décisions conciliaires, ces dernières étant sans doute les plus faciles à dater.

La série que propose le P. de Vogüé avec ce volume (comme avec ceux qui l’ont précédé) se consacre à l’histoire de ces textes, dans une démarche qui s’annonce purement littéraire, mais qui va en fait bien au-delà. Car il s’agit de retrouver, grâce à des sources parfois très indirectes, l’auteur du texte étudié et son rôle, d’en analyser le contenu (souvent quelques citations, en traduction française, ponctuent ce travail), de le comparer à des écrits de même nature ou consacrés à un sujet identique. La réflexion sur l’histoire des textes, leur style, leur contenu, devient dès lors inséparable de l’étude des situations qu’ils rapportent, des recommandations qu’ils transmettent, des règles de vie qu’ils édictent. Par exemple, toute la partie consacrée à Césaire d’Arles est encadrée par quelques pages retraçant la carrière, monastique avant d’être épiscopale, du saint Arlésien, et soulignant l’originalité de la Règle rédigée pour les compagnes de sa sœur par rapport aux autres Règles féminines et aux Règles masculines.

Les spécialistes de ces périodes de l’Antiquité tardive apprécieront les pages consacrées à la Vie des Pères du Jura, le lien réaffirmé entre ce mouvement et la célèbre fondation d’Agaune, caractérisée par la psalmodie perpétuelle. Pas loin de 200 pages sont consacrées à la seule Règle du Maître, rédigée près de Rome peu après 525. On s’attendait à cette place de choix compte-tenu de l’ampleur du projet qu’elle expose, de la minutie de ses prescriptions, et surtout parce qu’elle constitue la source principale de celle que donnera saint Benoît au milieu du siècle.

Il va sans dire que ce volume, comme les autres de la série, ne s’adresse qu’à un public érudit, qu’il s’agisse d’historiens de la période, d’historiens des religions – notamment du monachisme ‑, de savants locaux, ou de linguistes désireux de replacer dans leur environnement des textes d’un abord parfois difficiles. Une fois de plus, A. de Vogüé donne à notre temps un ouvrage qui n’est pas près de trouver son remplaçant.


Jacqueline Martin-Bagnaudez
( Mis en ligne le 15/07/2004 )
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