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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Moderne  
 

Faire voir pour faire croire
Olivier Christin   Confesser sa foi - Conflits confessionnels et identités religieuses dans l'Europe moderne. XVIe-XVIIe siècles
Champ Vallon - Epoques 2009 /  23 € - 150.65 ffr. / 210 pages
ISBN : 978-2-87673-502-6
FORMAT : 15,5cm x 24cm

L’auteur du compte rendu : Matthieu Lahaye, professeur agrégé d’histoire, rédige une thèse consacrée au fils de Louis XIV à l’Université Paris-VIII.
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Olivier Christin, fin connaisseur des questions religieuses au XVIe siècle, ne nous offre pas dans cet ouvrage une énième histoire de la Réforme agrémentée d’images purement illustratives. Son pari va bien au-delà. Il décide en effet de considérer gravures et peintures comme des acteurs majeurs du jeu social au même titre que les facteurs économiques, théologiques ou politiques. Il entend ainsi comprendre leur rôle dans l’approfondissement de la division religieuse entre catholiques et protestants après 1540.

Les modifications des usages de l’image s’expliquent par les changements intervenus dans le débat intellectuel grâce à l’invention de l’imprimerie. Ce «grand multiplicateur», selon les mots de Pierre Chaunu, a permis en effet de diffuser images et écrits au-delà des cercles restreints de la République des lettres. L’image fut dès lors pensée et construite comme un discours visant non seulement à convaincre de la foi juste auprès d’un public élargi, mais aussi à construire des identités religieuses.

Plus surprenant peut-être, cette colonisation des imaginaires par l’image existait aussi bien du côté catholique que protestant, en dépit de la suspicion de ces derniers à l’égard des représentations. La diffusion des portraits des principaux réformateurs après leur mort dans l’Europe entière n’est pas le plus déroutant des paradoxes si elle ne s’expliquait par l’importance des images au cœur des sociétés de la Renaissance.

Les images, selon l’auteur, ne sont donc pas les «simples miroirs de la personnalité ou des vecteurs efficaces d’un discours extérieurs à elles». Contre l’idée traditionnelle de propagande venue du haut, Olivier Christin préfère comprendre en quoi elles sont des produits et des enjeux des luttes sociales. En effet, elles étaient souvent pour les chrétiens un moyen de s’approprier leur foi. Certains catholiques peuplaient ainsi leur chambre de portraits de la Vierge jusque sur leurs lits comme un rempart aux tentations peccamineuses.

Seul le contexte politique troublé et violent a réussi à transformer cette expression de la religion personnelle en une véritable identité de foi capable de séparer les catholiques et les protestants. À l’idée d’une cassure nette entre les deux traditions du christianisme, il faut plutôt envisager cette première moitié du XVIe siècle comme une séparation lente.

Ce livre ne peut et ne doit passer inaperçu car il modifie non seulement notre regard sur les sociétés de la première modernité, mais nous met en garde contre la tentation de considérer les images comme de simples vecteurs de la manipulation des peuples.


Matthieu Lahaye
( Mis en ligne le 12/05/2009 )
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