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Mémoire juive et nationalité allemande
Jacques Ehrenfreund   Mémoire juive et nationalité allemande - Les Juifs berlinois à la Belle Époque
PUF - Perspectives germaniques 2001 /  22.6 € - 148.03 ffr. / 285 pages
ISBN : 2-13-050756-5
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La destruction des Juifs allemands, leur rejet en dehors du corps germanique inclinent naturellement à examiner l’évolution de leur communauté, depuis le XVIIIe siècle, comme une préhistoire de la Shoah. Le mérite de ce livre est de montrer, au contraire, la force de l’intégration des Israélites dans la société allemande du XIXe et du commencement du XXe siècle en même temps que son originalité, en prenant pour objet d’étude Berlin, où se concentrait le tiers des Juifs du second Reich.

À l’époque wilhelmienne, les Juifs allemands forment une communauté moderne, puissante, dont l’acculturation germanique est incontestable, mais qui demeure consciente d’elle-même et fière de son héritage propre. Elle s’intègre à la bourgeoisie allemande sans se fondre en elle : les conversions et les mariages mixtes sont rares. La communauté s’organise autour d’un travail de mémoire « à l’allemande », qui crée ses services d’archives, ses musées, ses comités scientifiques, ses publications. Cette mémoire savante doit se substituer à la tradition orale et au respect des rites anciens pour assurer la pérennité du groupe. L’émancipation des Juifs et l’apport des Lumières sont au centre de la commémoration, avec la figure symbolique du philosophe Moses Mendelssohn, « second Moïse », initiateur du mouvement de regénération. Les juifs allemands se revendiquent comme un Volkstamm, une souche nationale, constitutive et inséparable du Volk allemand.

La comparaison avec les Juifs français est éclairante : ici, la nation intègre des individus, là-bas, elle absorbe la communauté entière. Le républicanisme français admet l’égalité totale des individus mais au prix d’un renoncement à leur identité (p. 252). C’est un autre modèle d’intégration. Les intéressés en sont conscients, comme en témoigne leur fascination pour le Moyen Age arabo-andalou, âge d’or supposé de tolérance et de cohabitation pacifique entre communautés et religions (p. 105, 157).

Malgré l’intérêt du propos, l’ouvrage n’est pas exempt des tares de la production universitaire française contemporaine : penchant excessif pour l’abstraction, caractère trop allusif de certains passages, insertion de citations étrangères non traduites, etc. Pour qui surmontera ces obstacles, Mémoires juives et identité allemande sera cependant un livre précieux et riche en réflexions utiles pour le débat actuel sur l’identité française.


Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 19/08/2001 )
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