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Zoom sur les années noires
Philippe d' Hugues   Les Ecrans de la guerre - Le cinéma français de 1940 à 1944
Editions de Fallois 2005 /  18 € - 117.9 ffr. / 318 pages
ISBN : 2-87706-557-X
FORMAT : 15,5x23,5 cm

L’auteur du compte rendu : Éric Alary est agrégé d’histoire. Docteur ès Lettres de l’IEP de Paris – thèse sur la ligne de démarcation publiée en 2003 chez Perrin -, il est professeur en classes préparatoires littéraires aux grandes écoles (Poitiers), et chercheur associé au Centre d’Histoire de Sciences-Po Paris.
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L’ouvrage proposé par Philippe d’Hugues offre un regard sur les films projetés en France dans les années quarante. On traverse l’histoire d’un cinéma sous surveillance, institutionnel, au service des propagandes vichyste et allemande ; le film de fiction s’inscrit dans la tradition du cinéma français avec ses vedettes tels Jean Marais ou Micheline Presle ; d’autres stars sont parties comme Louis Jouvet, Jean Gabin ou encore Michèle Morgan.

Ce n’est pas une œuvre d’historien au sens strict du terme, mais celle d’un très grand connaisseur du cinéma français qui écrit un essai intéressant. Ce n’est pas injure que de dire cela. Philippe d’Hugues n’est pas toujours d’accord avec des historiens du cinéma des années noires tel Jean-Pierre Bertin-Maghit, l’un des meilleurs spécialistes. Au reste, Philippe d’Hugues semble ouvrir un débat ; il pointe à plusieurs reprises les contradictions de la période, relevées par les historiens. Il s’oppose parfois à ces derniers sur la façon de regarder un film des années quarante.

Avec une sorte d’outrecuidance, Philippe d’Hugues se présente comme «le» spécialiste du cinéma, ce qui n’est en rien usurpé, mais l’histoire du cinéma des années de l’occupation peut-être observée sous divers angles. Aussi est-il inutile d’opposer l’historien au professionnel du cinéma. L’histoire du cinéma peut justement s’enrichir des différents types d’approches ; la richesse des questions posées aux documents a tout à gagner à trouver divers points d’observation. L’esprit critique de Philippe d’Hugues est incontestable. Pour autant, l’ouvrage n’est pas dénué en quelques occasions d’une part de subjectivité. Mais peut-être a-t-il tendance à vouloir faire de l’histoire du cinéma une «chasse gardée» pour les initiés. Or, les historiens peuvent aussi parler du cinéma des années quarante. Pourquoi opposer les uns aux autres ?

Il faut donc prendre le livre de Philippe d’Hugues pour «une» histoire du cinéma des années quarante, bien documentée, agréable à lire, mais qui aurait mérité davantage d’appareil critique. On y apprend une foule d’informations sur les parcours de plusieurs cinéastes et acteurs. Même si les références à l’histoire des institutions culturelles sous Vichy ne sont pas oubliées, Philippe d’Hugues s’intéresse surtout aux thématiques suivantes issus du décryptage minutieux des films : la présence allemande dans la production des films, les thèmes du cinéma – qui devaient tenir compte de la censure - depuis le théâtre filmé et comique national jusqu’à la comédie musicale, les histoires policières et d’aventures, les films situés aux confins du réel et de l’imaginaire, les films historiques qui abondèrent. D’autres chapitres s’attachent à étudier les films étrangers et allemands ainsi que les portraits de la nouvelle et de la vieille génération de cinéastes. La cohérence du plan d’ensemble n’est pas toujours évidente.

L’ouvrage est une bonne mise au point, mais il manque parfois un fil conducteur. Pour approfondir, on ne peut que conseiller d’aller lire aussi les spécialistes de l’histoire culturelle sous Vichy tels Jean-Pierre Bertin-Maghit, Sylvie Lindeperg, entre autres. Le livre de Philippe d’Hugues peut être un point de départ qui se termine par des annexes utiles comprenant la liste des films français produits sous l’occupation, celle des films étrangers projetés pendant la période, sans oublier deux index. La partie «sources et bibliographie» est un peu trop congrue, mais donne toutefois des pistes de travail.


Eric Alary
( Mis en ligne le 02/10/2005 )
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