L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Lundi 28 septembre 2020
  
 
     
Le Livre
Histoire & Sciences sociales  ->  
Biographie
Science Politique
Sociologie / Economie
Historiographie
Témoignages et Sources Historiques
Géopolitique
Antiquité & préhistoire
Moyen-Age
Période Moderne
Période Contemporaine
Temps Présent
Histoire Générale
Poches
Dossiers thématiques
Entretiens
Portraits

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Histoire & Sciences sociales  ->  Moyen-Age  
 

Si je t’oublie, Jerusalem…
Thierry Delcourt   Les Croisades - La plus grande aventure du Moyen Âge
Nouveau monde 2007 /  39 € - 255.45 ffr. / 191 pages
ISBN : 978-2-84736-259-6
FORMAT : 21,5cm x 28,5cm

Préface de Jean Favier.

L'auteur du compte rendu: Gilles Ferragu est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris X – Nanterre et à l’IEP de Paris.

Imprimer

Assez largement utilisé – pour ne pas dire dévoyé – par le langage politique actuel, le terme de «croisade» est, comme le constate Jean Favier dans la préface au bel ouvrage de Thierry Delcourt, un mot «banal» (autre exemple du reste d’un terme médiéval devenu un mot passe-partout)… Si le mot a vieilli, l’idée demeure : celle d’un «pèlerinage armé» de «libération» d’un territoire sacré qui prend les allures d’une guerre de conquête. La perception des croisades est variable : vu d’Europe, il s’agit d’une épopée militaire répondant à l’invasion musulmane de l’Occident (entamée en 711 dans l’Espagne wisigothique), quand, en Orient, la croisade est perçue comme une conquête, voire les prémices du colonialisme. Vision simpliste certes, mais qui témoigne au moins d’une charge émotionnelle persistante de cette aventure.

Assurément, ce n’est pas ce point de vue qui a guidé Thierry Delcourt, conservateur des manuscrits à la Bibliothèque nationale de France, mais bien plutôt celui de proposer un ouvrage clair, lisible, très didactique, sur une histoire complexe et débattue. Et le résultat est à la hauteur des attentes du public amateur d’histoire, plutôt réussi. Présentation impeccable, où l’image et le texte se répartissent de manière équilibrée dans la page, iconographie variée (reproduction de manuscrits, tableaux de genre du XIXe siècles, vitraux, cartes, photographies de sites, éléments de numismatique et de sigillographie…), une iconographie qui puise largement aux sources occidentales, mais qui sait également trouver, dans les manuscrits orientaux, l’illustration adéquate. Et le texte est, à l’aune des illustrations, tout à fait éclairant : souci des anecdotes, extraits de documents et de chroniques d’époque, présentation des principaux acteurs. Les annexes sont également précieuses : chronologie, index, bibliographie (à laquelle, étonnamment, il manque le Saint Louis de Jacques Le Goff) de quoi satisfaire une curiosité aiguisée par ce bel ouvrage. Du concile de Clermont en 1095, prélude à la première croisade, jusqu’à la mort de Saint Louis qui clôt la huitième croisade, cette histoire séculaire est retracée avec efficacité.

Du reste, le passage en Terre sainte n’est pas la seule croisade envisagée : la Reconquista, ou reconquête de la péninsule ibérique par les rois catholiques, qui s’achève au XVe siècle, ou encore la croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle, voire, dans un encart hélas trop succinct, les croisades des chevaliers teutoniques… la croisade est une pratique qui s’impose dans les rapports entre une Eglise en quête d’orthodoxie et d’une catharsis orientale et des Etats sensibles aux diverses dimensions (politique, économique et sociale) du passage en Terre sainte. Car elle comporte bien évidemment des aspects économiques intéressants, et fournit à nombre de cadets et autres chevaliers désœuvrés, une opportunité à saisir. Plus qu’une forme de guerre légitimée par la croyance religieuse, il s’agit d’une entreprise en soi.

Même la mémoire des croisades est envisagée : tout d’abord en évoquant un «esprit de croisade» persistant, qui trouve un énième écho lors de la victoire de Lépante, et évidemment dans les croisades «modernes» : contre le terrorisme, contre le bolchevisme, contre le Mal… Un thème (et un terme) décliné jusqu’à la nausée, notamment dans la propagande politique, pour légitimer des conflits souvent idéologiques.

Au final, un ouvrage à offrir aux amateurs d’histoires, qui pourront à loisir se plonger dans cette fresque militaire et y retrouveront le souffle d’une aventure de deux siècles, et d’un conflit qui garde une charge forte dans nos sociétés, un élément important pour cette mémoire à la fois orientale et occidentale si complexe à mettre en œuvre de manière pacifiée.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 13/11/2007 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Histoire du Royaume latin de Jérusalem
       de Joshua Prawer
  • Un croisé contre Saladin. Renaud de Châtillon
       de Pierre Aubé
  • Saladin, le Sultan chevalier
       de Jean-Michel Mouton
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2020
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd