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Fin... et suites ?
Max Gallo   1944-1945 - Le triomphe de la liberté
Pocket 2013 /  7,60 € - 49.78 ffr. / 475 pages
ISBN :  978-2-266-24144-1
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication en janvier 2012 (XO Éditions)

L'auteur du compte rendu : Alexis Fourmont a étudié les sciences politiques des deux côtés du Rhin.

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Derrière le nuage si lourd de notre sang et de nos larmes, voici que reparaît le soleil de notre grandeur». Comme l’indique Max Gallo dans le dernier opus de son Histoire de la Deuxième Guerre mondiale, dernièrement paru aux éditions XO (aujourd'hui en poche chez Pocket), c’est en ces termes que le général de Gaulle salua le Débarquement des Alliés sur les plages de Normandie en juin 1944.

Sobrement intitulé Le Triomphe de la liberté, le quatrième et dernier tome de cette Histoire porte sur les années 1944 et 1945. Sombres, ces années le furent certes encore, mais les motifs de satisfaction commencèrent à se faire jour et à se multiplier. Avec une plume alerte, Max Gallo raconte l’effondrement des forces de l’Axe, dont certains prodromes étaient visibles dès 1943.

Si les Alliés relevaient enfin la tête, le 30 janvier 1944, tout à fait sûr de sa victoire, Hitler exprima sa criminelle détermination. Célébrant le onzième anniversaire de l’arrivée au pouvoir des Nazis, le Führer tint un discours au cours duquel il affirma que, «dans cette lutte, il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur : ou bien l’Allemagne, ou bien l’URSS. La sauvegarde de l’Europe est une question qui ne peut être tranchée que par le peuple allemand national-socialiste, par son armée, et par les États qui lui sont alliés. Malgré toutes les actions diaboliques de nos adversaires, cette lutte se terminera en fin de compte par la plus grande victoire du Reich allemand».

Sans aucun doute, le Führer ignorait alors l’amère plaisanterie circulant dans les rangs de la Wehrmacht : «si tu vois un avion blanc, c’est un Américain ; un noir, c’est un Anglais ; si tu ne vois rien, c’est la Luftwaffe»... En dépit de l’écrasante supériorité numérique et matérielle du camp Allié, le Reich réussissait à tenir sur la plupart des fronts. Certes les Allemands reculaient, mais ils le faisaient en ordre et de façon disciplinée. Lucides, certains cadres de la Wehrmacht, tels que Rommel, comprirent toutefois que la victoire était totalement hors de portée. D’où leurs réserves grandissantes à l’égard du Führer. Conscients de l’abysse dans lequel les précipitait le coupable aveuglement d’Adolf Hitler, d’aucuns songèrent à l’éliminer. Hélas, le complot ne réussit pas et les conjurés payèrent le prix fort.

Après avoir relaté les déboires du Duce, bien en peine depuis sa libération des geôles du roi d’Italie par un commando de l’encombrante SS, l’Académicien se penche sur l’enlisement dans la péninsule italienne des Alliés à la suite du débarquement à Salerne (septembre 1943). Ce n’est que le 4 juin que les Alliés purent enfin s’emparer de Rome. La campagne d’Italie marqua le retour en force des Français dans la lutte contre ceux que Churchill appelait les Huns. Sous le commandement du général Juin, une véritable armée française prit les armes pour défaire l’Allemagne.

Alors que pendant six mois les Américains et les Britanniques préparèrent minutieusement le Débarquement en Normandie, opération placée sous le haut commandement d’Eisenhower, les Soviétiques lancèrent au cours du printemps une offensive de très grande ampleur sur le Dniepr. Au terme d’affrontements singulièrement âpres, l’Armée Rouge reprit Odessa, la Crimée et Sebastopol, avant de franchir le Dniepr et le Pruth. Ce qui permit aux Soviétiques d’atteindre la Roumanie et la Bulgarie, puis de poursuivre leur irrésistible avancée.

Souvent animés par un souci de revanche, voire même de vengeance, les Soviétiques avaient la tête pleine de souvenirs douloureux. Ils étaient de surcroît galvanisés par les imprécations de l’écrivain russe Ilya Ehrenbourg, lequel écrivit notamment que «c’est la terreur qui pousse les Allemands et leurs femelles vers l’Ouest… Il y a huit cent ans, les Polonais et les Lituaniens disaient : «Nous les torturerons au paradis comme ils nous ont torturés sur terre». A présent nos patrouilles sont aux abords des châteaux des chevaliers Teutoniques à Allenstein, à Osterode, à Marienburg… Nous n’oublierons rien. Allemagne, tu peux tourner en rond, tu peux brûler, tu peux hurler ton agonie, l’heure de la vengeance sonné».

Déclenchée le 6 juin 1944, l’opération Overlord ouvrit un second front, que les Allemands ne parvinrent jamais à refermer, tant s’en faut. Les Alliés percèrent les défenses allemandes à Avranches le 30 juillet, puis ils déferlèrent sur le reste de la Normandie, avant de se diriger vers Paris le 25 août. Entre-temps, le 15 août, les Alliés débarquèrent en Provence, où ils reconquirent Toulon, Marseille ainsi que la vallée du Rhône. La Résistance s’acharnait, quant à elle, à désorganiser les arrières allemands. Ce qui perturba les envahisseurs et déchaîna leur fureur. Les Allemands se vengèrent en attaquant brutalement les civils.

Après avoir définitivement perdu la bataille de France, la Wehrmacht se replia sur les frontières du Reich. Hitler pensait terrasser ses ennemis à l’aide de nouvelles armes secrètes, i.e. des avions sans pilote et les fusées V1 et V2. A plusieurs reprises, la Grande-Bretagne fut d’ailleurs frappée par ses machines infernales. Ultime réaction d’orgueil de la part de l’Allemagne en décembre 1944, la contre-offensive dans les Ardennes fut finalement stoppée par les Américains.

En février 1945, le Reich fut envahi à l’Ouest et à l’Est. Américains et Russes firent la jonction à Torgau le 25 avril 1945. Berlin encerclé et bientôt submergé, le Führer continuait à donner ses ordres depuis un bunker. Son ancien mentor, Benito Mussolini, fut assassiné le 28 avril. Désireux de ne pas être exhibé à Moscou dans une cage, Adolf Hitler se suicida deux jours plus tard, après s’être marié avec Eva Braun.

Le 8 mai, l’acte définitif de capitulation de l’Allemagne fut signé à Berlin. En apercevant le général de Lattre à la table des vainqueurs, le maréchal Keitel s’étonna vivement : «Quoi ! Les Français aussi ?!». Oui, la France était bien présente, elle s’était relevée, elle avait surgi de l’abîme pour assister à la déconfiture du Reich ! Dans le Pacifique, la guerre continua jusqu’au lancement des bombes atomiques sur Hiroshima et sur Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. Les Japonais capitulèrent le 2 septembre.

La fin de la Seconde Guerre mondiale devait inaugurer le début de la Guerre Froide. Le camp des Alliés ne tarda pas à se fissurer entre, d’une part, le bloc occidental et capitaliste et, de l’autre, le bloc communiste. Recourant à un «langage bien corsé» pour reprendre l’euphémisme du jeune diplomate Gromyko, le Tsar rouge affirma sans détour que «les Américains et les Anglais espèrent que nous ne serons pas capables de produire la bombe tous seuls… Ils veulent nous imposer leurs plans. Eh bien, cela ne se passera pas comme ça». Effectivement, cela ne se passa pas «comme ça», loin s’en faut : peut-être est-ce là le sujet des prochaines publications du prolifique historien de l’Académie française !


Alexis Fourmont
( Mis en ligne le 02/07/2013 )
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