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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Moderne  
 

Le maître de Subleyras
Jean Penent   Antoine Rivalz - 1667-1735. Le Romain de Toulouse
Somogy 2004 /  50 € - 327.5 ffr. / 331 pages
ISBN : 2-85056-819-8
FORMAT : 26x30 cm

L'auteur du compte rendu : Archiviste-paléographe, docteur de l'université de Paris-I-Sorbonne, Thierry Sarmant est conservateur en chef du patrimoine au Service historique de l'armée de Terre. Il prépare, sous la direction du professeur Daniel Roche, une habilitation à diriger des recherches consacrée à "Louis XIV et ses ministres, 1661-1715". Il a publié une vingtaine d'articles sur l'histoire politique et culturelle de la France moderne et contemporaine et six ouvrages dont Les Demeures du Soleil : Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi (2003)et La Roumanie dans la Grande Guerre et l'effondrement de l'armée russe (1999).
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Dans les manuels d’histoire de l’art, la génération intermédiaire entre le siècle de Louis XIV et celui de Louis XV fait souvent figure de sacrifiée. Il en va de même des artistes provinciaux, éclipsés en tout temps par leurs heureux collègues de Paris. C’est ainsi qu’en général Antoine Rivalz, doublement victime de sa naissance tardive et de sa carrière méridionale, doit se contenter, dans les histoires de la peinture, de quelques lignes et de modestes vignettes en noir et blanc.

Le Romain de Toulouse, qui offre à la fois une biographie du peintre et un catalogue raisonné de son œuvre, répare ce qui apparaît comme une injustice au vu des dessins et des tableaux reproduits. Fils et élève du peintre Jean-Pierre Rivalz, Antoine a vécu à Rome de 1690 à 1700, avant de devenir le peintre officiel des capitouls de sa ville natale, et il a accumulé trente années durant les commandes comme peintre d’histoire, comme peintre d’église et comme portraitiste.

Dans ses tableaux d’histoire, frappent la puissance du dessin et de la composition, la force des couleurs, le goût du clair-obscur. Ces qualités se révèlent dès le séjour à Rome, dans le Martyre de saint Barthélemy ou le Sac de Troie. Elles éclatent après le retour en France, quand Rivalz peint ses grands tableaux pour la Galerie de l’hôtel de Ville : Sostrate, roi de Macédoine, fait prisonnier par les Tectosages (1702), Litorius vaincu par Théodoric (1705), Raymond de Saint-Gilles recevant la tunique de croisé du pape Urbain II (1706), la Fondation d’Ancyre par les Tectosages (1723). C’est l’époque des miniatures pour les Annales de Toulouse et des portraits commandés par les capitouls ou les conseillers au Parlement de Toulouse. La carrière du peintre est couronnée en 1726 par la création d’une «école académique de dessin», institutionnalisation de l’atelier où Rivalz accueille de nombreux élèves, dont le plus célèbre est Pierre Subleyras.

Portraitistes et peintre d’église, Rivalz livre une production extrêmement inégale, et son cas illustre fort bien le fait que la peinture est une industrie et un commerce autant qu’un art. Ses commanditaires en ont, strictement, pour leur argent. Les chefs-d’œuvre – comme les autoportraits, les portraits d’artistes ou Urbain II consacrant Saint-Sernin de Toulouse (1714) – voisinent avec de véritables croûtes, issues des plus médiocres élèves de l’atelier du maître. Jean Penent relève ainsi que les capitouls sont plus ou moins bien «traités» selon le quartier de la ville auquel ils appartiennent… ceux de Saint-Sernin, le quartier de Rivalz, étant les mieux soignés !

Il n’en reste pas moins qu’avec cette luxueuse monographie c’est bien un «grand peintre méconnu» qui nous est révélé.


Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 22/04/2005 )
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