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De Gaulle, Histoire, symbole, mythe
Charles de Gaulle / Bibliographie

Une mosaïque gaullienne
Maurice Agulhon   De Gaulle, Histoire, symbole, mythe
Plon 2000 /  14.96 € - 97.99 ffr. / 163 pages
ISBN : 2-259-02628-1
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Lors d'une visite à Colombey-les-deux-Eglises, Maurice Agulhon a été frappé par la différence qui existe entre la monumentalité de la Croix de Lorraine en granit érigée sur la colline et la simplicité de la tombe du Général. A l'occasion de rencontres avec des adversaires politiques du général situés à gauche, l'auteur s'est vu défendre de Gaulle comme le représentant de la République. De ces moments est née une volonté pour l'historien de s'interroger sur l'homme du 18 juin qui fut aussi un interprète du passé national.

Face au général, l'homme de gauche qu'est Agulhon s'est trouvé devant un personnage moins à droite que sa famille politique ne le présente et d'une complexité qui appelle une série de questions.

C'est un lieu commun de rappeler que toute sa vie, de Gaulle s'est fait une certaine "idée de la France". Mais quelle France ?

Charles de Gaulle a été formé au temps où l'immense majorité croyait en la patrie. Rien d'étonnant alors que la France ait été placée au cœur de l'héritage spirituel et familial du jeune Charles. La Nation semble avoir été au sommet de ses valeurs. Pourtant sur la croix de Colombey, ce sont des valeurs humanistes et l'esprit de liberté qui sont affirmés. Du grand homme donc aucune doctrine nationaliste n'a surgi.

En fait, pour de Gaulle, la France, c'est un État et un peuple. Leur combinaison forme la Nation. Sa vision de l'Histoire, dramatique et pessimiste, repose sur la dialectique d'un peuple enfant et d'un État paternel. Les Français font les fautes et le génie de la patrie les répare. C'est pourquoi l'État doit avoir un chef, qui tire sa légitimité de sa capacité à sauvegarder la France des divisions qui l'affaiblissent.

Cette philosophie politique est le résultat d'un rapport très étroit à l'Histoire, discipline essentielle dans la formation de Charles de Gaulle. Il en tire une compréhension large des évènements qui replace ceux-ci dans un vaste continuum chronologique. Ainsi, il peut relativiser la Révolution parce qu'elle est inscrite dans les gènes gaulois. De même, cette vision des choses permet de comprendre les idéologies comme mortelles, contrairement à la nation, qui demeure. Cette acceptation des aléas de l'Histoire, fondée sur la certitude du maintien de la France, le distingue des réactionnaires. La République est issue de la Révolution, de Gaulle accepte la Révolution, il accepte donc la République. Certes il n'aime pas la symbolique républicaine, conçoit la France davantage comme "Notre Dame de France" que comme la plus accessible Marianne. Mais il a toujours servi cette République un peu trop populaire et exubérante pour ses goûts austères et aristocratiques, et il l'a servie le mieux possible. Il fut républicain… à sa façon.

Il n'est pas question dans ce livre d'approfondir les idées politiques du Général. Homme d'idées autant qu'homme de symboles, ce sont eux que Maurice Agulhon choisit d'étudier, en esprit familier de cet exercice grâce à ses précédents travaux.

Comme Charles de Gaulle aime la patrie, il aime les monuments et les espaces qui évoquent les grands moments de son Histoire, notamment à Paris. Par une étude fine des lieux cités dans les écrits du Général, il note comment le Panthéon, monument des gloires républicaines, puis la place de la République sont intégrés dans une topographie d'abord tournée vers le Paris des gloires monarchiques et militaires.

Dans le même esprit, Maurice Agulhon s'interroge également sur les fêtes suscitées par le gaullisme.

Après avoir étudié les idées de De Gaulle, l'espace symbolique "gaullien", Maurice Agulhon réfléchit sur la construction du mythe "de Gaulle". Un recensement partiel, mais significatif, des pacotilles proposées aux touristes poursuivi par une réflexion plus profonde nous montre à quel point Charles de Gaulle représente la France, comme Jeanne d'Arc ou Napoléon, qui, même positionnés à droite sur l'échiquier politique sont parfaitement assimilables par la gauche. Ici est illustrée la force des consensus générés par les mythes.

Enfin, s'inspirant presque des méthodes de Charles de Gaulle, Maurice Agulhon se livre à une vaste fresque rétrospective de l'Histoire de France et remonte aux Gaulois, au mythe de Vercingétorix le vaincu et à celui d'Astérix, l'invincible. Lire l'action de De Gaulle par la lunette des irréductibles Gaulois, c'est mettre en lumière finalement le mythe du petit village qui résiste encore et toujours à l'envahisseur, qui, élargi aux frontières de la France, insiste sur les résistances aux intégrations (OTAN, ONU) c'est à dire sur l'indépendance ombrageuse qui a été celle de la France gaullienne.

La conclusion de Maurice Agulhon présentant de Gaulle comme un grand opportuniste ne plaira pas toujours. Elle dénote cependant l'admiration tardive mais profonde d'un homme de gauche pour un homme hâtivement classé à droite, aux principes intangibles mais qui sut s'adapter.


Claire Fredj
( Mis en ligne le 31/05/2000 )
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