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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Moderne  
 

Louis XIII créateur de Versailles
Jean-Claude Le Guillou   Versailles avant Versailles - Au temps de Louis XIII
Perrin - Pour l'Histoire 2011 /  23,50 € - 153.93 ffr. / 397 pages
ISBN : 978-2-262-03065-0
FORMAT : 14cm x 21cm

L'auteur du compte rendu : Alexandre Maral, archiviste paléographe, docteur de l’université de Paris IV, est conservateur en chef au château de Versailles. Il a publié en dernier lieu Madame de Maintenon dans l’ombre du roi-soleil (Belin, 2011).
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Les études sur le Versailles d’Ancien Régime sont abondantes, mais, en dehors de la remarquable thèse de Vincent Maroteaux (Versailles, le roi et son domaine, Établissement public de Versailles et Picard, 2000), peu nombreuses à prendre en compte la période qui précède Louis XIV. C’est cette lacune historiographique que l’ouvrage de Jean-Claude Le Guillou entend réparer.

En remontant au Ve siècle, le premier chapitre évoque même les origines les plus lointaines du site, une exploitation agricole incorporée au domaine déjà royal de la villa de Novigentum. En 1623-1624, Louis XIII fit édifier une première résidence de plaisance : au sommet d’une butte, elle était située sur le territoire de la seigneurie du prieuré de Saint-Julien de Versailles, un fief ecclésiastique ne relevant d’aucun suzerain. J.-C. Le Guillou suppose que l’architecte retenu pour cette demeure fut Pierre Le Muet. Son aménagement intérieur est révélé par l’inventaire qui en fut dressé en 1630, dans le cadre de la succession du concierge des lieux : connu et édité depuis 1906 par Emile Couärd, ce précieux document permet de comprendre qu’il s’agit d’une authentique demeure royale, pourvue de logements à l’usage des principaux officiers de la Maison du roi. C’est cette demeure qui fut le théâtre d’un des épisodes de la fameuse journée des Dupes (11 novembre 1630), au cours de laquelle la position du cardinal de Richelieu fut définitivement confirmée.

Les années 1631-1632 furent déterminantes : Louis XIII décida d’intégrer Versailles au nouveau dispositif des résidences du pouvoir qui, à l’ouest de la capitale, signifiait une première prise de distance au regard du Louvre et de Paris. La seigneurie de Versailles fut acquise en avril 1632, puis le petit château reconstruit, au même emplacement mais selon des proportions plus grandes, par les soins de l’architecte Philibert Le Roy. C’est le célèbre «château de cartes» (Saint-Simon) dont l’architecture, «aux trois crayons» (André Chastel), était passablement désuète, mais que Louis XIV tint à conserver. Dès 1634, ce nouveau château accueillit des diplomates en visite – c’est ainsi que le nonce Mazarin y fut reçu en 1641 – et, en 1639, il était recommandé à l’attention des voyageurs de passage à Paris, ancêtres de nos modernes touristes.

Dans l’esprit de l’étude d’Emmanuel Le Roy Ladurie sur le village occitan de Montaillou, le sixième chapitre de l’ouvrage de Le Guillou retrace la vie quotidienne des petites gens de ce Versailles pré-louisquatorzien : école, marché, auberges, commerces, etc. Le livre se clôt sur l’évocation des premiers travaux de Louis XIV, pour la plupart bien connus. En 1674, la seigneurie du prieuré fut définitivement dissoute et une nouvelle paroisse fut érigée, dont la desserte fut confiée à une communauté de Lazaristes, ce qui n’empêcha pas ces derniers de réclamer, encore en 1709, d’être indemnisés pour la perte de cette seigneurie.

Par son information foisonnante, d’un caractère parfois touffu, ce livre vient heureusement apporter un éclairage nouveau sur un sujet resté injustement méconnu : il s’achève sur la mention de plusieurs pans d’un patrimoine matériel que l’on pourrait qualifier de «préhistorique», découverts dans le cadre des récents travaux d’aménagements du site.


Alexandre Maral
( Mis en ligne le 01/11/2011 )
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