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Au miroir de Weimar
François Roux   Auriez-vous crié "heil Hitler" ? - Soumission et résistances au nazisme : l'Allemagne vue d'en bas (1918-1946)
Editions Max Milo - L'Inconnu 2011 /  32 € - 209.6 ffr. / 893 pages
ISBN : 978-2-315-00291-7
FORMAT : 16cm x 24,1cm
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L’histoire de l’époque nazie «vue d’en bas» nous oblige à méditer cette inquiétante réflexion : Aucune société «civilisée» contemporaine n’est à l’abri de la tentation du génocide». Cette assertion du célèbre historien Ian Kershaw a été placée par François Roux en exergue de son dernier ouvrage intitulé Auriez-vous crié «Heil Hitler» ? Soumission et résistances au nazisme : l’Allemagne vue d’en bas (1918-1946). La citation est tout à fait symptomatique de la méthode utilisée par l’auteur dans cette enquête sur l’histoire allemande.

Dans ce fort intéressant essai, François Roux se penche notamment sur la question de savoir «si une crise profonde et durable ébranlait nos démocraties, comme a été ébranlée la société allemande de 1929 à 1933, saurions-nous résister à la tentation fasciste ?» Très tôt, François Roux explique s’être demandé si en cas de résurgence du nazisme il aurait personnellement «le courage d’être un résistant, de risquer la torture et le peloton d’exécution». Cette première interrogation de François Roux en sous-tend une autre. L’auteur la formule en ces termes : «un mouvement fasciste pourrait-il surgir à nouveau et s’emparer d’une démocratie ? Comment réagiraient les institutions, les groupes, les individus ?» Mais cette comparaison entre d’une part la République de Weimar et de l’autre les sociétés occidentales contemporaines est-elle justifiée ? N’est-elle pas quelque peu anachronique ?

D’après l’auteur, la réponse est tout à fait positive. A la veille de la crise économique de 1929, l’Allemagne était en effet un pays capitaliste, démocratique, voire «progressiste», habité par la tradition chrétienne et doté d’une population très éduquée. L’Allemagne constituait en outre «un phare de la culture universelle» de par ses nombreux et brillants écrivains, philosophes et savants. Le pays avait rapidement retrouvé son rang de puissance industrielle majeure. Plus important encore, «la minorité juive y paraissait mieux intégrée que dans la plupart des pays voisins».

Cependant, tels n’étaient pas les seuls points en commun entre la société de Weimar et les sociétés occidentales contemporaines. En effet, outre-Rhin, l’économie d’alors était également «minée par l’endettement». De très grandes inégalités déchiraient le tissu social. Pire, elles étaient «en constante augmentation». Ce qui naturellement alimentait les tensions. La corruption des membres de la caste dirigeante était, selon l’auteur, tout à fait évidente. La conséquence de cette situation délétère fut le désamour des citoyens pour la politique, qui profita au NDSAP et à Hitler.

D’un point de vue historique, les questions posées par l’essayiste dans cet ouvrage présentent un grand intérêt. Mais ce n’est pas tout. D’aucuns penseront même qu’elles revêtent une très grande actualité, parce que le monde traverse en ce moment une période de vives turbulences marquée pêle-mêle par la crise de la croissance dans de nombreux Etats, le surendettement des Etats ainsi que par la question de la possible disparition de l’euro. Délicate, la situation l’est assurément et parait profiter aux populismes.

Au fil des pages, la thèse de la culpabilité des Allemands est donc discutée par l’auteur. François Roux invite en effet le lecteur «à se projeter dans ce qui fut le présent des individus et à affronter une question lancinante : «Et moi, qu’aurais-je fait ?»». Pour ce faire, plus de deux cents témoins sont cités : «des hommes, des femmes, des enfants, de toutes convictions et de toutes conditions sociales, des nazis, des antinazis, des indécis, des partagés, des Allemands et des étrangers». En confrontant les variantes «académiques» et «populaires» de l’histoire allemande, l’auteur remet en question nombre d’idées reçues sur le nazisme.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 20/12/2011 )
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