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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Moderne  
 

Le choc des puissances
Alessandro Barbero   La Bataille des trois empires. Lépante, 1571
Flammarion - Champs 2014 /  14 € - 91.7 ffr. / 988 pages
ISBN : 978-2-08-128962-8
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication française en août 2012 (Flammarion - Au fil de l'histoire)

Patricia Farazzi (Traducteur)

Michel Valensi (Traducteur)

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Professeur d’histoire à l’université du Piémont-Oriental de Vercelli et fin connaisseur d’histoire militaire, Alessandro Barbaro est notamment l’auteur de Waterloo (2005), du Jour des barbares (2006) et d’une Histoire des croisades (2010).

Il a dernièrement consacré un ouvrage d’une extrême érudition (aujourd'hui en format poche - Champs Flammarion) sur la célèbre bataille navale de Lépante, qui au large des côtes grecques dans le golfe de Lépante mit aux prises l’Empire ottoman face aux galères coalisées de Venise, de l’Espagne et du Saint-Siège.

Cette bataille, qui eut lieu le 7 octobre 1571, fut capitale à bien des égards pour la chrétienté. Pour l’historien italien, il s’agit même de la plus importante bataille navale de l’histoire moderne. D’après Alessandro Barbero, ce n’était en aucun cas un «choc des civilisations» à la Samuel Huntington, mais plutôt l’aboutissement de deux ans de vives luttes, d’espionnage, d’ambitions effrénées, de choc des pouvoirs.

L’ouvrage de l’universitaire italien permet de découvrir la réalité des mondes chrétien et ottoman de la fin du seizième siècle. Aussi le lecteur se plonge-t-il dans l’univers impitoyable de la marine de guerre de l’époque, du financement et de la construction des galères. A cet égard, le statut des ouvriers du côté chrétien était très avantageux, alors que du côté ottomans les ouvriers étaient payés à la tâche.

Au fil des pages, le lecteur apprend que le sultan - «l’ombre de dieu sur terre» - était entouré de conseillers qui pour certains d’entre eux étaient d’origine vénitienne. En effet, les Ottomans pratiquaient fréquemment dans leurs territoires le rapt de jeunes garçons. Les plus brillants d’entre eux recevaient une éducation de bon niveau. Ils conseillaient ensuite le sultan, un peu à la façon de hauts fonctionnaires.

C’est l’ambassadeur de Venise auprès de l’Empire Ottoman qui d’une certaine façon mit le feu aux poudres. En effet, il informa le gouvernement de la Sérénissime république par des dépêches alarmistes sur le réarmement de l’Empire ottoman, qui mettaient plusieurs mois pour parvenir jusqu’à Venise. Alors que la paix régnait, en 1569, l’ambassadeur vénitien eut l’impression que le nouveau maître de la Sublime Porte préparait la guerre. Les incertitudes étaient néanmoins nombreuses.

La difficulté était de savoir si les Ottomans voulaient reprendre Chypre ou porter secours aux Morisques d’Espagne. Il paraissait à l’époque peu crédible, que le nouveau sultan - qui aimait tant les plaisirs et les femmes - se lance dans une aventure militaire, par définition immanquablement aléatoire. Le nouveau sultan était tenu par les Occidentaux pour un ivrogne, éloigné de toute velléité guerrière. D’un autre côté, le nouveau sultan devait se lancer dans une aventure militaire d’envergure pour affermir son pouvoir dans son Empire.

Commerçant avec les Turcs, Venise peinait à saisir l’intérêt d’une telle conflagration militaire avec la Sublime Porte. Toutefois, le 28 mars 1570, le sultan somma la cité italienne de lui livrer Chypre. C’est ainsi que débuta la marche à la guerre. Du côté des Chrétiens, si le roi d’Espagne Philippe II était prêt à guerroyer, Venise est nettement plus réticente. Finalement, Pie V convainquit l’Espagne et Venise d’unir leurs forces contre l’ennemi turc.

Les autres puissances européennes n’y prirent pas part, étant déjà pleinement occupées par la lutte sans merci qui opposait les Catholiques et les Protestants en de nombreux points du continent. La bataille eut cependant lieu et ce fut un franc succès pour les Chrétiens coalisés. Sur les plans politique et militaire, la bataille de Lépante eut un impact tout à fait considérable. Elle contribua également à affaiblir les Ottomans.

Toutefois, et c’est là un des apports majeurs de cette étude d’excellente facture, le professeur Alessandro Barbero relativise quelque peu l’importance historique de Lépante, laquelle tient surtout à son énorme impact émotif et à la propagande qui s’ensuivit du côté de la chrétienté.

Bref, un très bon livre, extrêmement complet et fort agréable à lire, qui dépasse le cadre de la seule bataille de Lépante et permet de redécouvrir deux civilisations à la fois différentes et concurrentes.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 25/02/2014 )
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