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Les Marins de Napoléon
Dossier Napoléon

Napoléon et ses marins
Auguste Thomazi  
Tallandier - Bibliothèque napoléonienne 2004 /  25 € - 163.75 ffr. / 368 pages
ISBN : 2-84734-137-4
FORMAT : 14x22 cm

L'auteur du compte rendu: Natalie Petiteau, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Poitiers, est historienne de la société du XIXe siècle et de la portée des années napoléoniennes. Elle a notamment publié Napoléon, de la mythologie à l'histoire (Seuil, 1999) et Lendemains d'Empire: les soldats de Napoléon dans la France du XIXe siècle (Boutique de l'histoire, 2003).
Elle est par ailleurs responsable éditorial du site http://www.calenda.org.

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L’ouvrage que voici, qui vient à point au moment de l’organisation d’une exposition sur «Napoléon et la mer» au musée de la Marine, est paru une première fois sous ce titre en 1978, mais il est plus précisément la réédition d’un travail déjà publié en 1950.
L’auteur est parti d’un constat : l’histoire de l’Empire a été essentiellement consacrée aux combats terrestres en n’accordant guère d’attention à ce qui se passait sur les mers. Pourtant, selon Auguste Thomazi, Napoléon a tenté de faire beaucoup pour atténuer l’infériorité navale française, puisque la Grande-Bretagne «n’était vulnérable que par mer et sur mer».

Un premier chapitre est consacré aux «premiers contacts» de Bonaparte avec la mer, prétexte à retracer ses débuts de carrière en mentionnant ce qui aurait pu conduire le futur souverain à un engagement dans la Marine. Le chapitre se termine toutefois en faisant le point sur les premières mesures que Bonaparte, général en chef, dut prendre au sujet de la marine.
Le deuxième chapitre revient sur la marine de la Révolution. Il s’agit bien sûr de vaisseaux déjà en service avant 1789 et les équipages continuent d’être soumis à une discipline rigoureuse, qui ne garantit pas pour autant leur bon entraînement, non plus que leur parfaite docilité. Quant aux officiers, faisant toujours preuve d’une incontestable morgue, ils s’intéressent plus souvent aux aspects techniques de leur métier qu’à ses contingences militaires.

Viennent ensuite des chapitres consacrés à la période égyptienne, présentant la flotte de l’expédition puis Aboukir, son déroulement et ses conséquences. On voit ainsi combien est difficile et en même temps essentielle – notamment pour sauver l’armée prisonnière de sa conquête égyptienne - la maîtrise de l’espace maritime méditerranéen. Après le retour de Bonaparte en France, quelques renforts ont pu être envoyés en Egypte, tandis que quelques navires en reviennent – l’un d’eux, comme on le sait, ayant permis à Desaix d’arriver à temps à Marengo. Mais l’escadre de Ganteaume peine à aborder l’Egypte et à sauver ce qui y reste de l’armée.

La réorganisation de la France après le 18 brumaire induit la création des préfectures maritimes, circonscriptions dans le cadre desquelles les préfets administrent tout ce qui a trait à la marine. L’intérêt de Bonaparte pour les choses maritimes se manifeste par ailleurs par l’organisation de nouvelles expéditions d’exploration de terres lointaines, tandis que la guerre se poursuit par le biais des corsaires qui, avec Surcouf notamment, tentent de ruiner le commerce anglais. Après quoi c’est un immense programme de construction qui doit être mis en œuvre à Boulogne, dans le but d’une descente en Angleterre, atteignable après tout en une navigation de quelques heures. Mais Trafalgar est venu réduire à néant ces efforts en faveur de la reconstitution d’une marine de guerre. Bientôt, la marine française ne peut plus guère songer à des actions offensives avec raison, alors qu’il apparaît que les colonies qu’elle doit défendre sont aux abois. Pourtant, jusqu’à la fin de son règne, Napoléon aurait conservé la volonté de refaire une flotte puissante par le nombre et la valeur.

L’ouvrage, au fil des différents chapitres, mentionne des officiers retombés pour beaucoup dans l’oubli. Mais ces quelques portraits demeurent impressionnistes : on aimerait ainsi en savoir davantage sur la mort de Bruix dans un état de dénuement presque complet. Car aucune source n’est citée, seuls apparaissent de vagues références à des mémorialistes. Le chapitre sur le personnel, consacré tout d’abord aux marins sans grade, rappelle toutefois comment les équipages étaient recrutés : le volontariat et l’inscription maritime ne permettant pas de pourvoir à tout, on avait recours à «la presse» et l'on aurait ainsi formé des équipages composés d’hommes en rupture de bans, de vagabonds, de jeunes gens rebelles ou d’enfants trouvés. Quant aux officiers, au sujet desquels apparaissent quelques éléments de synthèse aux pages 268 et suivantes, ils proviennent pour partie de la marine marchande. En 1810, Napoléon ordonne la création d’Ecoles navales dans le but de recruter les états-majors de la flotte.

Le nouveau titre de l’ouvrage laisse croire à une étude du groupe des marins de Napoléon ; le titre initial, Napoléon et ses marins, moins vendeur maintenant que l’historiographie de l’Empire s’est un peu renouvelée, correspondait cependant mieux au contenu : en tout cas, cette réédition vient confirmer que le renouvellement des approches historiographiques de l’Empire peine encore à se faire. On aimerait que cessent les rhabillages d’œuvres anciennes, ou du moins qu'ils ne se fassent pas au détriment de recherches novatrices. En attendant, ce livre séduira ceux qui demeurent friands de récits de combats.


Natalie Petiteau
( Mis en ligne le 07/04/2004 )
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