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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

Naissance du nouveau monde
Marc Ferro   La Faucille et le drapeau - Le XIXe siècle
Plon 2011 /  17 € - 111.35 ffr. / 202 pages
ISBN : 978-2-259-20509-2
FORMAT : 14cm x 22,4cm
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A la hiérarchie des rangs succède la hiérarchie des fortunes». C’est ainsi que Chateaubriand a naguère traduit la nature de la profonde mutation qui marqua les sociétés après la fin du Premier Empire en 1815 et qui se poursuivit tout au long du XIXe siècle. Certes lapidaire, la formule n’en est pas moins éloquente car elle met en lumière les raisons majeures de ce retournement. La Révolution française et l’Empire sapèrent les cadres et les fondements-mêmes de la société d’ancien régime. La tendance à l’apparition d’une société nouvelle sera renforcée par la révolution industrielle, laquelle démarra outre-Manche avant de se répandre et de se développer sur l’ensemble du continent.

C’est cette métamorphose de la plupart des sociétés occidentales que Marc Ferro traite dans son dernier ouvrage intitulé La Faucille et le drapeau. Le XIXe siècle, paru aux éditions Plon. Dans ce livre, l’auteur replace l’histoire de France dans un vaste panorama des grandes puissances mondiales. La démarche de M. Ferro est donc très clairement comparatiste. Par ce biais, il vise à faire comprendre au lecteur les enjeux majeurs du XIXe siècle et son influence sur notre société actuelle.

D’aucuns se sont épanchés sur la naissance de ce que Marc Ferro appelle la «société d’argent, portée par la montée en puissance de la bourgeoisie et du capitalisme» et dans laquelle «ce sont les vicissitudes du commerce qui règlent désormais les destinées du monde moderne» (Émile de Girardin). Ce que Musset déplora en se remémorant les prodiges réalisés sous l’Empire : «pendant les guerres de l’Empire, écrit-il, les mères inquiètes avaient mis au monde une génération ardente et nerveuse… Et soudain, s’assit sur un monde en ruine une jeunesse soucieuse. Ils avaient rêvé pendant quinze ans des neiges de Moscou et du soleil des Pyramides. On les avait trempés dans le mépris de la vie, comme de jeunes épées. Condamnés au repos par des souverains du monde entier, livrés à l’oisiveté et à l’ennui, ces gladiateurs frappés d’huile se sentaient au fond de l’âme une misère insupportable». D’après M. Ferro, l’individualisme romantique né du désenchantement consécutif à la chute du Premier Empire a favorisé les aspirations à une politique libérale.

Tout se nationalisa alors, y compris la musique et la médecine. Le monde de la technique et la révolution industrielle contribuèrent à faire évoluer les concepts traditionnels, comme celui de nation notamment. S’agissant plus spécialement de l’industrialisation, c’est la Grande-Bretagne qui lança le véritable «take off» (le décollage). L’Europe continentale ne fit que suivre la voie tracée par les Britanniques. A cet égard, contrairement à ce qui est très fréquemment affirmé, Napoléon III joua un grand rôle dans l’industrialisation de la France.

Le monde paysan quant à lui subit une profonde mutation. Les paysans abandonnèrent progressivement la faucille pour le marteau et devinrent des ouvriers après s’être rapprochés des villes. La lutte des classes est annoncée notamment avec la montée en puissance de la question sociale et la répression souvent sévère. La générosité sentimentale des romantiques, explique M. Ferro, les a conduits à donner une place plus éminente aux préoccupations d’ordre social. Mais le nationalisme finira par prendre l’avantage sur la lutte des classes par le biais des mouvements d’indépendance et d’unité nationale : en 1914, mobilisant l’énergie de chaque peuple en son entier, le drapeau l’emporta.

Au final, observe Marc Ferro, trois mouvements façonnèrent le monde au XIXe siècle : un «élargissement» à l’Amérique et aux Balkans qui se trouvent désormais au cœur de l’Histoire, une «concentration» grandissante par le truchement d’Etats, de cartels et de trusts tout-puissants : «l’acier anglais domine les mers ; l’acier allemand, l’Europe. Un capitalisme en a chassé un autre». Marc Ferro évoque en outre un «retournement social : les privilégiés ont d’abord laissé la place aux bourgeois qui sont, à leur tour, menacés par les techniciens, d’un côté, et par les socialistes, de l’autre».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 12/07/2011 )
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