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L’entrée du temps dans l’art
Philippe Beaussant   Passages. De la Renaissance au Baroque - Avec 1 CD audio
Fayard 2006 /  20 € - 131 ffr. / 232 pages
ISBN : 2-213-63361-4
FORMAT : 13,5cm x 21,5cm

L'auteur du compte rendu : Emmanuel Bain est agrégé d’histoire ; il est actuellement allocataire-moniteur à l’Université de Nice Sophia-Antipolis, où il prépare une thèse en histoire médiévale sur «les fondements bibliques du discours ecclésiastique sur riches et pauvres aux XII-XIIIe siècles».
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Je ne peins pas l’estre, je peins le passage». C’est cette citation qui a donné son titre au dernier ouvrage de Philippe Beaussant, célèbre musicologue spécialiste du Baroque. Ce titre est triplement justifié. D’abord ce livre entend décrire le passage de la Renaissance au Baroque. Ainsi chaque chapitre commence par une description rapide – aux traits un peu forcés, au risque d’en être une peu caricaturale – de l’art renaissant pour montrer en quoi les différents artistes de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle ont rompu avec ces pratiques et ces conceptions artistiques.

Mais surtout Ph. Beaussant définit le Baroque comme l’art du passage. Non un art de transition, sans valeur pour lui-même ; l’auteur s’élève d’ailleurs vivement, et à juste titre, contre une telle conception : «Tout artiste est un «passage», même si chaque tableau et chaque instant de musique est unique» (p.213). Le Baroque est un art du passage en ce sens qu’il fait entrer dans l’art le temps et le mouvement, là où l’art renaissant visait l’immobilité de l’éternité. Cette pénétration a lieu dans la peinture de Tintoret par le motif de la spirale qui incarne ce mouvement, dans celle du Caravage par la lutte de l’ombre et de la lumière, dans la musique de Monteverdi par l’attention aux mots qui tend à transformer la musique en théâtre d’émotions, dans l’écriture du Tasse par la transformation de l’épopée en tragédie.

Enfin, comme le montre cette énumération, Ph. Beaussant vise à établir des passages entre les différents arts, convaincu que les grands artistes d’une époque se rejoignent comme les lignes de fuite d’un tableau : «L’un des aspects les plus passionnants de l’histoire des arts est bien de débusquer à tout moment les liens, les affinités qui naissent ici et là, comme si les peintres, les musiciens, les poètes se donnaient le mot, se glissaient leurs idées, ou se les chipaient» (p.132).

Sa démarche, pour montrer ces triples passages, consiste à s’appuyer sur seulement quelques œuvres d’un nombre d’artistes réduit : du Tintoret, principalement Le Miracle de l’esclave, La Présentation de la Vierge au Temple, et La Montée au Calvaire (Chap. 1) ; de Monteverdi quelques madrigaux et Il Combattimento di Tancredi e Clorinda (Chap. 2 et 5) ; de Véronèse avant tout Les Noces de Cana (Chap. 3) ; du Tasse, essentiellement les derniers passages de La Jérusalem délivrée (Chap. 4) ; du Caravage enfin surtout La Vocation de saint Mathieu et La Conversion de saint Paul (Chap. 6). Cette méthode constitue probablement l’intérêt majeur de l’ouvrage. En effet elle permet d’abord de rendre les œuvres disponibles, par des reproductions des peintures et un CD de musiques commentées, et surtout de fonder le discours sur quelques analyses précises, qui viennent étayer une thèse très générale.

Ces études ponctuelles s’avèrent souvent stimulantes, évoquant parfois le style des études de D. Arasse. Et l’auteur a toujours eu le souci d’intégrer ces analyses ponctuelles dans un cadre très synthétique. C’est d’une lecture très facile, peut-être trop : le style oral finit par peser. Ce n’est pas non plus un livre d’érudition, mais il aurait tout de même été souhaitable qu’il le fût un peu plus : la synthèse nécessite certes des simplifications, mais à trop simplifier le propos perd sa pertinence. Si la démarche et les idées s’avèrent donc intéressantes, la réalisation n’est pas exempte de tous reproches, et nous pouvons regretter qu’il n’y ait pas plus d’érudition pour étayer la thèse.


Emmanuel Bain
( Mis en ligne le 18/12/2006 )
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