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Portrait d’un irréductible
Amnon Kapeliouk   Arafat l'irréductible
Fayard - Documents 2004 /  24 € - 157.2 ffr. / 520 pages
ISBN : 2213609926
FORMAT : 16 x 20 cm
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L’ouvrage d’Amnon Kapeliouk, Arafat l’irréductible, s’apparente davantage à un plaidoyer qu’à une biographie, et l’on ne peut s’empêcher de se demander si sa publication ne participe pas d’une réponse à la campagne grossière de délégitimation du vieux leader palestinien, lancée depuis l’avènement de l’Intifada Al Aqsa.

De fait, occupé à défendre la thèse d’un Arafat indispensable, parce que pragmatique et conciliant, à tout règlement du conflit israélo-palestinien, Kapeliouk ne donne pas vraiment accès à la personne d’Arafat, mais s’attache à faire savourer le personnage d’Arafat, c’est-à-dire sa teneur historique ; il raconte non pas l’existence d’un homme, mais l’histoire de la figure symbolique et de la posture politique de cet homme. Ce faisant, il livre un histoire du conflit palestino-sioniste et un portrait du rais gyrovague, ainsi qu’un bilan de son action politique, un peu superficiels et très consensuels, qui amènent le lecteur à devoir opérer lui-même le travail de critique historique.

Ainsi, les aspects idéologiques (par exemple, les origines du nationalisme palestinien, ses liens avec le panarabisme, les rapports avec les marxistes ou les théories «islamistes» du Hamas) semblent inexistants ; les conflits de pouvoir, de courants, de stratégies ou de succession internes à l’OLP ne sont pas niés, mais limés ; les questions de corruption des administrateurs palestiniens liées à la gouvernance par définition boiteuse d’une entité qui n’est pas encore un Etat sont vite balayées ; les liens ambigus avec l’Union européenne ne sont pas abordés ; si l’on excepte celles de Barak, les actions violentes de la gauche israélienne sont laissées de côté ; la vision des Accords d’Oslo et de leur mise en application oscille étrangement entre un exposé des innombrables manquements israéliens et une vision angélique de Peres et Rabin, qui en étaient pourtant responsables ; quant aux erreurs politiques d’Arafat, elles sont à peine affleurées.

Cependant, l’ouvrage n’est pas sans intérêt. D’abord parce qu’il apporte un certain nombre de correctifs sur Abou Ammar (nom de guerre d’Arafat) lui-même et qu’il permet de mieux cerner son panache et son fameux pragmatisme – lequel n’a pas toujours été des plus adroits, ni des plus inspirés, mais semble avoir trouvé sa source, et ses ressources, dans une vision, certes vague, mais sincère et tenace : celle de la défense, contre tout et tous, du droit à l’existence du peuple palestinien (dont la création d’un Etat n’est qu’un des aspects). Ensuite, parce qu’il montre de manière frappante la solitude et la dignité, non pas d’un homme, mais d’un peuple qui ne compte, au fond, aucun allié, aucun soutien fidèle et de bonne foi ; un peuple qui a été plus entendu qu’écouté, plus utilisé qu’aidé, plus secouru que soutenu et dont le leader est chaque jour un peu plus prisonnier des nœuds d’intérêts circonstanciels des uns et des autres.

Car le mérite d’Amnon Kapeliouk, c’est de souligner – parfois malgré lui – que, depuis près d’un siècle, les Palestiniens ont été méprisés et exploités par les colonisateurs britanniques puis par les sionistes et l’Etat hébreux, tout en étant utilisés et trompés par les pays arabes avoisinants ou par les grandes puissances impériales. Ils n’ont donc pu compter que sur eux-mêmes dans un jeu politique où, de toute façon, ils étaient les perdants – mais aussi les survivants. C’est sans doute de cela qu’Arafat est, quoi qu’on en pense, le symbole.


Frédéric Dufoing
( Mis en ligne le 08/03/2004 )
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