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Histoire & Sciences sociales  ->  Moyen-Age  
 

Croisades : bienvenue à la réédition d’un classique
Joshua Prawer   Histoire du Royaume latin de Jérusalem
CNRS éditions 2007 /  30 € - 196.5 ffr. / 623 pages
ISBN : 978-2-271-06541-4
FORMAT : 14,0cm x 19,0cm

Traduction de Gérard Nahon.

L'auteur du compte rendu : Historienne et journaliste, Jacqueline Martin-Bagnaudez est particulièrement sensibilisée aux questions d’histoire des religions et d’histoire des mentalités. Elle a publié (chez Desclée de Brouwer) des ouvrages d’initiation portant notamment sur le Moyen Age et sur l’histoire de l’art.

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Que le CNRS ait jugé utile de redonner, en 2007, une nouvelle édition d’un ouvrage dont la première parution en France date de 1969 suffit à dire l’importance qu’eut ce livre dans une histoire qui, à cette date, commençait tout juste à se réécrire sur de nouvelles bases. Dans la lignée des Cahen, Richard et autres, l’historien israélien portait sur l’épisode des croisades un regard nouveau : il s’agissait de ne pas voir dans ce mouvement de l’Occident vers l’Orient – suivi d’une installation de deux siècles, malgré ses péripéties – une simple transposition de la situation sociale, économique et militaire vécue en Europe. Le sujet principal de cette savante étude, c’est ce qui se passe en Terre Sainte, et non pas à l’Ouest.

On ne s’étonnera pas non plus de la façon dont l’auteur souligne le rôle des Juifs dans cet épisode de l’histoire médiévale. Le chapitre IV du tome II est entièrement consacré à leur rôle dans le «Second Royaume» de Jérusalem, ainsi qu’un long développement à la fin du tome I. Un développement diachronique d’autant plus remarquable que l’étude, dans l’ensemble, est résolument chronologique, faisant preuve d’une grande maîtrise dans cette complexité d’événements, et donne une large place aux faits purement militaires. Sans doute, ici et là, des réflexions d’ordre religieux et politique, quelques notations d’histoire des mentalités, viennent-elles interrompre les récits. Ainsi, la 5e partie du 1er livre est une synthèse, nouvelle dans les années 60, de la politique et de la société latine en Orient au XIIe siècle. Encore convient-il d’apporter quelque nuance : l’importance accordée aux communes italiennes, et particulièrement la rivalité, transposée en Orient comme elle se marque ailleurs, entre Gènes et Venise a toute sa place ici.

Quant aux événements, pour J. Prawer, tout s’articule autour de la bataille de Hattin (1187) : avant, c’est le «Premier Royaume», tel que né de la Première Croisade, et les Latins (ici synonymes de chrétiens) connaissent leur meilleure période d’expansion ; après ce ne sera plus que défaites, reculades, pour le «Deuxième Royaume» né de la Troisième Croisade, jusqu’à l’évacuation de Saint-Jean d’Acre en 1291. Remarquons d’ailleurs que l’auteur s’appuie sur les repères, traditionnellement reçus depuis le XIXe siècle, qui divisent toute cette histoire en huit épisodes, tout en reconnaissant leur peu de signification réelle.

On reconnaîtra au fil des pages des évaluations et rectifications qui, aujourd’hui encore, ne sont pas toujours admises. Ainsi les remarques de J. Prawer sur le retentissement, finalement limité à la France, du sermon d’appel à la croisade, prêché par Urbain II au concile de Clermont. Ainsi la formulation des privilèges accordés aux croisés : elle remonte à Eugène III (pape de la Deuxième Croisade) et non à Urbain II. Etc.

La bibliographie, raisonnée, reste évidemment un monument d’érudition, mais elle garde la marque du moment où elle a été rassemblée. Quant à la forme éditoriale, l’érudition du propos ne pouvait que se traduire par un texte compact ; la liste des sujets traités introduit heureusement à chacun des chapitres. Les index (lieux et personnes) in fine concernent l’ensemble des deux volumes et les notes sont commodément placées en pied de pages. On pourrait regretter la transcription suivie pour les noms propres, qui n’est plus guère celle à laquelle on est habitué. Et si croquis et iconographie sont les bienvenus quant à leur signification et à leur localisation au cours de l’exposé, la qualité de leur reproduction, voire la façon dont ils sont légendés ne constituent pas le meilleur de cette édition. Ainsi va la loi du genre : reste que rééditer les études fondatrices reste un acte courageux et bienvenu.


Jacqueline Martin-Bagnaudez
( Mis en ligne le 06/11/2007 )
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