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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

La chanson, un moyen pour observer la vie des Français pendant la Seconde Guerre mondiale
Isabelle Doré-Rivé   Chantons sous l'Occupation
Somogy 2004 /  16 € - 104.8 ffr. / 64 pages
ISBN : 2-85056-720-5
FORMAT : 23x20 cm

L'auteur du compte rendu : Éric Alary, agrégé d’histoire, docteur ès Lettres de l’IEP de Paris (sa thèse sur la ligne de démarcation a été publiée en 2003 chez Perrin), est professeur en Lettres Supérieures et en Première Supérieure au lycée Camille Guérin de Poitiers.
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L’histoire culturelle en France pendant l’occupation est riche de plusieurs publications importantes, dont celle du collectif dirigé par Jean-Pierre Rioux (La Vie culturelle sous Vichy, Complexe, 1992). La chanson sous tous ses aspects est finalement assez peu étudiée. Les Français ont connu une vie quotidienne sombre avec son lot de privations et de servitudes multiples liées à la pénurie alimentaire, à la solitude, aux lois de Vichy et des Allemands, au compartimentage du pays, etc. Pour autant, les Français ont énormément lu et sont allés au théâtre, au cinéma, mais ils ont aussi écouter des chansons très diverses par le contenu des textes.

L’ouvrage d’illustrations est accompagné d’un texte court, simple, mais très utile. Il a été publié comme le catalogue de l’exposition organisée par le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, présentée en 2003-2004. La qualité iconographique est bonne.
C’est une première approche utile de la question de la chanson depuis 1939 jusqu’aux temps de l’occupation allemande ; Fernandel et Marie Bizet tentent de distraire les soldats français sur la ligne Maginot pendant la drôle de guerre. A l’arrière, Maurice Chevalier chante «Ça fait d’excellents Français». Puis l’exode suscite une chanson «Le Petit réfugié », qui évoque le sort des enfants abandonnés.

Le plan reprend de grands thèmes d’étude tels que la chanson comme témoin d’une période, la chanson de propagande du régime de Vichy, la chanson de variété comme moyen d’évasion pour des Français à la vie morose – la radio fut un excellent porteur des paroles de joie- et, enfin, la chanson de la Résistance et de la Libération.
Cette initiative est unique, car elle se propose de présenter la diversité des chansons sous l’occupation, tantôt moyen d’évasion, tantôt outil des propagandes et des compromissions. A l’évidence, l’objectif de l’ouvrage n’est pas celui d’une recherche universitaire ou d’un livre savant, mais il est bon de rendre compte d’une atmosphère : celle des cabarets, des guichets, des studios de production, des magasins de disques, des vendeurs de partitions – la bonne idée du livre est de reproduire des partitions comme celle de Hitler Yop la Boum, chanson de 1943- etc. L’engouement pour la chanson est national ; le carrefour principal des chanteurs est Paris, mais la province possède aussi ses lieux de représentations musicales. Le livre ne l’oublie pas.

La chanson est un observatoire important des comportements des artistes et des Français qui demandent davantage de productions culturelles. Les enfants doivent entonner le nouvel hymne «Maréchal, nous voilà» écrit par Charles Courtioux et André Montagard ; des chanteurs sont envoyés en Allemagne pour distraire les prisonniers de guerre ; d’autres égaient les soirées des dignitaires du Reich résidant à Paris.
Les Français tentent d’oublier leurs problèmes quotidiens avec des chansons comme «Seul ce soir» de Lucienne Delyle ou «Ça ira mieux demain !» de Daniel Clérice. Malgré les malheurs et les destructions dues aux bombardements, les chanteurs somment les spectateurs de tenir bon. Fernandel essaie de faire rire avec «Les jours sans».

Si des chanteurs ne s’engagent pas vraiment pour la cause allemande ou vichyste, ils continuent cependant à faire comme en temps de paix ; il y a une sorte d’adaptation à la situation. A côté de ces chanteurs pragmatiques et profiteurs, il y a tous ceux qui résistent avec le chant «Radio Paris ment, Radio Paris est allemand…», Joseph Kessel, Maurice Druon et Anna Marty travaillent pour proposer «Le chant des partisans». De leur côté, les chanteurs juifs, interdits de vivre leur passion, doivent s’exiler.

Au total, le livre est un moyen de se cultiver rapidement sur un sujet immense, qui mériterait des travaux historiques de grande ampleur afin de développer autrement et avec davantage de nuances les facettes multiples de la chanson française entre 1939 et 1945.


Eric Alary
( Mis en ligne le 12/03/2004 )
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