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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

L'armée rouge : ''Hachoir à viande''
Catherine Merridale   Les Guerriers du froid - Vie et mort des soldats de l'Armée rouge. 1939-1945
Fayard 2012 /  25 € - 163.75 ffr. / 510 pages
ISBN : 978-2-213-66306-7
FORMAT : 15,3cm x 23,5cm

Odile Demange (Traducteur)
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Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Londres, Catherine Merridale vient de publier un ouvrage sur la Seconde Guerre mondiale et plus spécialement sur la réalité du front de l’est, sur lequel le Reich et l’Union soviétique se combattirent avec le plus grand acharnement et souvent avec la pire cruauté. Dans cet ouvrage, l’historienne se penche tout particulièrement sur les soldats de l’Armée rouge. Paru chez Fayard, l’ouvrage s’intitule Les Guerriers du froid. Vie et mort des soldats de l’Armée rouge, 1939-1945 et vise notamment à «lever le voile du mythe glorieux de la guerre et de la propagande stalinienne». Au cours de cette enquête très détaillée et minutieuse, l’universitaire britannique relate la Deuxième Guerre mondiale à partir «du point de vue du fantassin soviétique, du simple envoyé au front avec un armement et une formation sommaires pour arrêter les chars allemands». L’angle d’approche retenu par l’auteure est donc tout à fait nouveau.

La formation des militaires soviétiques, somme toute, était très légère. En effet, rappelle C. Merridale, cette dernière consistait essentiellement en un bain de vapeur, suivi d’une coupe de cheveux… L’ivrognerie était monnaie courante. Les installations soviétiques étaient très négligées. Souvent, il n’y avait même pas de latrines. Les conditions de vie des soldats soviétiques étaient extrêmement précaires et pénibles. L’Armée rouge ne tarda pas à faire l’expérience des affres de la Seconde Guerre mondiale. Sa première épreuve de force commença avec la guerre contre la Finlande en 1939. Cette campagne fut, pour les Russes, un véritable désastre et leur victoire finale fut principalement le fruit de leur supériorité numérique et de l’usage intensif de leur artillerie lourde. Les malheurs des soldats soviétiques ne faisaient que débuter.

La guerre devait effectivement pousser l’allié d’hier, i.e. le Reich, à se retourner contre l’Union soviétique. La conflagration se traduisit par des pertes défiant l’imagination. En 1941, soit six mois après le début des hostilités, quatre millions et demi de soldats soviétiques avaient déjà succombé. En six mois, rappelle l’auteure, la célèbre bataille de Stalingrad fit rien de moins que 750.000 morts.

Afin de repousser les forces brunes venant tout droit d’Allemagne, ce sont au total trente millions de Soviétiques qui furent mobilisés. Les populations de l’Union soviétique ne furent pas épargnées, loin s’en faut. La guerre causa la mort de quelques vingt-sept millions d’individus, dont huit parmi les soldats de l’Armée rouge, que l’auteure tient pour un véritable «hachoir à viande». Pour comparaison, à la fin du conflit, les pertes américaines et britanniques étaient nettement inférieures.

Si la victoire choisit finalement le camp Allié et notamment celui des Soviétiques, le prix fut lourd, les sacrifices extrêmes. Au fil des pages, Catherine Merridale revient sur l’histoire de ce sacrifice aussi démesuré que tragique, laquelle est avant tout «une histoire d’hommes» très souvent dépourvus de l’essentiel et dont la détresse était un sujet totalement tabou. La faute bien évidemment aux Nazis qui ont déshumanisé leurs adversaires, mais aussi aux plus hautes autorités soviétiques.

Le sort des armes se révélant finalement défavorable au Reich, l’Armée rouge finit par prendre le dessus. Ses soldats ne songèrent alors qu’à se venger avec la plus grande férocité. Ils se déchaînèrent notamment en violant et en torturant nombre de femmes, dont la nationalité importait peu. Les appels au secours de ces victimes, rappelle un témoin de cette période ô combien trouble et dramatique, s’entendaient sans discontinuer, nuit et jour.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 13/03/2012 )
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