L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Jeudi 17 octobre 2019
  
 
     
Le Livre
Histoire & Sciences sociales  ->  
Biographie
Science Politique
Sociologie / Economie
Historiographie
Témoignages et Sources Historiques
Géopolitique
Antiquité & préhistoire
Moyen-Age
Période Moderne
Période Contemporaine
Temps Présent
Histoire Générale
Poches
Dossiers thématiques
Entretiens
Portraits

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Histoire & Sciences sociales  ->  Période Moderne  
 

Désaccord général sur les tarifs douaniers et le commerce
François Crouzet   La Guerre économique franco-anglaise au XVIIIe siècle
Fayard 2008 /  29 € - 189.95 ffr. / 424 pages
ISBN : 978-2-213-63601-6
FORMAT : 15,5cm x 23,5cm

L'auteur du compte-rendu : Hugues Marsat est agrégé d'histoire. Enseignant dans le secondaire, il mène parallèlement des recherches sur le protestantisme aux XVIe-XVIIe siècles.
Imprimer

Les chiffres ont un temps fasciné les historiens, principalement les démographes mais pas seulement eux, mais les modes et les approches changent, conduisant à une histoire culturelle ou à un renouveau de l’histoire politique. Aussi le dernier livre de François Crouzet, éminent spécialiste de l’Angleterre hanovrienne et économiste, détonne-t-il quelque peu, moins par son sujet, la dimension économique de la rivalité opposant France et Angleterre au XVIIIe siècle, que par le traitement de celui-ci : l’utilisation exclusive des statistiques douanières publiées par les deux pays.

La Guerre économique franco-anglaise au XVIIIe siècle est donc à prendre d’abord dans le sens d’une guerre commerciale, non pas tant pour le contrôle des routes de navigation – la guerre proprement dite n’est évoquée ici que pour expliquer les fluctuations des échanges, à la seule exception du chapitre XIII qui étudie les conditions du commerce en temps de guerre – mais pour la possession des monopoles commerciaux. Encore faut-il rappeler qu’à cette époque, la théorie économique, marquée par le mercantilisme, spécule sur un volume fixe du commerce avec en arrière-pensée la hantise de voir les industries nationales s’effondrer à cause des importations, d’où la rivalité acharnée pour s’attribuer une part importante du commerce, d’où l’application de principes protectionnistes et de monopoles, de marchés captifs, notamment entre une métropole et ses colonies.

Or le siècle des Lumières est aussi celui d’une intensification de la colonisation par les deux puissances européennes principalement, un siècle de forte croissance commerciale (2,3 % par an pour les exportations françaises entre 1716 et 1789). La rivalité ne porte donc pas seulement sur les seuls échanges, légaux ou non, entre la France et l’Angleterre mais aussi sur le commerce de produit mondiaux, dont l’un, le sucre, voit triompher la production des Antilles françaises, réexportée dans toute l’Europe (chapitre III), le sucre anglais étant, il est vrai, en grande partie absorbé par la population des îles britanniques.

A l’exception des chapitres consacrés au sucre et à la traite des esclaves (chapitre XI), la méthode rigoureuse suivie par François Crouzet consiste à une déclinaison des différents espaces commerciaux, de l’Europe du Nord (chapitre IV) aux Indes orientales (chapitre XII), en passant par les espaces ibériques (chapitres V et VI), le Levant (chapitre VIII) et l’Amérique (chapitre X), pour lesquels sont comparées, décortiquées et analysées les données statistiques des deux pays.

Une méthode rigoureuse – un premier chapitre se livre à une critique des sources - mais ô combien aride, ce dont l’auteur prend soin de s’excuser à demi-mot dans son introduction. La richesse des données et des analyses fournies par La Guerre économique au XVIIIe siècle l’excusera sans peine, mais il est plus difficile au lecteur de pardonner la sécheresse du ton, qui donne parfois à penser que l’ouvrage a été conçu comme une succession d’articles scientifiques, mais aussi l’aspect un peu horrible de la froide comptabilité lorsque la traite est évoquée. Il ne faut cependant pas s’en émouvoir outre-mesure, car une telle somme de travail se veut d’abord un outil pour les chercheurs, même s’il a dû concéder l’appareil critique de mise en repoussant les notes en fin de volume.


Hugues Marsat
( Mis en ligne le 18/06/2008 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2019
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd