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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

Vers une guerre totale ?
Farid Ameur   Gettysburg - 1er - 3 juillet 1863
Tallandier - L'Histoire en batailles 2014 /  19.90 € - 130.35 ffr. / 220 pages
ISBN : 979-10-210-0433-7
FORMAT : 14,5 cm × 21,5 cm

L'auteur du compte rendu : Gilles Ferragu est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris X – Nanterre et à l’IEP de Paris.
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Vue du continent européen, la guerre de Sécession (si l’on se place du côté des Confédérés) ou la guerre civile (si l’on reste fidèle à l’Union et à Washington) se lit de manière simple, voire simpliste : l’affrontement entre un Sud esclavagiste, arriéré, agricole, «ancien régime» au possible, et un Nord antiesclavagiste, moderne, industriel, capitaliste et conquérant… L’image n’est pas fausse mais elle est à nuancer. Surtout, elle ne rend pas compte de la complexité de la guerre, ni des raisons pour lesquelles le Sud – dont les faiblesses démographique et industrielle sont manifestes – a pu «tenir» aussi longtemps contre les armées du Nord.

Historien, spécialiste de la guerre civile à laquelle il a déjà consacré quelques ouvrages et de nombreux articles, Farid Ameur reprend cette question lancinante sous l’angle de la bataille, et pas n’importe laquelle, celle de Gettysburg (1er - 3 juillet 1863), l’une des batailles les plus sanglantes (51000 morts) d’un conflit qui en a connu plusieurs milliers – escarmouches comprises il est vrai. L’angle est original et, surtout, l’auteur se livre à une belle analyse des enjeux et des forces en présence. Car si l’on rentre dans le détail, la situation du printemps 1863 est tout sauf tranchée : le Sud est certes épuisé, privé de la Nouvelle Orléans et réduit à une bande de terre unissant les Etats sécessionnistes… mais il tient, et à la tête de ses armées, le général Lee jouit d’un prestige énorme, un «renard gris» comme il y aura par la suite un «renard du désert», commandant remarquable et meneur de troupe charismatique. Face à lui, le Nord, avec toutes ses industries, ses troupes et ses infrastructures, semble bien peu convaincant, à l’exemple de son général en chef, Hooker, un peu trop hâbleur pour être honnête. «Il n’est de richesses que d’hommes», disait Louis XIV, et effectivement, la richesse du Sud réside dans ses troupes et le sentiment de défendre une identité propre, quand le Nord semble plus réticent, voire divisé.

Toutefois, la guerre penche, lentement mais sûrement, mécaniquement, en faveur du Nord. Aussi le général Lee a-t-il l’idée d’une manœuvre un peu folle, un raid, un coup de poker qui consisterait en une offensive, rapide, débordant Washington par l’Ouest, le Maryland et la vallée de la Shenandoah, pour envahir la Pennsylvanie, plus au nord, terroriser Lincoln dans Washington et rétablir la position du Sud en cas de négociations. Un pari donc, motivé par la ferveur que Lee inspire à ses troupes autant que par l’impression que le moral des Nordistes est en lambeau. Certes, Lee ne dispose plus de son État-major de confiance, mais le Sud a envie de croire en ce coup d’éclat.

Face à lui, Hooker semble bien hésitant, bien velléitaire, organisé certes, mais dépourvu de cette intuition tactique qui fait le succès de Lee. Tout paraît fonctionner donc, et dans ses prémices, le raid sudiste se déroule bien, tandis que l’armée de l’Union semble désorientée, incapable de réagir à la chevauchée sudiste. Bientôt, la Pennsylvanie est atteinte. Mais à Gettysburg, le 1er juillet 1863, les Confédérés ne pensaient pas se retrouver face aux armées de l’Union. Et Lee pensait être confronté à Hooker, et non au méthodique et efficace Meade, spécialiste de la défense, ainsi qu’à des troupes remotivées par l’invasion de leur territoire. Un changement de cartes qui va peser lourd dans l’histoire du conflit...

Et ce changement de cartes, l’auteur l’analyse avec brio, et un sens de la synthèse bienvenu, en dépit de la complexité des mouvements et des opérations. En sachant passer du politique au stratégique, du quartier général à la vision au ras du champ de bataille, Farid Ameur joue avec les échelles et les situations pour découvrir la réalité de cette bataille autant que ses enjeux. Dans la foulée de la synthèse publiée par John Keegan (La Guerre de Sécession, Perrin, 2009), cet ouvrage, centré sur un épisode dont il examine à la fois les détails et les enjeux, constitue une belle démonstration, bien pensée et bien écrite des ambitions de cette nouvelle histoire bataille, et qui laisse espérer, sous cette plume habile, une biographie du général Lee, dont l’ombre flotte sur cet ouvrage...


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 18/02/2014 )
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