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De la Prusse à l’Allemagne
Jean-Paul Bled   Histoire de la Prusse
Fayard 2007 /  26 € - 170.3 ffr. / 480 pages
ISBN : 978-2-213-62678-9
FORMAT : 16,0cm x 24,0cm

Les auteurs du compte rendu :

- Archiviste-paléographe, docteur de l'université de Paris I-Sorbonne, conservateur en chef du patrimoine, Thierry Sarmant est adjoint au directeur du département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Il a publié : Les Demeures du Soleil : Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi (Champ Vallon, 2003).

- Jean-Pierre Sarmant est inspecteur général honoraire de l’éducation nationale.

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Comme l’écrit avec nostalgie la comtesse Dönhoff, membre d’une aristocratie dont de nombreux membres payèrent de leur vie après le 20 juillet 1944 une ultime tentative de sauver l’honneur de la Prusse, seuls restent de ce pays «des noms que plus personne ne nomme». Le nom même de Prusse n’est plus porté par une seule région ou circonscription dans aucun des quatre États qui se partagent actuellement ce qui fut son domaine géographique. Le 25 février 1947, le Conseil interallié a même éprouvé le besoin de proclamer la dissolution d’un État de Prusse pourtant déjà plusieurs fois défunt.

Avant de rechercher les origines de cette malédiction, l’auteur entreprend de relater l’histoire ou plutôt les histoires d’espaces initialement disjoints. Rien ne semble en effet prédestiner deux territoires conquis sur des populations païennes et non germaniques, la future Prusse orientale et le Brandebourg, à devenir les noyaux d’un même État. Leur réunion sous l’autorité des Hohenzollern n’assure pas tout de suite leur unité. La Prusse reste en effet sous suzeraineté des rois de Pologne et extérieure à un Saint Empire dont le margrave de Brandebourg est prince électeur. Les terres réunies par la Maison de Brandebourg, devenues à partir de 1701 le royaume de Prusse, ne cessent de s’étendre de 1740 (rapt de la Silésie par Frédéric II) à 1866 (défaite de l’Autriche à Sadowa), avant que le 18 janvier 1871 (jour le plus triste de sa vie selon Guillaume Ier), voit à la fois l’apothéose de la Prusse et, dans une certaine mesure, sa dissolution dans le second Reich. Après avoir survécu à l’intérieur de la République de Weimar, la Prusse ne disparaît vraiment qu’en 1933 dans le Reich totalitaire et unitaire d’Hitler.

L’ouvrage de Jean-Paul Bled présente pour l’essentiel un récit chronologique et événementiel qui accorde une place importante aux personnalités de premier plan (le Grand Electeur, le Roi-Soldat, le Grand Frédéric, Bismarck). Il ne néglige pas pour autant les aspects économiques et culturels. Si certains passages obligés (traités de Westphalie, dépêche d’Ems) sont bien connus et largement décrits dans d’autres cadres, leur mise en perspective du point de vue d’une histoire de la Prusse n’en est pas moins enrichissante. On saura gré à l’auteur d’avoir présenté avec clarté les problématiques. On apprécie ainsi de suivre la logique qui sous-tend au cours du XVIIIe siècle les alliances complexes des puissances ainsi que celle qui régit, de 1740 à 1871, la compétition austro-prussienne pour la domination de l’espace allemand. De même, l’auteur explique comment la crise d’identité des Allemands d’Autriche, chassés de la «petite Allemagne» créée en 1871, vient fatalement saper le patriotisme dynastique qui est le ciment de la monarchie danubienne.

En conclusion, l’auteur prend parti dans ce qu’il appelle le procès en diabolisation de la Prusse, vue unanimement par les vainqueurs de 1945 comme le mauvais génie de l’Allemagne. Certes, Adolf Hitler avait lui-même mis en scène, au cours de la «journée de Potsdam» une continuité historique, symbolisée par une carte postale, diffusée par la propagande de Göbbels, qui représentait les profils de Frédéric II, de Bismarck et d’Hitler. De façon bien argumentée, Jean-Paul Bled s’inscrit en faux contre cette filiation supposée et met en avant la tolérance d’un État prussien dont la tradition était exempte de toute exaltation du germanisme.


Jean Pierre & Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 20/11/2007 )
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