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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Moderne  
 

Vie d'un concierge
Arlette Lebigre   Moi, Barthélémy Dumont, geôlier de la Conciergerie - (1608-1625)
Perrin 2009 /  13 € - 85.15 ffr. / 119 pages
ISBN : 978-2-262-01279-3
FORMAT : 12cm x 21cm

L'auteur du compte rendu : Françoise Hildesheimer, conservateur en chef aux Archives nationales, est professeur associé à l'université de Paris I. Elle a notamment publié Fléaux et société. De la Grande Peste au choléra. XIVe-XIXe siècles (Hachette, 1999), un Richelieu chez Flammarion (2004) et plus récemment La Double mort du roi Louis XIII (Flammarion, 2007).
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En notre XXIe siècle où la question des prisons fait souvent la une des journaux d’informations, il est opportun de rappeler son arrière-plan historique. C’est sous la forme de mémoires apocryphes que le fait l’historienne du droit Arlette Lebigre, donnant la parole à l’un des geôliers de la Conciergerie, un certain Barthélemy Dumont qui exerça ses fonctions dans la première moitié du XVIIe siècle durant dix-huit années, et en côtoya ainsi de fort près l’actualité judiciaire.

À l’époque, on ne parle ni de gardiens, ni de surveillants, termes que nous devons au XIXe siècle, mais de concierges, geôliers, guichetiers ou encore porte-clés et morgueurs, et la prison n’est pas une peine, mais essentiellement le moyen de s’assurer de la personne des prévenus avant leur comparution devant la justice.

La prison de la Conciergerie, essentiellement connue du grand public pour avoir renfermé Marie-Antoinette, est fort représentée dans les archives du Parlement de Paris, cour de justice dont elle accueille les prisonniers qui y viennent en appel de tout le royaume. Son concierge en est le personnage le plus important (au point de lui avoir donné son nom) ; à l’époque moderne, son statut relève à la fois de la fonction publique et du privé : il représente l’autorité royale comme officier et assure la gestion économique de la prison. Effectuant les dépenses nécessaires et en percevant les revenus, il se transforme, avec toute sa famille, en véritable hôtelier-restaurateur, réglant les conditions de vie des prisonniers enfermés dans des conditions qui ont tout pour faciliter les évasions (et, ajoutons-le, la propagation des épidémies).

Cependant, ce même geôlier est responsable sur sa personne de la garde des prisonniers dont la surveillance est malgré tout la première de ses tâches. Lorsqu’une évasion a lieu, c’est lui qui est le premier mis en cause par le Parlement. C’est d’ailleurs une telle mésaventure qui fut fatale à Barthélemy Dumont en 1625.

Outre la vie quotidienne haute en couleurs de la prison marquée par les incessant allés et venus de prisonniers, de visiteurs, de fournisseurs…, c’est pour le lecteur de ces «mémoires» écrits d’une plume allègue l’occasion de s’initier par le bout de la lorgnette carcérale aux grandes affaires du temps et à leurs conclusions judiciaires : les procès de Ravaillac, l’assassin de Henri IV, et de Léonora Galigaï, la favorite déchue de Marie de Médicis, et d’assister aux premières loges au grand incendie du Palais en 1618.

L’itinéraire personnel de Barthélemy Dumont apparaît bien comme l’un des fils d’un écheveau de destins individuels qui se croisent un temps à l’ombre de la Conciergerie. Destins familiaux également, puisque ses fils Nicolas et Étienne, élevés dans la prison même où ils furent d’abord guichetiers, seront ses successeurs et que son beau-frère était lui-même concierge du Grand-Châtelet…


Françoise Hildesheimer
( Mis en ligne le 12/05/2009 )
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